‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 440 sur 467 · VÉRACITÉ · texte numérisé non relu

VÉRACITÉ

l'effet do sa prétendue démonstration. Si Ton oxamîno les choses avec soin, on arrive à cette conclusion qu'à cet égard encore il est très difficile de convaincre Hérodote d'injustice. Un des traits les plus frappants de son caractère, c'est une curiosité généreuse, une vive sym-. pathic intellectuelle pour tout ce qui est grand, noble, extraordinaire ; avec cela, une sorte d'ingénuité, de candeur, qui lui fait mêler, s'il le faut, des réserves à la louange, quoi qu'il puisse lui en coûter, et qui le retient dans une habituelle modération : il n'a rien d'un déclamateur. Il est très fier d'être Grec, mais il n'a nul mépris pour les Barbares : il dit expressément au début de son livre, comme la chose la plus naturelle du monde, que les hauts faits des Barbares y trouveront place 5 côté de ceux de ses compatriotes. Il a été ravi de toutes les merveilles qu'il a vues en Egypte et en Orient ; il admire la piété des Égyptiens et l'antiquité de leurs traditions. D'ailleurs nulle particularité de mœurs, si étrange qu'elle puisse paraître à un Grec, n'a le pouvoir de le scandaliser ; il s'émerveille do tout et ne se choque de rien. « La coutume, dit Pindare, est la reine du monde » : Hérodote cite ce mot célèbre à propos d'une bien jolie histoire destinée à démontrer que chaque peuple préfère ses propres usages, mais qu'au fond peutêtre les uns valent les autres *. Hérodote est un philosophe souriant qui s'amuse de la diversité des choses et n'a pas de parti-pris. Il blâme souvent Sparte de ses lenteurs, de son égoïsme, de ses calculs mesquins ; mais quand Léonidas meurt héroïquement aux Thermopyles, quand Pausanias est victorieux à Platée, il ne voit plus que leur gloire et la dit avec la même ingénuité que les défauts habituels à la politique de leur cité. Convaincu qu'Athènes a sauvé la Grèce, il le déclare avec une entière

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