ZeUer, Ph. d. Gr., t. V 2, p
8. Voir, dans l'édition citée de l'Astronomie de Théon, la dissertation de H. Martin.
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Du même fond de philosophie procède un des livres curieux do ce temps, celui que le platonicien Celse avait écrit contre le christianisme, sous le titre d^Exposé de la vérité {^Wrfi'n^ Wyo;). Xous ne connaissons rien de la personne ni de la vie de Tauteur *. Quant à son livre, bien que perdu, il a pu être rei^titué en partie par les citations qu'en a faites Origène en le réfutant 2. Autant que nous pouvons encore en juger^ c'était une œuvre de discussion acerbe, mais sérieuse, qui marque une date dans l'histoire morale de l'hellénisme. Pour la première fois, il se sentait menacé, quoique vaguement encore, et il éprouvait le besoin de se défendre. Celse a vu, avec un sentiment qui paraît avoir été un mélange d'inquiétude, d'impatience et de pitié, le mouvement qui commençait à entraîner vers le christianisme beaucoup d'esprits hésitants '. Ce mouvement, avec ce qu'il comportait de foi, lui a paru une sorte d'abandon de la raison ; et c'est de ce point de vue tout hellénique qu'il le juge. Si l'on essaie de grouper ses objections en négligeant les détails, les points essentiels de sa critique paraissent avoir été les suivants. D'abord, la notion fondamentale du christianisme, celle d'un dieu fait homme, lui est inintelligible : il la combat, historiquement et logiquement, par la discussion des té-
1. Sur Gelsf, les principaux ouvrag«'S à consulter sont : Baur, Kirchengeschich'e,l,'^^^km\ Kd'uw^Celsus Wahrcs Wort, Zurich, 1873; Pélagau 1, Élude, sur Celse, Lyon, 1S78; Aul>»», Le Discours véritable d" Celse, Paris, 187!S ; 0. Heino, Vhilol. Abhandl. zti Ehren Mart. H.*rlz,{Si<S, p. 197-:2ll. C«* «lcrni<'r parait avoir établi (lu'il est impossible <le confond r«i le platonicien Cols;^ avec l'êiùcurien du môme nom auqu«'l Lucicm a dédié son Alexandre.
2. Keim, ouv. cité, a dépouillé les huit livres du traité d'Origéne contre Celse et en a tiré lo pamphlet de Celse, morceau par morceau.
3. L*AXr,6yi; Xôvo; parait avoir été écrit dans les dernières années du rèî^n.' de M. Aurèl -, en 177-1.78, selon Keim (p. i61 sqq.) et Pélagaud (p. lS'Js«pi.).
69i CIIAP. V. — IIKLLÉNISME ET CHRISTIANISME
moignagfs qirelle invocjuc el par celle des idées qu elle implique. I*uis, au delà du récit évangélique, il découvre dans le chrisliaiiisine une conception du gouvernement du mcmdo qu'il ne peul accepter : c'est celle d*un Dieu qui se conduit par des décisions cliangeanles et particulières ; conception à hujuelle il oppose son déterminisme rationaliste. Enfin, considérant l'intérêt public, il s'inquiète, en politique rélléclii, de cette religion qui n'a point de patrie, et il estime qu'il est bon que les hommes restent attachés au culte de leurs pères, à leurs coutumes, à leurs dieux locaux et nationaux, en d'autres termes, que la religion, tout en se faisant philosophique, s'arrange des formes anciennes et particulières qui se sont transmises d'âge en âge. Ce sont là, comme on le voit, d'intéressantes et sérieuses pensées; et si, d*une part, elles jettent une vive lumière sur l'hellénisme du second siècle, de Tautre il est curieux de noter combien elles font ressortir les ressemblances de la philosophie grecque avec le rationalisme moderne.
A côté de ces platoniciens, une place importante appartient^ dans l'histoire des idées de ce temps, au pythagoricien >fouménios, d'Apamée en Syrie *. C'est, de tous les penseurs qui ont vécu au siècle des Antonins, celui qui doit être considéré comme le précurseur le plus immédiat du néoplatonisme. Un de ses principaux écrits avait pour titre Comment r Académie s'est éloignée de Platon (nEpi T/iç toîv 'AxaâTau.xixà)V -poç lIXaTi^ya &i«- (rrdlca*;). Un autre, en trois livres au moins, traitait rfi#
1. On ne sait rien de sa vie. La courto notico de Suidas (Noy|ir,vi«ç 'AnaiiEÛc) n'en fixe même pas l'époque. Mais ceUe-ci résulte approximativement du caractère de sa pliilosophie et de ce double fait que lui-même t'st nommé pour la première fois par Clément d'Alexandrie, et que son disciple Ilarpocration fut aussi l'éléye d'Atticos, qui enseignait, comme on l'a vu, sousMarc-Aurèle.
Bien ^Hs:: Txyzîpo:* '. Dans ces écrits, el ptnil-ôlro dans J'autresquenons neoonnaissonsplus.il s'attaohail à olahlirquela vraiedocirine de Plalon était idontiqno à oollo «le l*yllia:rore.et que celle-ci à son tour ne se distiniruail pas de celle des sabres «le rr>rient. Bralunanes, Masros, ÉL^yptienset Juifs. Il avait en particulier la plus vive admiration pour Moïse, en qui il trouvait tontes les idées de Platon : si bien qu'il ne craignait pas d'appeler ce philo.sophe « un Moïse parlant atliijue » (Mwjtt.; «ttixis^v^*. La tendance vraiment néoplatonicienne de Nouniénios consistait à distinguer, d'ahoni un dieu suprême, simple, immuable, sans relation avec la matière, puis un second dieu, participant à la divinité du premier, mais inférieur, intermédiaire entre lui et la matière, et enfin un troisième, qui était le monde ^. 11 ne lui a manqué ([ue de développer ce système dans ses détails pour faire d'avance Tœuvre de Plotin.
Mais aucun de ces philosophes ne présente, au point de vue littéraire, un intérêt comparable à c<dui qu'excito Marc-\urèle. Car, entre tous, il est le seul cpii ait écrit un livre où se révèle un honnne.
La vie de Marc-Aurèle appartient à l'histoire politique*. Nous n'en rappellerons ici que les dates principales. Xé en 121, à Rome, d'une illustn^ et ancienne
1. Ces litres nous sont «loiinés par P^usèho {l*répur. tUmiuj. XIV, 4, V,\f et IX, 7 «ït 8, l), (jui nous :i consj-rvô <l:»ns (Mîs passanijg «riinportants frapnit>nts «le Nouniéni»)».
2. i:l»}in<'nt, Stnnn., I. i>2, l.iO : Tî w ^'T''- H/âtwv r, Moiviy,; àrtixt^wv ;