Ibid., Fr. 1, | 6 et Fr
tàcho était facile; le nirrile eut été de s'en acquitter méthodiquement et de tirer de cette enquête des conclusions sur la manière d'écrire l'histoire. Il ne semble pas que Philon s'en soit aperçu. C'est dans des dispositions analogues qu'il composa l'ouvrage auquel son nom a dû surtout de survivre, à savoir V Histoire des PAfhticiens'cn neuf livres (1oivt/.iy."y; «cTopia) ^ Cette histoire, il la dormait pour une traduction du prétendu Sanchoniathon, philosophe de Tyr ou de Sidon ou de Bérytos, pins ancien que la guerre de Troie-. Klle traitait des origines divines selon les Phéniciens, cosm(do":ie et mvlhologie. Au dire do IMiilon, la vérité sur toutes ces choses, autrefois recueillie par un certain Taaut (TxauTo;), avait été altérée dans les livres sacerdotaux; Sanchoniathon l'avait rrlahlie; et lui, Philôn, avait eu la bonne fortune de retrouver ces écrits véridiques, qu'il se faisait un devoir de donner au public en les traduisant du phénicien en grec. 11 nous resie de celte prétendue traduction d'importants fragmenls, conservés surtout par Kusèbc
{Prép, Evatif/.y 1, c. î) et 10 ; IV, c. Ki). l/auteur est un ôvhémérisle décidé: à la manière d'Kvhémère, il transforme toute la vieilhî mythologie phénicienne en une histoire de convention, dans laquelle les dieux deviennent des hommes. Hérennius Philon avait-il inventé de toutes pièces son Sanchoniathon, ou bien l'avait-il emprunté à d'autres historiens inventeurs? On ne saurait le dire. Quoi qu'il en soit, son ouvrage est resté important pour les études phénicitMinos; car, tout en arrangeant les vieilles traditions, il s'en fait le témoin '. Du reste, dans son intention, son livre était surtout, à ce qu'il semble, uni^ attaqut» indirecte contre la religion hellénique; car
!. Frat,nnt*nt.s rôunis dans Di«l»)t-Mull»'r, ouv. oilô, p. 563 et suiv. Î2. Suiilus, ilav/covidtôwv. Cf. Eu.srlu», Pn^p. rvarnj., I, 9. 3. Mûvors, i'eber die Relif/ion d. Phuenizer, Bunii, 1841. p. 138. Cité dans Didot-Mullcr, p. 562, en note.