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LES DIVERS GENRES LYRIQUES

surtout personnelle, où le poète se met franchement en scène, où il dit ses sentiments, ses passions, ses idées mêmes en tant qu'elles sont bien h lui, et les genres où le poète n'est que l'interprète de tous, le porte-paroles d'une foul(3 derrière laquelle il s'efface plus ou moins discrètement.

Dans le premier groupe, celui de la poésie personnelle, des différences capitales de rythme et do mètre établissent une distinction bien nette entre Télégie, ordinairement grave et parfois sentencieuse, la poésie iambique, satirique et agressive, et l'ode lesbienne ou ionienne, qui chante la passion et le plaisir ^

Dans le second groupe, celui de la poésie épidictique ou d'apparat (pour prendre un terme emprunté à la rhétorique grecque), des différences analogues de fond et de forme établissent des subdivisions entre les genres. — II y a d'abord ceux qui se rattachent au culte public: les uns monodiques, comme le nome; les autres exécutés toujours ou le plus souvent par des chœurs, comme le pcan, au rythme noble et grave; leprosodion, qui accompagne la marche d'une procession; le parthénée, variété du prosodion ; Xhyporchème^ au rythme vif et à la danse expressive; le dithyrambe^ au chœur circulaire et tumultueux. Tous ces chants, essentiellement consacrés aux dieux, s'appellent d'un nom générique des hymnes. Mais plus tard l'hymne change d'emploi et en vient à célébrer aussi de simples héros, puis des hommes. — De là de nouveaux genres, dont le plus célèbre est Vépinicie

1. Avfic la plupart des modernes, je rattache à la poésie lyrique TÉlégic et l'ïambe, qui, pendant longtemps, ne s'en distinguèrent pas essentiellement. Mais il convient d'ajouter que les Grecs réservaient le nom de poésie lyrique ({léXo;, {isXtxr, 7roiT,<ii;) à la chanson d'une part et de l'autre à la grande poésie monodique et chorale, c'est-à-dire à des formes de poésie plus complètement et plus richement musicales. L'Élégie et l'ïambe (surtout le trimétre iambique), étaient d'une structure trop simple, pour admettre une mélodie variée.

(sTTivîxiov a<7[i.a), c'cst-à-dirc le chant de victoire en Tlionneur des vainqncurs aux jenx publics; d'autres n'ont guère de nom qui leur soit tout à fait particulier et sont habituellement désignés par le nom générique iVe?icO' mîo)i^ qui s'applique proprement, selon Tétymologic, h toutes les sortes d'hymnes destinés à étrcî chantés après un festin, dans le comas iïxinçi fête solennelle, ordinairement en riionneur du riche personnage, roi, prince ou noble, qui donne la fêle. Il y eut des oicomia pour des occasions 1res variées : jours de naissance, deuils, mariages; ce furent des formes nouvelles et savantes de l'ancien Ihrèiie, de l'ancien hyménée, d'origine populaire et déstructure plus simple. Peu à peu, par une extension naturelle du sens primitif, le nom à'enconiiou on vint à désigner tous les chants consacrés à la vie humaine, quelle qu'en fût l'occasion, et le mot iVIn/mnc revint alors à son sens primitif : il désigna de préférence les chants en Thonneur d(»s dieux ^ Mais celle acception techm'que et limitée est de date assez récente. Dans Tanliquilé classique, les épinicies de Pindare, ses chanis de deuil et ses enconiia de toute sorte s'appelh'Ul des In/mufn. On voit assez, par C(ît aperçu même, qu'il ne faut pas j>rendrc toutes ces «listinctions trop à la lettre, ni croire qu'entre chaque subdivision (surtout dans la poésie cpidictique) il y eût comme une barrière infranchissable. Le mouvement de la pensée et la vie même de l'art ont sans cesse modifié ces divers genres, rapprochant ceux qui étaient séparés et séparant ceux (|ui élaient voisins. Même les différences fondées sur l'exéculion, monodiijue ou chorale, ne sont pas stables. (Vest ainsi que le nome a fini par devenir, au v*" siècle, une manière de drame; que le péan, suivant Proclus, a (|uel(|uefois été chanté [)ar une seule voix, non par un clueur; (|ue le chant de

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