Fragm. 14 et
ARGHILOQ 1 185
Ces fragments élégiaques forment un total d'une quarantaine de vers. Quoique ce soit peu de chose, il est impossible de n*cn pas remarquer les rares mérites. Le mot y est toujours d'une justesse neuve et pénétrante; point de remplissages, point de répétitions inutiles (comme il arrive quelquefois chez Tyrtée); la phrase y est d'une prestesse charmante; elle vole d'un vers à l'autre, s'arrête brusquement et se pose, comme suspendue; puis repart, toujours vive, toujours amusante, à la fois naturelle et imprévue. Rien de plus élégant que le distique élégiaque d'Archiloque, avec ses coupes si spirituelles; Selon seul a autant d'élégance, mais avec plus de douceur; auprès de lui, Tyrtée est monotone et Théognis, malgré sa vigueur, est presque lourd.
Archiloque avait aussi composé des chants lyriques proprement dits, des hymnes en l'honneur des dieux, dont il ne reste que deux fragments. — L'un, tiré d'un hymne à Déméter, n'est formé que d'un seul vers (un vers asynartète)^ composé d'un dîmètre iambiqne et d'un dimètre trochaïque *. On voit que le poème était destiné à une fêle de la déesse, fête célébrée à Paros, suivant un scholiaste ^. Celui-ci nous apprend en outre qu'il y eut à cette occasion un concours entre divers poètes, et qu'Archiloque eut le prix. Le métricien Héphcstion, qui cite ce vers, dit qu'il le tire des 'loSax^o^ d'Archiloque ' : comme les 'lofiax/oi étaient proprement des hymnes en l'honneur de Bacchus avec ce refrain, 'Io> Bàx^e, d'où leur venait leur nom *, il faut conclure de là que le recueil d'Archiloque, à côté de l'hymne à Déméter, conte-