‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 503 sur 605 · Photius, cod · texte numérisé non relu

Photius, cod

3. Dans la premièro moitié du xvi* siècle, on n'en connaissait que huit, ceux qui figurent dans rédition de TrincaveUi, 1534. H. Estienne en puldia six autres, en 1562. L'édition de Petau, 1618, en contient «lix-nouf; celle de Hardouin, 1084, trente-deux. Ang. Mai y a joint, en 1816, le Ilepl tf,; àp/fj; et le Disc, sur Eugénios. Un trente-cin(iuiénie discours (à Valens) ne nous a été conservé que dans une traduction latine.

THÈMISTIOS 87Ô

•^ous forme d'apologie personnelle, une sorte de tableau l'ensemble de sa vie; le 24* (Hscl Tf,; xf/r,^), où il explique comment il a pu accepter de ïhéodose la charge le préfet de la ville sans démentir les principes de sa [)hilosophie; et, dans un autre genre, le 3*, à Jovien, sur la tolérance religieuse, dont une partie se retrouve lans le 12®, àValens:enfin le 19*, à Théodose, sur humanité (*Erl tt, çtAxvOcu)::(a toO xvToxpiTOfo;). I /éloquence de Thémistios est généralement molle et jrnée, officielle et académique; mais elle a de la grâce, le la noblesse, de l'éclat, et elle s'inspire de sentiments élevés, qui lui communiquent par moments une certaine brce. Son chef-d'œuvre est le discours à Jovien, plein le saines et généreuses pensées. La liberté de croyance A de culte est pour Torateur un don de Dieu : « Celui jui use de violence en matière religieuse, dit-il, sup- 3rime la liberté que Dieu même a concédée. » Et en ait, ajoute-t-il, la violence est stérile, car l'ame s'y déobe : « Cette loi de liberté, ni les confiscations, ni les •roix, ni les bûchers ne peuvent la détruire; tu peux emprisonner le corps, le livrer même à la mort; Tâmc .'en ira, emportant avec elle sa loi et la liberté de a pensée, alors même que la langue aura subi la rontrainte *. » De telles paroles font grand honneur à :elui qui les a prononcées. Et elles ne sont pas excepionnelles chez lui. Toute son éloquence a visé à recommander l'humanité, la justice et la haute culture de esprit. Etant lui-même sans passions, il a pu garder, en e siècle de discordes et de mutuelles dénonciations, une ereine impartialité, un peu froide sans doute et sur-

1. 5* Disc, p. 81,Dind.: *Olï Tipoiâyoïv àvàvxT^v àçatpeîtai ttiV ilo\t' !av ir.v à Oeo; o-jve-/copTj«TS. — Kai toCtov o-j •/pr,{iaT(«)v à^atpsatç, ov 9x6>.o- :;, où rypxaïà tbv vôjiov irtoirots £6ià<7ato* à>.>à to |ùv o-ûpix «Sei; xal iroxTeveï;, àv o'jtw rj/r,, '^'J'/tj Se o!xr,(rETai iXs-^6épav piîTà toO v6|iou j{X7C£pi9£pov<7a TTiv Yva>|ir,v, si x«i tr.v YAcorrav £xôta<70eîr,.

tout trop amie des discours, mais qui donne à son per- Honnago quoique chose de sympalliique.

Otte sagesse, grave et douce, nous sommes loin de la trouver /également chez sou contemporain, Libanio» d*Antioche : véritable nature d'homme de lettres, sujette à s'engouer et à s'irriter, intelligence vive et hril- Jante, sans grande étendue ni force de réflexion, bel esprit, mais en (Inde compte honnête, éloquent, applaudi, et offrant, par ses qualités comme par ses défauts, une image assez fidèle de la société païenne du temps.

Né à Antiocho. en 314, Libanios était issu d'une famille riche et considérée ^ Ayant perdu de bonne heure son père, il fut élevé par les soins de sa mère et de ses oncles. Quand il eut achevé ses premières études dans sa ville natale, saisi d'un vif amour pour l'éloquence, il se rendit à Athènes, en 330. pour s'y perfectionner dans la rhétorique. Là, au lieu do s'attacher aux maîtres les plus renommés, lîpiphanios ou Prohœrésios, il suivitles leçons de l'obscur et médiocre Diophantos qui l'avait circonvenu habilement. Au reste, il semble avoir fait son éducation oratoire surtout en lisant et en relisant les anciens orateurs atticpies. Bientôt, il fut en état d'aider son maître dans son enseignement, et il professa ainsi à Athènes, en qualité d'adjoint, mais pendant peu de temps. .\près un court \\)yage, nous le voyons en 312

1. Lu i»rincipalt^ souroo. pour sa biographie, est le !•» Discoon (D:o; Ttizty. Tr,; la-ro- tv/r,;), (jui semble avoir été composé on 374 et compb^tô plus tard. Il y a on outr»» beaucoup de renseignements à tirer do sos autros discours ot ilo sa correspondance. Nous avons aussi uno notice assez dotaillôo dans les Vies des Soph, d'£unape, son contompurain, «'t une autro pou olondue dans Suidas (v.Ai6iv:o;; cf. *Axdtxio;». I.a vio ilo I.ibanios a tHo ôtudiéo do i»rè8 par Sievert, i)<ijf Lehfn des Uhanius. Borlin. 1%S. Voir L. Petit, Essai sur la vk tt ta correspond m 'e du sop^tiste Libanius, Paris, 1S66 : la vie de U" banius y ost rosumoo oomm«»domont on un tableau ch ronolo$:ique. p. 15- 18.

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établi à Constantinople, à la tête d'une école prospère. Ses succès lui attirent des envieux : leurs intrigues et leurs calomnies l'obligent à s'éloigner. A l'âge do trente-deux ans, en 346, chassé de Constantinople, il va professer à Nicée, puis à Nicomédie, où il semble avoir retrouvé le même succès. Les cinq années qu'il y passa (346-351) lui laissèrent un souvenir plein de charme; il les appelait plus tard « le printemps et la iloraison de sa vie *. » Toutefois, il revint encore à Constantinople, puis à Athènes, comme professeur public; mais en 354, à Tàge de quarante ans, étant rentré dans sa ville natale, il se décida à s'y fixer. C'est à Antioche qu'il vécut 4lès lors, sous les règnes de Constance, de Julien, do Jovien, de Valens et de ïhéodose; il y mourut, dans un àgc avancé, à une date incertaine, mais en tout cas après 391 ^.

La situation qu'il s'y était faite par son talent était de nature à contenter son ambition. 11 était reconnu comme le premier des maîtres d'éloquence dans la Syrie grecque; il séduisait tous ceux qui l'approchaient par une souplesse caressante '. Les chrétiens même subissaient son iniluence littéraire; parmi ses disciples il put compter le jeune Jean, qui allait devenir, sous le surnom de Chrysostôme, le plus grand orateur de l'Orient grec. D'ailleurs, loin de s'enfermer dans son école, il se mêlait à tout. 11 adressait des discours aux grands personnages, aux empereurs: il traitait les affaires de la ville, se faisait, selon les circonstances, son patron, son panégyriste, son conseiller, son défenseur; il écrivait sans cesse et à tout le monde, pour demander, recommander, remercier, complimenter. Tout ce que

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