Couat, p
iCouat. p. 15-19.
l Slrabon, XVIJ, p. 793-795.
i Dans Athénée, I, p. 22, D.
qui oserait dire qu'il fût tout à fait injuste? Les Muses domestiquées d'Alexandrie ne sont certainement plus tout à fait les mêmes que ces libres déessesde THélicon, qu'Hésiode voyait « agiter en cadence leurs pieds délicats sur la haute et sainte montagne^ auprès de la fontaine aux eaux violettes, devant l'autel du puissant fils de Kronos * ».
Après Alexandrie, Pcrgame est une autre capitale littéraire. Les Attales rivalisèrent avec les Lagides. On sait qu'ils attirèrent de nombreux artistes et que Porgame fut au m* siècle le siège d'une florissante écolo de sculpteurs. Ils fondèrent aussi une riche bibliothèque. Celle-ci, moins considérable que la bibliothèque d'Alexandrie, n'était guère moins précieuse, s'il est vrai que Marc-Antoine, .nprès l'incendie qui avait consumé la bibliothèque des IHolémées, put trouver à Pergame deux cent mille volumes qui contenaient tous des ouvrages difl'érents, et en faire présent à Cléopàtre *. Autour de cette bibliothèque, les travailleurs affluèrent. Les Attales furent toujours en relations étroites avec Athènes, en particulier avec l'Académie et le Portique. Il vint donc à Pergame quelques philosophes, mais surtout il y vint ou il s'y forma des érudits, historiens et philologues, attirés par ces milliers de volumes.
Antioche, la capitale des Séleuc ides, devenue rapidement une riche et luxueuse cité, eut aussi une bibliothèque célèbre, et par conséquent des bibliothécaires, c'est-à-dire des érudits. Le plus connu est Euphorion de Chalcis, qui y vint à la fin du lu* siècle, sous Antiochus 111 le Grand. Mais le séjour d'Antioche était évidemment peu favorable à l'étude ; on y songeait plus au plaisir qu'au travail. Les rois y attirèrent parfois