Pausanias, III
2. La notice de Suidas mentionne encore un ouvraji^o d'Alcman, Les Plongeuses (KoAu(xoâ>aat). qui semblerait avoir été distinct de ses poésies lyriques proprement dites (ixéXti) : nous ne savons co que eela veut dire. Il est aussi question dans Hésychius de certains chants d'AIcman appelés KXs'j/iapigot (cf. Hésychius, Lexique, s. v.); on sait que ce mot servait à désigner un instrument do musique employé par Archiloque; nous ignorons à quoi se rapporte au juste Tindication dTlésychius empruntée à Aristoxène. Quant aux 'EpcoTixà qu'on parait avoir également attribués à Alcman, il sufflt de les avoir signalés d'un mot en passant, un peu plus haut.
d'Âlcman ^ est, avec celui-ci et Thalétas, lo troisième des véritables fondateurs du lyrisme choral. Ses deux prédécesseurs avaient appelé à la vie de l'art le péan, Vhyporchème^ le parthénéCy c'est-à-dire des compositions d'origine apollinienne exécutées par un chœur quadrangulaire^, le chœur Spartiate à trois, quatre ou cinq Glcs^, aux mouvements plus ou moins vifs, mais toujours harmonieux et mesurés. Arion met on lumière le dithyrambe^ d'origine dionysiaque, exécuté par un chœur circulaire *, sur une mélodie tumultueuse et passionnée. On sait la destinée du dithyrambe, qui devait donner naissance au drame tragique et satyrique, sans cesser pour cela d'exister par lui-même et de briller encore d'un vif éclat. L'apparition du dithyrambe dans l'histoire littéraire marque donc une date considérable.
L'origine de ce genre est fort obscure ^ Le nom même en est singulier. Ceux de l'hyporchème, du prosodion, du parthénée sont transparents et faciles à comprendre : celui du péan, plus obscur, a du moins une tournure grecque. Mais le mot de dithyrambe a un air exotique. Est-ce un mot d'importation étrangère et relativement réconte, comme le croient quelques savanls? Ou bien estce un très vieux mot d'origine antéhellénique? La seconde hypothèse est la plus probable. On est conduit à rapprocher, au point de vue de l'élymologie, les mots