Photius, cod
6. Suidas, art. cité : Tôv i|xicpr,(7(jLbv rf,; oriuocrcs; ^cêXioôi^xr,;.. xai aXXa Tivà Zit^ip'j(^Exoii {idéXa (ts|xvô); xal TpaycoSiac Ssxt)v àicoOpT)V(I)v aùtà.
7. C. Mûller, Fragm, Hist. Gr., p. 133, 135, 138. Dindorf, Hist. Gr. min.f I, p. 441, 353.
tion à travers tout le vi* siècle et au delà ; et bien qu'on soit habitué à compter plutôt ceux de ce temps paroii les Byzantins, il faut reconnaître qu'ils ne différent de leurs prédécesseurs par aucun caractère nouveau. Leur art, d'une manière générale, n'est pas inférieur, non plus que leur conception du rôle de riiistoire. C'est pourquoi, sans entrer à leur sujet dans aucun détail, nous devons au moins les mettre ici à leur place, dans la série qui se prolonge par eux jusqu'au milieu du viri^ siècle.
L'historien le plus renommé du vi® siècle est Procope, de Césaréeen Palestine ^ Né vers la fin du v« siècle, d'abord rhéteur et avocat, puis investi de charges publiques dès le règne d'Anastase, il s'attache, sous Juslinien, à la fortune de Bélisaire, qu'il accompagne comme conseiller, en Arménie, en Afrique et en Italie. Les plus hautes dignités lui échurent successivement. II devint sénateur, puis préfet de la ville en 562. Mais sa fortune s'arrêta là. Compromis dans une conspiration et disgracié, il mourut peu après. Son grand ouvrage historique est le récit en huit livres des Guerres du règne de Justinien (Hepl 7wO>.£(Mi)v) ; guerre contre les Perses (Il«satxà, 1. 1 et II), guerre contre les Vandales (Bav&fjAixi, I. III et IV), guerre contre les Ostrogoths (roTÔtxà), l.V, VI et VII). Achevés en 331, les sept premiers livres de l'ouvrage furent complétés, en 554, par un huitième livre, qui résumait toute l'histoire du règne jusqu'à cette date. Cette grande œuvre, remarquable par son ampleur, par l'étendue et la variété des informations, par la valeur, même littéraire, de certaines descriptions, est la plus importante que les derniers siècles de l'hellénisme aient produite dans le genre historique. Procope,
1. Suidas, npoxôitio; *IX).ou<rTpio;; Photius, cod. 63 (cf. cod. 206 où, à propos du rhéteur Procope de Gaza, il atteste la renommée de riiistorien son homonyme). Éd. Dindorf, Bonn, 1833*1838.
L'HISTOIRE: PROGOPE 1019
encouragé par le succès qu'elle obtint et qu'il atteste lui-même (1. VllI, début), publia un peu plus tard (après 358) un second ouvrage en six livres Sur les constructions de Justinien (Oepl >cTt(i(xxTu)v), plein de renseignements précieux pour l'histoire de l'art et de l'administration byzantine. Ce qu'on peut reprocher le plus à ces deux compositions, mais surtout à la seconde, c'est le ton de panégyrique, qui était d'ailleurs imposé à l'auteur. Il prenait sa revanche, comme on le sait, dans sa célèbre Histoire secrète CAyé/.^ora), qui ne put être divulguée qu'après sa mort et quand la dynastie de Justinien eut disparu; pamphlet acerbe, qui retrace, jusqu'à Tannée 559, les scandales, les intrigues, les prodigalités et le luxe de la Cour, et qui flétrit les personnages que Procope avait le plus loués dans ses écrits publics, on particulier Justinien et sa femme Théodora, Bélisaire lui-même et sa femme Antonina. L'authenticité de cette Bistoire secrète n'est plus mise en doute ; la véracité de l'auteur ne semble pas pouvoir l'être non plus, en ce sens tout au moins qu'il répète avec exactitude ce qui se disait tout bas dans les cercles bien informés de Byzance ; mais il va sans dire que de tels propos, même vrais, ne peuvent former qu'un élément du jugement définitif de l'histoire, bien que Procope s'y délecte, sans en montrer la contre-partie.
Quoi qu'il en soit, les trois ouvrages historiques de Procope, lorsqu'on les rapproche et qu'on les corrige l'un par l'autre, ont une valeur incontestable. L'auteur d'une telle œuvre se révèle comme un homme qui a possédé l'expérience de la vie, qui a su s'informer, observer, juger, et qui, écrivant au moment où la monarchie romaine d'Orient tournait définitivement au despotisme byzantin, a eu le talent de faire revivre la société de son temps dans des récits et des descriptions qu'on lit encore avec intérêt. Tout cela, il est vrai, ne suffit pas
à faire un historien au sens élevé du mot. et Procopf, tantôt narrateur officiel, tantôt chroniqueur, ne saurait prétendre à ce litre. Comme prosateur, s'il poul être compté parmi les meilleurs de son temps, cela ne veut pas dire qu'il ait produit une œuvre littéraire vraiment distinguée. Son style, passablement correct et dégagv, n*est pas exempt de l'élégance sophisti(jue qui régnait alors.
Procope eut pour continuateur Agathias de Myrina. le même dont nous avons parlé un peu plus haut à prop<>s de ses poésies K Ses Histoires ('iTTop^ai), en cinq livres, reprennent le récit de Procope au point où celui Pavait laissé, c'est-à-dire à l'année 5S2, et le conduisent jusqu'en 558. Agathias écrivit cet ouvrage peu de temps sans doute après la mort de Justinien - ; il avait Pintention d'arriver jusqu'aux événements tout à fait contemporains, mais, pour une raison ou une autre, il ne réalisa pas son dessein. Son histoire n'embrasse qu'un espace de six années, pour lequel elle constitue noire principale source d'information ^ Exact et bien rens<Mgné, Agathias expose clairement, mais sans agrément ni véritable élégance : sa plirase, souvent longue, est médiocrement construite ; et, çà et là, chez le narrateur, se laisse trop voir le sophiste qui croit embellir son récit par des artifices de rhétorique*.
L'œuvre interrompue d'Agathias fut reprise bientôt après par Ménandre, qu'on appelle IIcoriîCTwp, Protector, « garde du corps ». Celui-ci écrivait sous renipen'ur
1. Voir plus haut, p. 1004. Niebuhr, Commentatio de vita AgaihU ejusque libris historiarum, en tôte de son édition (Bonn, 1828) et dans les Hislor, Gr, min. de Dindorf, t. II, p. li.