s'agit du sanglier de Galydop
5. Anecdoia de Bekker, II, p. 783, 14 ; fragm. 34 de Stésichore. . ;
du cycle troyen étaient honorés d'une manière particulière dans les villes de la Sicile et de la Grande-Grèce, qui aimaient à faire remonter jusqu*à eux leurs origines et qui rattachaient volontiers leur propre histoire à la légende des Retours. Un passage curieux d'un traité apo* cryphe d'Aristote ^ énumëre quelques-unes des fêtes qu'on célébrait à Tarente, à Syfoaris, à Métaponte, en rhonneur des anciens héros, et donne le détail de leurs reliques : dans tel temple, on montrait les flèches de Philoctète; dans tel autre, les instruments à Taido des* quels Épéos avait fabriqué le cheval de bois. Il était naturel que l'hymne épique prit naissance dans un pays où les souvenirs de l'épopée étaient restés si vivants : c'est dans des fêtes de ce genre que les poèmes de Stésichore durent être exécutés.
Une réforme rythmique capitale répondit à ce changement dans la nature de l'hymne. Jusque-là, un poème lyrique se composait presque toujours d'une suite de strophes semblables entre elles. Alcman, nous l'avons vu, avait eu le sentiment que cette structure était monotone, et il avait imaginé d'associer parfois dans une môme ode des strophes ditférentes, mais il n'avait pas trouvé le vrai principe de cette association : il mettait d'abord sept strophes d'une façon, puis sept d'une autre, à la file : cela faisait comme deux poèmes; ou bien il les réunissait trois par trois, semble-t-il, de manière à ce que chaque groupe se distinguât du suivant au moyen d une légère particularité métrique; mais la distinction était trop peu sensible. Stésichore résolut le problème avec une simplicité pleine d'élégance. Il eut l'art de varier la structure des strophes de la manière la plus nette et la plus sensible sans briser l'unité de Tensemblé; il
1. IIspl 6au(j.a<T(b>v âxou7(iatb>v, 106-110 (p. 840, Bekker). Gt. Strabon, VI, p. 264.
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sut grouper des parties dissemblables de manière à former un tout vivant et harmonieux. Pour cela, il n'eut qu'à intercaler, après deux strophes exactement semblables et symétriques, une troisième strophe différente, qui fermait le cercle : après la strophe et l'antistrophc, il mit une épode. C'est ce qui s'appela la triade de Stésichore ^ On voit l'effet produit : d'abord, toute monotonie disparatt; de plus, la slrophe cesse d'être l'unité essentielle de Tode : elle abandonne ce rôle à la triade, plus ample, plus variée dans ses éléments, plus capable de supporter les longs développemenls que les progrès do Tart allaient exiger des poètes. D'un seul coup, la puissance do développement du lyrisme était triplée. Cctle trouvaille de génie fixait d'une manière définitive le cadre essentiel du poème lyrique : en possession do la triade, il put tout faire et tout oser. Parfois, sans doute^ on revint encore à la strophe simple, ou bien au contraire on chercha des combinaisons plus variées; mais ce ne fut que par exception : la triade est la forme classique du lyrisme grec, celle qui domine chez les successeurs de Stésichore, et que Stésichore lui-même, après l'avoir inventée, applique partout ^.
En même temps que la triade devenait comme une sorte de strophe nouvelle, la strophe primitive subissait aussi de profonds changements. Chez Alcman, la slrophe était souvent fort courte, trois ou quatre vers, comme