Proclus, loû. cit
5. Schol. Plat., (^rg., 451 , E ; Suidas, v. Sxo>t6v; HésychittS, v. Tt|v èiriSîÇiâv.
6. Dans le scolie en l'honneur d'IIarmodlos et d'Aristogiton (Athénée, XV, p. 69:), A), il est question d'une branche de myrte (èv |ir5pTou xXaîi TÔ Pt;joç çopi^Tw), mais non de son emploi en guise de barbitos : ce n'est peut-ôtro là qu'une manière poétique de désigner la couronne de myrte des convives.
une série de chanteurs improvisant à tour de rôle chacun un vers (comme il arrive aujourd'hui encore dans certaines espèces de chansons populaires *) et se succédant soit d'après leur place à table, soit dans un ordre plus capricieux qui pût motiver ce nom de oxoXtov. Mais les modifications subies peu à peu par le scolie et sa diffusion dans le monde grec firent promptement perdre de vue ce qui sans doute à l'origine le distinguait de tout aulre chant de table, sauf peut-être une certaine simplicité dont le souvenir persista, et l'emploi des mètres lesbiens, par où il continua do se distinguer des chants analogues d'origine ionienne, écrits habituellement en distiques élégiaques. Bref, pour les Grecs du y® siècle déjà, comme pour nous, le scolie n'était plus que la chanson de table franchement lyrique, par opposition à la chanson de table élégiaque ; et quant aux explications qu'on donna plus tard du mot axoXioy, c'étaient des hypothèses étyinologiques suggérées par le mot luimême, mais sans aucun rapport certain avec les origines vraies du genre ^.
D'autres genres lyriques que l'ode amoureuse et la chanson de table furent cultivés à Lesbos. Alcée et Sappho firent soit des hymnes, soit des hyménées dont il nous reste des fragments. Mais, de même qu'en pays dorien le scolie devait se rapprocher de l'ode d'apparat, de même, à Lesbos, le lyrisme d'apparat ou semi-reli-
1. Cf. H. de la Villemarqué, Darzaz Breiz, p. 396, et J. Tiersot, Histoire de la chanson populaire en France ^ p. 253.
2. Ajoutons seulement que, dans les scolies athéniens dont parle Athénée, l'usage de chanter k tour de rôle et séparément , que nous avons indiqué comme étant peut-être primitif, se retrouve encore fidèlement conservé. Il n'en était pas de même assurément dans les scolies de Pindaro. Mais, pour le scolie comme pour d'autres genres, à côté de la forme savante et perfectionnée, une certaine trace de la forme primitive et populaire a pu survivre dans une variété particulière du genre.