Ta Tpta Sryjo'ix'^poy
2. 'EtiwSixt) 'îcâ<7a ^ toû Styivi^^Pou TCo{ir)<Tic, dit Suidas (v. Tp(a £Tr|<n- X^pou). —On a cherché à expliquer les mots slrophe et antislrophe en supposant que le chœur, durant la strophe, se tournait dans un sens, et, durant Tantistrophe, faisait un mouvement coDtraire(cf. ThesautmSf y. STpoçr,). Mais le sens de ces deux mots n'a peut-être aucun rapport avec les conversions problématiques du chœur : il est probable que (irpo^TJ, comme icepbSoc qui a le même sens, signifie une phrase^ un circuit de paroles ou de notes musicales formant un tout.
dans les chansons des Lesbicns : quoique nous n*ayoD8 plus une seule strophe entière de Siésichore, il n'est guère douteux que ce cadre étroit du lyrisme primitif n'ait entièrement disparu de ses compositions ^ Âlcman kii-mème avait composé parfois des strophes de quatorze vers. Slésichore a dû se rapprocher souvent de cette mesure : nous n'en avons pas la preuve matérielle, mais cela résulte presque certainement de la nature de sa poésie et de la force même des choses *. — On connaît mieux les changements qu'il apporta dans la vcrsi- Gcation et dans la rythmique. Les rythmes de Stésichore sont de deux sortes. Les uns, nettement dactyliques ', sont représentés par des vers ordinairement très longs où les dactyles et les spondées se succèdent à peu près comme dans l'hexamètre éj)ique : ce nouveau mètre, comme les mètres dactyliques d'Alcman, dérive du vers homérique; mais tandis que celui-ci, chez AIcmàn, se réduisait d'ordinaire à la mesure plus courte et plus vive du tétramètre, chez Stésichore au contraire il s'allonge jusqu'à une grandeur de sept ou huit pieds. Tout, chez lui, s'amplifie et s'étend à la fois. Â côté de ces grands vers dactyliques, il y en a d'autres où Ton voit des dactyles associés à des trochées, mais non pas (comme chez Alcman ou chez les Lesbiens) de manière à former des logaèdes : chez Stésichore, dactyles et trochées constituent des membres distincts, et les trochées se présentent sous cette forme particulièrement grave et solennelle
1. Au moins des grands hymnes épiques qui formaient la partie la plus considi'rable de son œuvre.
2. M. Flach (p. 332) suppose que la locution proverbiale iravta 6xxé (cf. Suidas, s. v.), dont on rapportait l'origine au monument de Stésichore (il avait, dit-on, huit côtés, huit statues, huit degrés), cachait plutôt peut-ôtre le souvenir de la composition strophique de Stési« chore, qui aurait habituellement écrit des strophes de huit vers. C'est ingénieux, mais bien incertain.