Fragm
3. Fragm. 91. J'ai suivi la division métrique et lo texte de Bôrgk (4e édition), bien qu'on puisse être tenté do rattacher à la mémo pièce le fragm. 92 et de réduire les vers du fragm. 91 à deux hexamètres.
Hist. de la Litt. grecqas. — T. II. IG
Le ton qui domine, dans les fragments des épithalames, c'est la naïvclé gracieuse. Elle compare une jeune fiancée à un beau fruit, une belle pomme douce, toute rougissante au sommet de Tarbrc, sur la branche la plus haute :
Ceux qui faisaient la cueillette Toni oubliée; oubliée? non, mais ils n'ont pu ratteindre *.
Cette correction est bien naïvement spiriluelle. Et ceci encore, avec le jeu délicat des mots cpepeiv et àicocpépeiv :
0 soir, toi qui ramènes tout ce que disperse au loin la brillante kurore — tu ramènes la brebis, tu ramènes la chèvre, — voici qu'à la mère tu emmènes son enfant *.
On peut deviner, même à travers l'insuffisance d*une traduction, quelques-unes des qualités du style de Sappho : la justesse vive et le réalisme discret de Texpression, l'éclat des images, la netteté de la phrase presque toujours courte, parfois d'une extrême douceur, mais parfois aussi rapide et vibrante. Il faut ajouter à ces traits ceux que toute traduction efface, la naïveté expressive du dialecte lesbien, la hardiesse des épiihètes composées, souvent accumulées avec une liberté toute lyrique, la liberté sonore du rythme. L'impression générale qui se dégageait du style de Sappho était celle dune douceur élégante, d'une grâce brillante et pure. Denys d'Halicarnasse cite Sappho à côté d'Anacréon et de Simonide parmi les maîtres du style aisé, coulant, agréablement mélodieux ^ Cette appréciation est juste, mais il faut la bien entendre : l'élégance de Sappho n'est pas une élégance