Frajîm
4. Fragm. 2. Cf. dans les Poetœ lyrici gr, de Bergk, t. III, p. 651 (1295 de la 3« éd.), un curieux scolion anonyme sur le même motif (Fra^m. 28 des Scolia adespota).
5. 'Atcô rpuyé; (par conséquent yt^^u'à la lie, jusqu'au fond).
Point d'arcs tendus, point de frondes, quand Ares dans la plaine heurtera la môlée : les épées feront leur ouvrage au milieu des gémissements, car tel est le combat cher aux maîtres belliqueux de l'Eubée ^
Comment ce batailleur émérite a-t-il pu écrire sur la perte de son bouclier les vers qui ont tant scandalisé les moralistes?
Quelque Saïen maintenant se pare de mon bouclier, belle arme, abandonnée par moi près d'un buisson, hélas! Après tout, j'ai fui rheure fatale de la mort : adieu l'ancien bouclier; j'en achèterai un neuf qui le vaudra bien *.
Je conclurais volontiers de ces vers, en dépit de la légende, qu'Archiloque était brave; un lâche, au lieu de faire avec cette désinvolture les honneurs de sa fuite, Taurait dissimulée. Le patriotisme, selon toute apparence, n'était guère intéressé dans Tairaire. Archiloque faisait partie d'une bande soldée; il y eut déroute, et le poète-soldat, peu ému d'une mésaventure dont il n'était pas responsable, prit le parti d*en plaisanter. Horace, au lieu de se scandaliser, a imité les vers d'Archiloque; c'était plus spirituel et peut-être aussi moral que de s'en indigner ^ — Tout n'était pas agréable dans ce métier de mercenaire ; on y était, en somme, peu considéré : deux ou trois mots d'Archiloque laissent entendre qu'il s'en apercevait, mais on ne voit pas qu*il s'en soit affligé outre mesure *; ce qui lui manquait plus que le courage, c'était peut-être une certaine fleur de délicatesse.