GRÉGOIRE DE NAZIANZE
iliclion avec Tovèque Anlhime de Tyano. Pour défendro sa frontière, il érigeait en évèchcla bourgade de Sasima, objet de litige, et exigeait de son ami qu'il se laissât noinnier évùque et (ju'il en prît possession, (irégoire céda, comme il cédait toujours à ceux qu'il aimait. Mais ce qu'on attendait de lui répugnait trop à sa nature. Sasima, bon ri» bruyant et grossier, où avait lieu la perception des impots, où retentissaient sans cesse les cris et les disputes, lui faisait horreur. 11 s'enfuit de nouveau dans la solitude. Et quand, une seconde fois, les prières instantes de son père eurent réussi à l'en tirer. Tannée suivante, ce fut à Nazianzo (pi'il revint, pour lui servir encore de ooadjuteur. Il lui succéda sur son siège épiscopal eu 37 i. Mais, au bout d'un an, Nazianze même lui devint insupportable: et, abandonnant l'administration de son évéclié, il alla vivre en solitaire à Séleucie d'Isaurie.
Ce fui là qu'il apprit en 379 la mort de Basile. A peine avait-il prononcé son éloge funèbre qu'une nouvelle et bien lourde charge lui était imposée. Les orthodoxes de Constantinople, longtemps opprimés par les Ariens, avaient repris courage, à la suite de l'avènement de Théodose (19 janvier 379), et ils l'appelaient à eux pour leur servir de chef, (irégoire vint, et, pendant deux ans, se dévoua à la tache pénible et dangereuse qu'il avait acceptée. Il avait à lutter chaque jour contre ses adversaires, au péril même de sa vie, à encourager les siens, à maintenir parmi eux la concorde, malgré les germes de divisions, à négocier avec l'autorité impériale. Tirace à Bon caractère et surtout à son éloquence, il y réussit en partie. En 381,1e second concile œcuménique se réunit à Constantinople. Les premiers évéques arrivés désignèrent Grégoire pour occuper le siège épiscopal de la métropole, et il en prit possession ; mais bientôt il vit la régularité de son élection contestée par
les nouveaux arrivants. Alors,, découragé de la lulle, il se démit de sa récente ili^niilé, en juin 381, et quilU Constantinople pour retourn^T à Nazianze. Il y venait résolu à se donner au soin de la communauté chrétienne, i\m était restée longtemps sans chef, et il le fit en effet. i*uis, en 383, ayant fait nonmier enlin un autre évéque, il se retira délinitivement de la vie active,, a cinquantetrois ans. Ses dernières années se passèrent dans sou domaine d'Arianze, oii il mourut vers 390.
L'œuvre de Grégoire se conipose de discours, de lettres et de poésies.
Ses Discours suhsistants sont au nomhre de quarantecinq qui se répartissent entre les diverses périodes tle sa vie. Mentionnons .seulement les plus importants : — L\4polof/ie poursn ffn/f.'(\)[si:. n*' 2\ 'A::oao-;iot'.xo; tt,; v.; -tj llovTov rj/jy/i; i'vs/.îv, dut être ci)mposée en 362, lorsque, récemment ordonné prêtre, (îrégoire s(» décida, aprî»? 8*étre enfui daiis le Pont, à revenir à Xazianzc: mais il Taugmenta plus tard, au point d'en faire une sorte J»* traité sur le sacerdoce, dont (Ihrysostome s'est inspiré dans son ouvrage sur le même sujet. — Les deux Discours de flétrissure (^T*/iAeuTiy.oi) contre Julien, pleins d'emportement et de haimv, ont été écrits peu après la mort de l'empereur, à la lin de 363 prohahlenn-nl : il est douteux qu'ils aient été prononcés. — Devenu ê\èque. (irégoire composa, vers la (in de 373 sans doute, VÊloge funèbre fC Atlianase, mort cette année-li *. Six ans plus tard, il é(Tivait et prononrait VEloge funèbre de saint Basile, mort en 371). Au temps de son séjour à Constantinople appartiennent cinc] discours célèbres, ceux (ju'il appelle lui-même ses Discours de thêolotjit (Oi T^i; Oeo).oyta; Aoyoi, Disc, n*^" 27-31), écrits qui lont fait surnommer « le théologien » par excellence. Ce sont