‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 399 sur 605 · APPIEN : SON HISTOIRE ROMAISE · texte numérisé non relu

APPIEN : SON HISTOIRE ROMAISE

(KeXTu/;) ; 5. Conquête de la Sicile et des iles(NYiciciiTixifî) ; G. Guerres d'Espagne Çl^-n^xr,) ; 7. Guerre d'Annibal ('AwiêxtxT)); 8. Guerre d'Afrique, ou do Carthago, ou Nuinidique (A'.^^jxtî, Kxpj^TiSoviXT), No;xaSixr)) ; 9. Guerres de Macédoine et d*Illyrie (MaxcSovucy) xai 'IXXupiXY)) ; 10. Guerre de Grèce ('E^Xyivut; xx\ 'Ioivixy)) ; il. Guerre do Syrie et des Parthes (ilupiaxr) xxl IlafOuY)) : 12. Guerre do Mithridate (MiOpiSxTeio;) ; 13-21. Guerres civiles ( 'EjtpuXicov rpwTYi — him), depuis la lutle do Marius et de Sylla jusqu'à rétablissement do TEmpire; 22. Les Cent ans ('ExxTOVTxerix), d*Auguste àTrajan ; 23. Guerre contre les Daces (Axxixy;) ; 24. Affaires d'Arabie ('Apiêio;). De cet imposant ensemble,, il nous reste la préface, des fragments des livres 1-V, les livres VI, Vil, VIII, à peu près complets, toute la seconde partie du livre IX, sur rillyric; avecdes fragments de la première partie, enfin les livres XI — XVII en entier ^ D'après Photius, l'bislorien avait traité sommairement les événements postérieurs à Auguste, c'est-à-dire ceux qui remplissaient les trois derniers livres. Ces trois livres, du reste, Appien a du les ajouter après coup, car il n'en parle pas dans sa préface.

Provincial de naissance, mais associé dans la maturité de Page à l'administration impériale, Appien semble avoir été très frappé de la grandeur de Home, de sa croissance continue et de la plénitude de force dont elle jouissait sous Antonin. Ces sentiments éclatent dans sa préface. C'est l'intérêt même de ce spectacle, plutôt senti d'ailleurs qu'analys:'*, qui l'a décidé à entreprendre une si grande tâche. Quanta des vues particulières et précises sur les causes de cette croi.ssance et .sur la nature

1. L*? morceau «jui nous reste sous le titre de rixp^txr, n'est pas l'œuvre d'Appi'-n. C'est une composition faite d'après Flutarque au début de la période byzantine, ainsi que l'avaient déjà reconnu Xylander et Perizonius.

(le celle force, il n'en a point. 11 admire vaguement la verlu romaine, faite de palience, J'rnergie, de conslance, de bon conseil ^ Mais il ne sail pas rétuJier, comme Tavait fail Polybe,dans les inslilulions,dans une politique rélltcliieel Iradilionnelle, ni en suivre pas à pas le développement à travers une longue série de siècles. Donc, poinl d'idée fondamentale. Ce qu'il peut y avoir d'unité apparente dans le récit lui vient surtout du dehors, des événements eux-mêmes, et cela est insuffisant; l'unité du dedans, la vraie, tout au plus en trouve-t-on quelque germe dans un sentiment d'admiration confuse, incapable d*ailleurs de s'attacher à des objets précis. La première des conditions nécessaires à une cruvre d'art, la personnalité, fait défaut à cette vaste composition.

Par suite., lordonnance en est profondément défectueuse. Celle qu'Appien a imaginée a pu faire illusion à des lecteurs peu réfléchis :elle plait par une sorte de clarté superficielle, elle est commode dans l'usage. Mais ce sont là des qualités qui se dérobent dès qu'on examine les choses plus sérieusement. Une histoire complète de Home n'admet qu'un seul plan, qui sans doute pourra varier dans le détail selon les idées personnelles de l'historien, — pourvu qu'il en ait, — mais qui restera toujours le même dans sa conformation essentielle. Ce plan, on peut le caractériser d'un mot, en disant qu'il doit être organique. Cela signifie qu'il doit nous faire assister au développement de la puissance romaine : il faut que nous voyions croître ses ambitions avec ses forces, (|ue sa politique extérieure s'explique par son histoire intérieure, et, réciproquement, que les événements soient mis en rapport avec les institutions et les institutions elles-mêmes avec les imeurs, en un mot que Rome nous apparaisse comme un être qui vit, qui grandit et

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