‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 217 sur 467 · nep\ <i"/T)|AaTtov, 6î · texte numérisé non relu

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3. Les vers conservés de VUymne aux Dioscures n'auraient pu iroaver place dans les strophes du présent poème.

4. Bergk lit, au v. 61, 'Op6îa au lieu do ôpOpta ouopOptai que donne lé papyrus.

5. V. 62. Les mots vuxra li' àpL^poa^av font probablement partie de la comparaison qui suit, comme daQS Pindaro, OL I, 1-^ : ..* «iOi|uy%é nOp — are 5i«icplicti vwxt{, etc. ■ ' - --..-.

ALGMAN 295

Les trois premières strophes, très mutilées, ne laissent plus guère voir que quelques noms propres et quelques épithètes çà et là. Ces misérables débris sont pourtant d'un grand intérêt. Les noms propres sont ceux de Pollux, puis des fils d'Hippocoon. Un récit mythique remplissait donc CCS strophes. Suivant l'habitude d'Alcman, rénumération s'y prolongeait avec ampleur : tous les fils d'Hippocoon s*y succédaient Tun après Tautre. A la On, elle venait aboutir à cette conclusion morale :

Ayant osé commettre d'horribles actions, ils ont souffert de grands maux.

C'était la fin du mythe.

Au début de la strophe suivante, une maxime morale servait de transition :

Il est une vengeance divine : heureux qui vit sagement et sans larmes; pour moi je chante Agido, etc.

Et tout d'un coup le poète, abandonnant la légende, revenait aux jeunes filles du chœur pour ne plus les quitter. On saisit là sur le vif ce mélange du religieux et du profane, du divin et de l'humain, que les anciens signalent comme un des traits du parthénée. Le passage se fait, chez Alcman, avec une brusquerie tout h fait naïve. A partir de là, le ton change, et le poème, qui avait dû s'ouvrir par des catastrophes et des combats, finit par des éloges de la beauté.

Les trente vers qui suivent sont relativement bien conservés. A les prendre un par un, le sens n'en parait pas trop obscur. Mais quand on veut les lire de suite, mille difficultés apparaissent. Deux noms de jeunes filles, Agido et Agésichora, s*y succèdent sans cesse, et leurs éloges s'y entrelacent de telle sorte qu'on ne sait plus comment les démêler : on en vient à se demander parfois

si les deux noms ne désignent pas une seule jeune Cile. Mais d'autres vers (mutilés, il est vrai) semblent s'y opposer \ Les comparaisons brillantes tirées do la lumière, du soleil, des astres, de la nuit^ de Tor et de l'argent, se pressent et s'accumulent pour célébrer leur beauté. D'autrès, plus familières, mais non moins expressives, sont tirées de la crinière des coursiers, de leur vitesse égale à celle des songes ailés; une autre encore peut-être (mais le sens est plus (jioutcux) les montre pareilles à deux colombes qui luttent de rapidité dans leur vol. L'abondance des images est extraordinaire. Ce qui no l'est pas moins^ c'est la vivacité du style, tout en phrases courtes, en interrogations, en tours vifs et familiers. Mais cela même ajoute à la difficulté du morceau. Dans cette agitation incessante, la suite des idées échappe. 11 semble évident que ce n'est pas le poète lui-même qui parle en son nom; c'est sans doute quelque jeune fille du chœur; car elle désigne familièrement Âgésichora comme sa cousine (« la chevelure d' Agésichora, ma cousine, brille comme un or pur »); mais est-ce toujours la même qui chante? N'y a-t-il pas comme un dialogue entre doux personnages? Autant de questions à peu près insolubles. Les trente derniers vers enfin sont extrêmement mutilés, et les restitutions qu'on en a tentées sont trop douteuses pour qu'on puisse en tirer grand profit. Mais le même éclat d'images, le même goût pour les énumérations prolongées s'y révèle encore, jusque dans l'extrême altération du texte. Les jeunes filles qui forment le chœur y sont toutes nommées avec quelque épithèle gracieuse, comme pour faire pendant aux énumérations mythologiques du début. De plus, les premiers vers de cet épilogue étinccllcnt des reflets de l'or et de la pourpre. C'est donc bien là un caractère essentiel du

poèlc; les autres fragments sufGsaient à le faire pressentir; la découverte du papyrus no laisse place à aucun doute : le premier en date des maîtres du lyrisme choral (car Thalétas n'est plus qu'un nom) brille d'images et de figures. Par là, il annonce Piudaro. Mais il n'a ni la majesté soutenue, ni la brièveté concentrée du grand lyrique, si dorien d'esprit : pour lui, facile, abondant, familier, il se rattache en bien des points à l'ionic.

Le tombeau d'Alcman, selon Pausanias S se voyait à côté des monuments de ces héros qu'il avait chantés. Comment la sévère cité dorienne avait-elie adopté aussi complètement un poète si peu dorien, scmble-t-il, par l'imagination et par le style? C'est sans doute que la beauté des Qlles de Sparte n^était nulle part célébrée en traits plus énergiques et plus brillants : c'est qu'il avait rendu mieux que personne tout un aspect de la vie lacédémonienne qui nous échappe aujourd'hui en grande partie, la grâce sculpturale de ces chœurs de danse qui, suivant Terpandre comme suivant Pindare, faisaient h Sparte autant d'honneur que la vaillance do ses guerriers ^

§ 3. Arion; le dithyrambe.

Arion, qui est quelquefois donné comme un disciple

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