Diog. Laêrce, I
5. Elle figure dans le recueil d'Êpigrammes que nous avons soua le nom d'Homère.
6. Pausanias (V, 18-19) les attribue à Enmélos. Il est permis de mettre en doute cette attribution : mais les caractères, paraît-il» étaient archaïques, et certaines de ces inscriptions étaient écrites Pov9Tpo9V)86v {ibid, 17, 6).
L'ËPIGRAMME 161
nous reste sous son nom trois épigrammes formées chacune d*un distique : la première est une inscription funéraire, la seconde une inscription votive, et la troisième, s'il était certain qu'elle fût d'Archiloque, serait peut-être le premier exemple d'une épigramme au sens moderne du mot, c'est-à-dire d'une petite pièce de vers qui n'a plus d'une inscription que la forme extérieure, et qui enferme en peu de vers une pensée satirique K L'emploi du vers élégiaque dans l'épigramme fut une trouvaille d'artiste : l'épigramme eut dès lors sa forme propre et définitive. On put bien encore, çà et là, composer des épigrammes en hexamètres ou en iambes, mais ce fut l'exception. Le distique élégiaque est la forme par excellence de l'épigramme en vers; il encadre et détache la pensée à merveille; la netteté piquante de la forme conduit insensiblement, selon le mot de La Bruyère, « à y mettre de l'esprit »; le distique est une sorte de médaillon; nul cadre mieux approprié à l'expression d'une pensée courte et fine. C'est ainsi que l'épigramme, par la nature même du procédé technique, est devenue souvent railleuse, et que le mot a pris peu à peu son sens moderne. Au temps oi^ nous en sommes, elle n'est que rarement satirique. Elle ne cherche pas les pointes. Elle est encore très simple, très naturelle, avec je ne sais quoi de ferme et de large à la fois dans le dessin. Malgré la petitesse du cadre, elle est classique et grecque au plus haut degré, comme une belle médaille d'Athènes ou de Syracuse, par la justesse harmonieuse, sobre, expressive de la pensée aussi bien que de l'exécution ^.
1. Je ne parle pas des épigrammes dites homériques, qui présentent souvent le caractère do n'être plus dos inscriptions, mais de petites pièces de vers faites à l'imitation des inscriptions. Ces épigrammes prétendues homériques sont probablement toutes postérieures à Archiloque ; si elles sont en hexamètres, c'est qu'elles proviennent sans doute des écoles de rapsodes. Cf. 1. 1, p. 591.
2. Le dialecte, dans les épigrammes, n'est pas toujours ionien
Hi.it. d« U Litt. gn»cqu«. — T. II. 11
Pisandre de Rhodes, le poète 6pique S est, après Archiloque, un des plus anciens auteurs d*épigrauimes dont il nous reste quelques vers ^
Sappho, de Mitylène, avait aussi composé des épi* grammes. Nous en possédons trois. En voici une sur une jeune Glle morte : on y trouve la simplicité gracieuse de ses autres poésies :
Ici est la cendre de Tiraas, qui, morte avant l'hymen, fut reçue au sombre lit de Perséphone; quand elle mourut, toutes ses compagnes, avec le tranchant du fer, dépouillèrent leur front de leur chevelure charmante J.
Hipparque, le fils de Pisistrate, a quelques droits & figurer dans cette énumération. Il avait élevé, dit-on, sur les roules de l'Attique, à mi-chemin entre chaque dème et Athènes, des Hermès ornés d'une double inscription; Tune, où Hermès était censé parler, disait le nom du dème; l'autre destinée à Tinslruction morale des habitants, était formée d*un seul pentamètre qui contenait, avec le nomd'Hipparque, un bon conseil. En voici une^:
Ceci est un souvenir d'IIipparque : ne trompe pas ton amis.
Anacréoii de Téos avait composé, dit-on, un certain nombre d'épigrammes soit funéraires, soit votives. UAnthologie nous en a conservé plus do vingt : quelquesunes au moins semblent authentiques ^ Elles sont for-
comme il Test dans i'élé$?ie proprement dite. Il so colore plus souvent et plus librement d'une certaine teinte locale.