‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 352 sur 605 · MAXIME DE TYR · texte numérisé non relu

MAXIME DE TYR

de la valeur durable des idées; ses écrits sont restes longtemps comme une partie du patrimoine hellénique^ et^ aujourd'hui même, ils ne peuvent être entièrement négligés de ceux qui veulent le bien connaître.

Fort inférieur à .Elius Aristide, Maxime de Tyr ne nous intéresserait guère aujourd'hui, si ses écrits ne nous montraient à quel point la philosophie elle-même , en ce temps, pouvait être sous la dépendance de la sophistique.

Tous ce que nous savons de lui, c'est qu'il était originaire de Tyr, qu'il vint à Rome plusieurs fois et qu'il y séjourna sous Commode ^ Philosophe platonicien ^^ il semble avoir passé une bonne partie au moins de sa vie à voyager et à donner des conférences '. Les quarante-ot-une dissertations (AioeXi^ai;) qui nous restent de lui suffisent amplement à nous donner une idée juste de ce que fut son enseignement. Bien qu'il délinisse très gravement l'éloquence philosophique et qu'il la veuille avant tout sérieuse et tournée vers l'efficacité pratique (Or. VII, c. 8), personne en ce temps n'a été plus esclave de toutes les frivolités de la rhétorique à la^ mode . Son style, d'une coquetterie laborieuse, rappelle la manière de Gorgias par ses affectations de symétrie. La

1. Suidas, MiciULo; T-ipto; ^iXôto^o;. Synrolli? (351 A), d'après Eu- 8èb«% le fait vivre sous Antonin; mais il semble qu'Euséb» l'a confondu avec lo stoïcinn Maxime, qui fut un dos maîtres d«* Marc- Auréb?. L».*s six promiors discours du n'c.uril portent le titre : Tûv ti^ *Pwfj.r, Ôi«).s5îwv Tr,; TipwTr,; è7ct6r,(jLÎa; ; (!e qui prouve (ju'il y fit plusieurs s«y OU rs distincts. Il <'st fort dout'»ux qu'il puissi» être identifié, comnif le voulait B'*rgk {Griech.. Lift., IV, ]>. .551, n. 45;, avec le LiÔtuvio; <To?iTrf,; dont il est question «lans le Otf/wo«a.r de Lucien, c. 14.

2. Il est app»d(' rXaTwvixo; ^'./.ôto^jo; dans le titre commun dessix premières dissertations. Il profi»ss-î du reste très h:int son admiration pour Platon (Or. 17, c. 1 et Or. 27, c. 4.)

3. Voyez notainiii«iitOr. V1II,8; souvjTiirs d'Arabie et de Phrygie.

préoccupation manifeste de Tauteur est d'ajuster el d'équilibrer ses phrases. Pour cela, il faut que la pensée se divise en une série de petits membres de môme forme et de même étendue, qui se groupent en périodes, ou plutôt en strophes. Soumises à ce traitement, les idées s'allongent ou se raccourcissent, se multiplient, se coupent en morceaux, selon les besoins de la construction. Il serait vain de se demander si l'auteur peut être sincère, s'il cherche sérieusement la vérité, s'il est capable d'examiner à fond une question délicate. Toutes les ressources de l'amplification sophistique forment le tissu même de ses développements : citations des poètes, comparaisons superficielles, énumérations, exemples de fantaisie; tout l'arsenal du bel esprit, tout le clinquant qu'on prenait en ce temps pour de l'or *.

S'il faut chercher une doctrine sous ce verbiage prétentieux, celle de Maxime de Tyr est un platonisme éclectique., qui fait des emprunts, selon les sujets et les occasions, à l'aristotélisme, au stoïcisme, au néopythagorisme, et qui ne se défend guère que de l'épicurisme -. Elle offre quelque intérêt pour l'histoire de la philosophie, justement par cette façon d'amalgamer des idées de toute provenance, qui est caractéristique du temps, et aussi parce qu'à certains égards, notamment par la croyance aux démons, elle annonce, comme les écrits de Plutarque, l'avènement prochain du néoplatonisme'. Mais si l'on était tenté, d'aprèsles titresdoquelques-unes des dissertations de Maxime, de voir en lui un moraliste, au vrai sens du mot. c'esl-à-diro un homme qui

1. C'est ainsi qu'il touoho à des sujets admirables et n'en tire presque rien. Voir, en particulier, les quatre dissertations XXÏV- XXVII, Sur Vérotique de Sacrale.

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