‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 582 sur 605 · THÉODORE · texte numérisé non relu

THÉODORE

et quelques autres écrits du uioindre importance ; 2® les œuvres oratoires, homélies, sermons, panégyriques, dont il reste peu de chose, et les Lettres, au nombre de 48 ; 3° les œuvres apologétiques et exégétiques, ces dernières formant un ensemble considérable do commentaires surTAncienet le Nouveau Testament; 4^* les œuvres de polémique.

Los œuvres oratoires et les œuvres de polémique, quels qu'aient été leur succès et leur influence, sont ce qu'il y a de moins remarquable dans cet ensemble. Photius nous a conservé des fragments de cinq discours à la louange de Chrysostome, qui durent être prononcés en 438, lorsque les restes de Tillustre banni furent ramenés à Constant inople. Le genre du panégyrique convenait peu à l'esprit sobre et mesuré de Théodoret; ces discours hyperboliques sont d'un homme qui force son talent. Les principales œuvres de polémique sont la Réfutation des anathëmos de Cyrille, les Cinq discours (nevraXoyiov) dirigés contre le même adversaire, et le traité intitulé Le Repas par écot ('Epavt'jTyi;), où il combat le Monophysisme d'Eutychès en le rattachant à ses origines. Toutes ces œuvres sont d'une pensée vigoureuse, qui s'appuie sur une connaissance solide des textes. Mais les variations mêmes de Théodoret à propos du Nestorianisme montrent qu'il était plus fait pour la recherche que pour la polémique. 11 n'était pas de ceux qui imposent leurs idées, à force do s'y attacher.

Ce qui a fait vivre son nom, ce sont ses écrits historiques, ses écrits apologétiques et ses écrits exégétiques. Nous ne reviendrons pas sur les premiers; d'autant que leurs plus remarquables qualités sont justement celles que nous avons à faire ressortir dans les autres .

Sa grande œuvre apologétique est la Démonstration de la vérité chrétienne d'après la philosophie hellénique (EOflrjfycXtXYi; àXTjOdîx; ê$ ôXXtjvwcYi; ^piXo^Jo^ix^ inzifêfùtsy;, in-

1062 ClIAP. VIII. — LA FIN DE L'HELLÉNISME

tituléc aussi 'EXXtjvixoîv OspaTreiiTDcr; wx97)(i.xtwv), qui comprend douze livres et semble avoir été composée dans les premières années do son épiscopat. L'auteur y compare les vues des écoles grecques et celles du christianisme sur les principales questions de la philosophie. Si Ton en considère le fond, cela n*est pas très original; l'auteur n*a pas de vues personnelles; il emprunte largement à ses devanciers, en particulier aux Stromaies de Clément d'Alexandrie et à la Préparation évangéliqut d'Eusèbe. Mais il sait dégager et poser les questions, embrasser des ensembles, composer des développements bien faits. De plusjl écrit clairement et sobrement, non sans un certain agrément. On peut en rapprocher les dix Discours sur la Providence, composés vers 432, qui forment comme un traité en dix chapitres sur un des points essentiels de la philosophie religieuse. Dans ces deux séries d'oeuvres, Théodoret procède de l'hellénisme qu'il combat; il y tient, quoi qu'il fasse^ par ses idées, par sa méthode, par son talent même d'exposition.

Son œuvre d'exégète est bien plus considérable ; elle est aussiy par sa nature même, plus spéciale; mais elle présente les mêmes caractères. Photius, qui cite quelques-uns des commentaires de Théodoret sur diverses parties de l'Écriture, les met au-dessus de tous les autres *. 11 en loue la solidité, la pénétration, et en même temps la clarté, l'ordre, la sobriété, la forme simple, élégante sans affectation, éminemment appropriée à l'exégèse. Ces éloges ne semblent pas immérités. Théodoret a hérité des meilleures habitudes de l'école d'Antîoche. 11 tient d'elle la prudence, le goût des explications solides, le mépris des fantaisies allégoriques. C'est son mérite ; mais ce mérite renferme en lui-même sa

1. Cod. 203, 204, 203. Voir en rarliculier cod. 203, l'appréciation du comnifintairo sur Daniel : ecxti ôà rriv çpiaiv, cftiç âXXoc, ép(&T}vciai; icpiitb>v.

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