Ibid., I. 2:î
DÉBIT ET MIMIQUE DES SOPHISTES bôO
vcntion^ la grande affaire. Le sophiste devait travailler sa voix comme un chanteur, pour lui donner la souplesse, l'éclat, la variété, dont elle était capable. Les mieux doués obtenaient ainsi des résultats étonnants : le discours devenait dans leur bouche une sorte de chant aux modulations infinies. «Polémon, nousdit Philoslrate, avait une voix éclatante, pleine de force, et sa laifjjue faisait sonner les mots merveilleusement K » Alexandre, surnommé Péloplaton, « mettait dans son discours des rythmes plus variés que ceux de la Hùte et de la lyre ; » un jour, interrompu au milieu d'une improvisation par l'arrivée d'ilérode Atlicus, il la recommen(;a, ce en changeant les pensées et les rythmes -. » Lorsque Adrien de Tyr occupait la chaire de sophistique à Uome, il attirait, au témoignage du même auteur, ceux-là môme qui no comprenaient pas le grec. « On venait l'entendre comme un rossignol mélodieux, tant on était ravi du charme de sa voix, de sa tenue, de la souplesse de sa prononciation et des rythmes de son langage, qui était tantôt simple parole et tantôt chant ^ » Il est vrai que quelques critiques d'un goût sévère, comme Lucien, se moquaient de • ces discours en nmsique et de ces roulades *; mais le public en était charmé, et c'était au public qu'on voulait plaire.
Naturellement, la mimique était en rapport avec la voix. Il fallait (|u'un bon sophiste fut un l>on acteur. Scopélien parlait souvent avec une mollesse affectée,
1. y. .S-, I, 2i. 1 : *Pbi'yx7. Zï r,v a-vT'» 'fxyLTzyrf xa't î^tîtovov xa: xp-iro; 6av'ti,x7io; 0:0; iT:txTir.i: Tf,;, ^/'iÔTTr,;.