Voir les textes dans G. Millier, t. I, p. xxxv-xxxvi
PHÉRÉGYDE DE LÉUOS — GHARON 549
dit Suidas, la naissance et la succession des dieux. Il nous reste do cet ouvrage plus do cent fragments ^ C'était un travail analogue à celui d*Acusilaos, mais plus complet, avec un mélange de généalogies sèches ^ et do petits romans mythologiques ^ L'un de ces récits, sur Jason et Pélias, nous a été conservé par le scholiaste de Pindare *, à peu près textuellement, à ce qu'il semble. Le morceau est écrit en ionien, mais non pas très pur : il est teinté d'atticisme, en partie sans doute par la faute du copiste, mais peut-être aussi parce que Phérécyde avait écrit son ouvrage à Athènes. Le style en est intéressant par la brièveté des phrases, courtes, simples, naïvement égrenées, pour ainsi dire, et à peine rattachées les unes aux autres par les liaisons les moins logiques. C'est un curieux exemple de ce qu'Aristote appela plus tard le stylo « juxtaposé ^ »
Charon de Lampsaque était un peu antérieur à Hérodote, suivant Plutarque *. C'est à peu près tout ce que nous savons de sa biographie. On citait de lui plusieurs écrits : les Persiqiies, les He/irniqiœs, les Fo7idations (IvTidsi;), les Annales de Lampsaque ('Qfoi Aa[j4«>'-'snvûy). Il y avait évidemment, dans tous ces ouvrages, beaucoup de mythologie, beaucoup aussi de ces anecdotes romanesques dont nous avons déjà vu des exemples chez les autres logographes. Quelques-unes nous ont été conser-
1. J'appelle de ce nom, pour abréger, môme les simples mentions qui en sont faites par les écrivains anciens et d'où l'on peut tirer la connaissance de quelque détail positif.