Athén»'e, 111, p. li.», F
S. Ou trouve, sous le noui de Démodocos, dans VAnthologie (t. II, p. 56, Jacol»8) plusieuFH épigranimes analojifues à celle de Phocylide sur Léros. Bergk croit que répigrainine de Phocylide est une réponse à la première de Démodocos ; mais le contraire est possible aussi ; en tout cas, le Kal t6$( Ay)(jio$6xou trahit clairement, chei Démodocos, une intention de parodie.
L'ÈPIGRAMMË 159
sur AsioSy nous ne savons qu'une chose, c'est qu'il était, au (lire d'Athénée, un « ancien poète » : la nature de son inspiration, semi-épique et semi-élégiaque, semble le rattacher à la même période que Démodocos et Phocylide. — Je ne dis rien ici d'Anacréon, le poète de Téos, auteur d'élégies dont il nous reste peu de chose ; ni de XénophanedeColophon, poète élégiaque de marque, mais surtout philosophe, et que nous retrouverons à ce titre un peu plus tard; ni de Simonide de Céos, le grand lyrique, qui avait composé quelques élégies : ces élégies sont aujourd'hui perdues, sauf quelques vers détachés et un beau morceau sur la vie humaine dont nous parlerons dans un autre chapitre, en même temps que des odes de Simonide. — Faut-il enfin, dans cette énumération des poètes élégiaques, rappeler le nom de Pigrès, le frère de la célèbre Artémise? Il avait, si Ton en croit Suidas, formé l'entreprise bizarre d*insérer dans V Iliade des vers pentamètres K Mais déjà Pigrès, par les dates de sa vie, est tout à fait sur la limite de l'âge attique, où nous n'avons pas à entrer pour le moment. Pour en finir avec l'histoire de la forme élégiaque dans la période lyrique, nous n'avons plus qu'à en rappeler brièvement le dernier emploi notable , celui qu'elle trouva dans l'épigramme.
Etymologiquement, une épigramme est une inscription. Deux sortes de monuments ont surtout répandu en Grèce Tusage des inscriptions : d'abord les tombeaux, qui gardèrent do bonno Ik^u' o, comme on tout pays, le nom et le souvenir du défunt ; ensuite les objets donnés aux dieux en ofTrande et déposés dans les temples ; on sait quel était
1. V. un fragment do Pigrès dans Bergk, Poet, lyr, gr., t. II, p. 569 (3« éd.).
le nombre et la richesse de ces offrandes dans certains sanctnaires; les donateurs, comme de juste, tenaient à graver leur nom sur lobjet donnée Parmi ces inscriptions, la plupart étaient en prose. Mais on comprend que, si le mort était un grand personnage ou si l'offrande avait une valeur exceptionnelle, la prose fît place au vers, qui donne à la pensée plus de relief et plus de durée. A en croire Hérodote, le temple d'Apollon Isménien à Thèbes possédait des trépieds consacrés au dieu par Amphitryon, par Skœos et par Laodamas, et portant des inscriptions contemporaines de ces héros ^. Je n'ai pas besoin dédire qu'inscriptions et trépieds étaient apocryphes. Il est impossible de savoir à quelle date au juste l'usage des inscriptions en vers a pu commencer. Il est probablement fort ancien, mais c'est surtout à la fin du vi* et au y« siècle qu'il s'est répandu à l'infini et qu'il a produit les chefs-d'œuvre du genre. D'abord, les inscriptions avaient été rédigées en vers épiques. Les inscriptions prétendues archaïques d'Hérodote sont ainsi. Celle du tombeau de Midas, citée par Platon ', et attribuée tantôt à Cléobule de Lindos *, tantôt à Homère ', se compose de quatre vers hexamètres. Les inscriptions explicatives du coffre de Kypsélos, reproduites par Pausanias,etqui datent peutêtre du vil® siècle, sont écrites dans le même mètre ^. C'est Archiloque qui eut l'un des premiers, sinon le premier, l'idée d'employer pour cet usage le mètre élégiaque. 11
1. Ajoutons les statues, qui eurent souvent aussi des inscriptions, mais dont l'usage se répandit plus tardivement.