Panegyr. in Orif/., cli. vii-xv
ORIGËNE 849
encore confus dans les ouvrages do celui-ci s'offre ici sous Taspect d'une construction simple et puissante. Nous voyons, par une lettre d'Orijène lui-mc^me dans Eusèhe, que ses cours furent suivis quelquefois par des philosophes étrangers au christianisme * : il n'y a pas lieu d'en être surpris; car si ce large enseignement aboutissait à la théologie chrétienne, c'était, comme on le voit, en traversant presque tout le domaine du savoir hellénique *. Et c'est justement cette inlluenco profonde^ de la pensée grecque, pénétrant dans toutes les parties d'une doctrine d'ailleurs chrétienne, qui a constitué ce qu'on peut appeler l'Origénisme et qui Ta rendu bien vile suspect à une orthodoxie défiante.
Kii elle-même, et par l'effort sincère qu'elle révèle, l'ieuvre d'Oriirene inspire le respect. Mais, au point do vue de la critique littéraire, il faut reconnaître qu'elle demeure secrètt'ment viciée par quelque chose de hâtif et d'incomplet. On ne peut s'empêcher de regretter qu'un homme dune si haute valeur ait ou si peu do temps pour mûrir sa doctrine et pour dégager sa p(»rsonnalité. (Ihargé d'enseigner à un ago où les esprits réfléchis conmiencent seulement k apprendre, Origène fut contraint toute sa vie de se faire rapidement ses idées, à niesure qu'il les exposait : il n'eut jamais le loisir de se recueillir, de réviser ses méthodes, do se juger lentement lui-même, d'éliminer les parties faibles de sa philosophie et de condenser les autres. Par suite,