‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 534 sur 605 · GRAMMAIRIENS, LEXICOGRAPHES · texte numérisé non relu

GRAMMAIRIENS, LEXICOGRAPHES

- tiiiople au v« siècle et dont Tautorité se soutint pendant . toute la période byzantine, Timothée de Gaza (aux environs de Tan 500), Jean Philoponos (première moitié ■ du vi^ siècle), d'autres, dont Tépoque mémo est incertaine, tels que Théodoret et Jean Cliarax, ne sont guère que des abréviateurs ou des commentateurs dociles. Nous leur devons de mieux connaître des idées qui appartiennent à leurs prédécesseurs et qu'ils sont loin d'avoir toujours éclaircies en les rapportant. Quelques autres, telsqu'Eudémos de Péluse (entre 450 et 500), Eugénios (vers 500), Sergios Anagnosles (même temps probablement), dont les noms et les ouvrages sont cités dans les nolices biographiques, n'ont rien laissé qui ait survécu, ni sans doute qui méritât de survivre.

A côté de ceux qui s'attachent à maintenir la correction do la langue et à en perpétuer les règles, d'autres érudits s'occupent surtout de collectionner les mots, d'en donner le sens autorisé, d'en noter les emplois classiques. Et conmie les mots ne vont pas sans les choses, les lexiques suscitent les dictionnaires historiques.

1822) ; Règles de la déclinaison et de la conjugaison, dans Bekker, Anecd, gr. 974-1061 ; Abrégé de la prosodie d*Hérodien, aussi attribué à Arcadius d'Antioche (éd. M. Schniidt, 1860). — Tiiiiothco de Gaza : Règles générales de synUue (Cramer, Anecd. Par. IV, 239) ; autres ouvrages, v. Suidas, TtfiôOco;. — Jean Philoponos : Sur les dialectes (Append. au Thésaurus d'H. Esliennej ; Règles d'accentuation (éd. Dindorf, Leipzig, 182o) ; Sur les mots dont le sens change selon l'accent (éd. Egenolff, 1880). Nous avons de lui. en outre, des Commentaires sur les Analytiques d'Aristote, publiés dans Tédition de TAcad. de Berlin. — Georges Cliœroboscos : Commentaires sur les règles de Théodose (Gaisford, 0.\ford, 1842) et Ch.rrobosci scholia in canones ver^ baies, éd. A. Hilgard, Leipzig, 1894 ; Sur l'orthographe (Cramer, Anecd. d'Oxford, t. II) ; Sur les accents (Bekker, Anecd. gr., 703-8), Commentaires sur Ilépheslion (Stud»Mnund, Aneadota varia grœca, I, 31-96). — Théodoret, Sur les e.'tprits, Jean Charax, Sur les enclitiques (Bekker, Anecd. gr., 1149-56), Commentaires sur Théodose, Traité de l'orthographe (Bekker, Anecd. gr., 1127). — Sur tous ces grammairiens, voir Krumljacher, Gesch. d, byz, Litter., % 137 et suiv.

(]es lexicographes continuent l'œuvre des AtticistesdB Hecond siècle, mais avec moins de choix et presque sao^ critique. Le rôle dont ils se conlenteol est surtout de dépouiller les œuvres de leurs prédécesseurs. — Le pelit ouvrage Sur les termes semblables ou différents (Hw 6;xot«*y xxi Siaf opcov Xé^ecov ), attrihué par les manuscrits à un certain Ammonios, semhle n'être qu'un reniaoiement d'un traité d'Hérennius Philon Sur les diverses significations des motsK — Beaucoup plus important olail le Lexique étymologique (llcpi èrujtoXoyioiv) du grammairien Orion, dont il nous reste des fragments. L*auleur fut un des maîtres du philosophe Proclos à Alexandrie vers 430 : plus tard, il ensei^^ma à Constant inople, et il eut Thoimeur de compter parmi ses élèves la savante impératrice P]udocie,liile du sophiste Léontiosel femme de Théodose II (108-150 ) : il lui dédia un Recueil de pensées des Anciens (*Av9oXoytov), dont il ne nous est rien resté ; enfin il paraît avoir tenu école à (]ésarée -. Pour composer son lexique, il avait dépouillé avec soin les principaux ouvrages analogues qui avaient paru jusque-là '. Lui-mérne devint à son tour une autorité pour les lexicographes byzantins, (l'est d'un exemplaire complet de son recueil que procèdent les principaux lexiques grecs étymologiques du moyen âge, VEtymologicum magnum, composé vers

1. Sur lo faux Aminonios, voir Pauly-Wissowa, Ammonios, 17 L'autour «le cotte notice, Cohn, pense que le remaniement en question date <le ré|>oquft l)yzantine et que l'ouvrape ainsi transformé a été faussement attril»ué à Aniinonios, grammairien et prêtre égyptien, qui dut (juitter Alexandrie pour Constantinople en 3S9 (Socr., Ilist. eccL, V, 16). La dernière édition est encore celle de (4. F. Ammon, Erlangen, 1787.

2. Suidas, 'Uptwv Hr,6aîo; ; Marinus. Vie de Proclos. ch. viii; Tzelzùs, Chil. X, 60.

'.\. Notamment Héracli«lo de Pont, Apollodore, Philoxéne. le médecin Soranos, les grammairiens du second siècle, Irénée, Apollonios Dyscole, Ilérodien et un certain Gros de Milet qui a été quelquefois confondu avec lui.

ETYMOLOGICA ; HÉSYGHIOS D'ALEXANDRIE 975

le x« siècle, et VEtymologicum Gudianum^dLinsi nommé de Gude, à qui appartint le manuscrit aujourd'hui déposé à Wolfenbuttel. Ùrion, bien entendu^ ne possédait pas plus que ses successeurs la vraie méthode étymologique ; leurs fantaisies nous donnent Tidée des siennes; mais c'est grâce à de tels ouvra^res que nous ont étr conserves bien des fragments de textes perdus, avec de nombreux témoignages soit sur les auteurs classiques, soit sur leurs commentateurs K — Au même siècle parait devoir être rapporté le glossaire d'Hésychios d'Alexandrie. L'auteur nous apprend lui-même, dans une lettre qui sert de préface à son livre, que le grammairien Diogénianos^ avait eu, avant lui, l'idée heureuse de réunir en un seul lexique (appelé lleftepyoTcôVTiTe;) tout le contenu des glossaires spéciaux à l'épopée homérique, à la poésie lyrique, à la tragédie, à la comédie, aux orateurs, (yest ce travail qu'il s'est proposé d'améliorer et de compléter. Son ouvrage est comme une revue alphabétique de tous les termes rares et aussi des proverbes employés par les auteurs classiques. Non seulement il supplée pour nous des scolies perdues, mais il permet aux éditeurs modernes de rétablir quelquefois dans les textes anciens les expressions primitives, quand les copistes y ont substitué des termes plus usités '. Dans le glos-

i. Les Étynwlof/ùjues ont élé plusieurs fois publiée La seule édition d'ensemblo est ♦ncorc celle de Sturz, Etymologica, Leipzig, 1816-1820, <jui contient les fragments d'Orion. Elle a été complétée par Cramer, Anccd, Par., IV. et Miller, Mélanges, p. 1-318. h'Etymologicum magnum a été grandement amélioré dans l'ôd. de ïh. Gaisford, Oxford, 1848. Sur l'histoire des Étymologiques, il faut consulter aujourd'hui Reitzenstein, Geschichte dergriechischen Elymologica^ !897.

2. Le mémo sans doute dont nous avons parlé au chap. m et qui vivait sous Adrien (ci-dessus, p. 627).

3. L'édition usitée est celle de Mor. Schmidt, léna, 1857, 4 voL Le môme savant a donné en i86i une edilio minor en un seul volume, qui est d'un usage commode.

saire d'IIésychios paraissent avoir élo fondus à une époque incertaine des éléments empruntés au Lexique de Cyrille, attribué au patriarche d'Alexandrie dont nous parlerons plus loin *. — Après Ilésychios. on peut nommer encore Ilelladios, Alexandrin également, qui vivait au V* siècle^. Au delà, cette littérature se prolonge dans l'époque byzantine par des ouvrages tels que le Lexique d'Eudème, les Lexiques anonymes do Séguier iLexica Segueriana), le lexique de Vienne , etc., dont les origines, les rapports mutuels et la date demeurent encore enveloppés d'obscurité ^

Parallèlement à cette série de lexiques proprement dits se développe une série de dictionnaires historiques, qui attestent également le souci d'aider à l'intelligence des auteurs anciens. Le plus important semble avoir été celui d'IIésychiosUloustrios de Milet, écrivain du vi* siècle, qui composa, sous les règnes d'Anastase, de Justin et de Justinien, un lexique d'histoire littéraire iutitulé 'OvojtocToXoyo; (ou IltvxÇ tûv év TraiSsia ôvojJLaerrûv) *. — Cet ouvrage, et d'autres analogues, furent dépouillés au x*

1. Ce lexi«iue grec «le Gyrillo ne doit i as être coufondu avec 1« glossaire 9i'ec-/f//m qui i»orto le même nom. Disons à ce projws que nous n'avons i)as cru devoir parler dans ce livre d'ouvrages qui non seulement n'ont par eux-mêmes rien de littéraire, mais (lui ne se rapportent même pas aux auteurs classiques, tels que les 'Ep{iirjvey|i«*pa du pseudo-Dosithée, le glossaire latin-grec de Philoxèno et ce glossaire grec-latin de Cyrille.

2. Suidas. *EUàôio; 'AXefavSpjv;. Cf. Suidas, Préface. Photios, cod. 145 et 279 ; les XpT,<y6o|j.â6etai citées et analysées dans ce dernier passage ne me paraissent pas distinctes du Ae^ix6v, dont on a voulu faire un autre ouvrage ; en tout cas, les deux recueils étaient de même nature. Le Ae^txdv était, selon Pholius, le plus étendu des recueils de ce genre.

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