Eusèbe, II. eccL, VI, ch. xix
2. Ibid. : "EÔo^sv tUtâ^ai.. ta tûv çtXoaoçcov itipi âXr,Oeia; Xéye'.v ènaYY»'*" AopLsva . Porphyre, dans Eusébe, Ilist. eccL, VI, ch. xix, 8 : 2uvf|v tt Yotp «et Tôi nxànovi toî; te No'j|i7ivî'-»y "^olX Kpov'ou 'ATtoXXoçavoy; tc xal Aovyîvoy xai Mocspatou Nixo|iâ;(oy te xat twv èv toÎ; IIuOaY^P<^OK i/.AOV'ixwv dcvopûv b>{iî>.£: <rjYypà|i|iaçiV êxP^t"® ^* *** Xa'.pr,|iovo; toO StwïxoC Kopvojto-j TE Taî; p^gXot;. Jérôme, Ep. 70, dit qu'Origéne a voulu trouver dans Platon et Aristoto, Noumenios et Gornutus, la justification dos dognios du christianisme.
Histoire d« la Litt. grecque. — T. V. 54
toute son œuvre a le caractère d'une improvisation brillante et inégale, qu'un esprit supérieur a développée au jour le jour, où il a jeté abondamment ses vues personnelles, sa science, ses souvenirs, ses conceptions naissantes, mais qui manque de je ne sais quelle force intime d'organisation et d'acbèvemenl. Il suffira de la parcourir rapidement pour en donner l'impression.
Dans l'immense collecli(m de ses écrits, en partie perdus, distinguons d'abord les ouvrages d'enseignement dogmatique ^ Le seul dont nous puissions juger est le Traité des Principes, encore représenté par des chapitres entiers. Les principes (pii donnaient leur nom k l'ouvrage étaient ceux de la croyance chrétienne : la nature de Dieu, celle de l'homme, la chute* et la rédemption, la liberté et la grâce, l'autorité des Kcritures. 11 nous reste un important chapitre du livre III sur la liberté, et un autre du livre IV sur l'interprétation des Écritures. Le premier est d'une philosophie claire, d'une dialectique facile et ingénieuse, mais qui ne vont pas au fond des choses. Dans le second, Origcne fait la théorie délinitive de l'interprétation allégorique, qui. grâce à lui, est devenue comme le signe propre de l'école exégétique d'Alexandrie. 11 y pose la distinction du sens matériel et du sens spirituel. Knle faisant, il ne parait se soucier ni des objections ni des conséquences possibles; il enseigne plus qu'il ne discute, avec un dogmatisme modeste, mais confiant en son principe, qui se satisfait trop aisément par la clarté de ses déductions. Au fond, sa théorie, renouvelée de Philon, et consistant à soutenir qu'un même texte dit deux choses à la fois, ou même qu'il ne
1. Sur la résurrection, qu»tlquos frajîmonts seulement. Los Stroma» tes, on dix Uvros, porilus ontièronî«*nt. Sur les Principes (lUpi «?■/«'>'')> ••" quatro livros, (!oini)osô à Aloxainlrio avant 231 ; fragments importants, surtout les chapitres conservés dans la Philocalie, rocuril «l'rxtraits d'Orijît*n«% dû à Basile et à GriJgoiro de Nazianzu.
dit pas co qu'il semble dire, est le contraire de toute saine critique. Mais il ne faut pas oublier, pour la juger, que, d'une part, elle avait pour elle l'autorité d'une ancienne méthode et que, d'autre part, elle seule pouvait infuser largement l'hellénisme dans la tradition biblique.
C'est de cette théorie, à la fois fausse et féconde, que s'inspire l'iiinnense collection de travaux exégétiques qui constituait la principale partie de Tœuvred'Origène. Ces travaux eurent pour base l'établissement du texte sacré dans des conditions vraiment nouvelles ; travail préalable, qui aboutit à la constitution de la Bible à six colonnes (ri 'E^xiz'ka), où se développaient parallèlement le texte hébreu en lettres hébraïques, le même en lettres grecques, et les quatre traductions d'Aquila, de Symnïaque, des Septante et de ïhéodotien ^ Ce texte ainsi établi, Origène passa toute sa vie à le commenter -. Son exégèse s'étendit peu à peu à tout l'Ancien et à tout le Nouveau Testament. Elle prit trois formes, selon qu'elle se produisait en Scolies (S/oXia), en Homélies ( *0[i.i).tat), ou enfin en Commentaires (probablement 'rTCo;7.vy;[i.aTx, mais ordinairement désignés par le terme de Toy-oi, volumes). Les Scolies étaient de simples notes ; le texte original en est entièrement perdu, mais il est probable que le contenu s'en retrouve en partie dans les explications attribuées à Origène par les exégètes qui l'ont suivi. Des Commentaires, il ne reste que des parties, quelques-unes, il est vrai, assez importantes, que nous n'avons pas à ônumérer ici ^ Ces commentaires,
\. Sur les Hexaples» voir Batiffol, ouv. cité, p. 168 ot suiv.
2. Cela ne veut pas dire qu'il ait attendu, pour commencer à cùnimenter le texte, rachévement des Hexaples ; il est seulement vrai de dire que la question de la constitution du texte l'a pr«;occnpé constamment.
3. Voir Bardenhewer, 29, 7, ot Baliffol, p. 173 ; ou, pour plus do détails, llarnack, p. 3i3 et suiv.
852 CHAPVI.— DESEPTIME-SÉVÈRE A DIOGLÉTIEN
en raison de leur abondance, de l'érudition dont ils sont pleins, des vues ingénieuses et philosophiques qui y sont partout répandues, n'ont cessé d'être considérés comme un des monuments de la littérature ecclésiastique. Selon que les docteurs chrétiens tenaient ou non pour l'interprétation allégorique et l'hellénisme, ils les ont exaltés ou combattus. Quoi qu'on en pense, on ne peut nier qu'ils n'aient contribué à faire entrer dans la théologie chrétienne pUis de philosophie grecque qu'aucun autre ouvrage. Mais si Ton y cherche surtcmt la personnalité de l'auteur, il faut reconnaître quelle est loin de s'y manifester avec la force qu'on pourrait attendre. La philosophie d'Origène n'est pas une création originale, une doctrine marquée de son empreinte et qui demeure comme un système coordonné *. C'est une appropriation partielle et incomplète de vues diverses à des textes qui ne les admettent pas toujours. Et la forme de ces commentaires n'a rien non plus qui s'impose à l'attention. Une manière discursive et facile, souvent prolixe, qui sent l'enseignement, point de souci de condenser la pensée, point de recherche de l'expression vraiment propre et précise, et fort peu de traces de cette spontanéité vive qui seule aurait pu vivifier une langue négligée. On ne saurait tirer de toute la collection une de ces pages pleines et durables, toujours nouvelles, et où l'aine parle à l'àme.
Les Homélies, par leur nature même, offrent plus d'intérêt à l'historien de la littérature. Car elles sont, commo on Ta dit, « les premiers spécimens de l'éloquence de la chaire 2. » H nous en reste une vingtaine en grec, .sans parler des fragments et des traductions : c'est un ensemble assez important. Par le fond et la méthode, elles