‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 441 sur 467 · IlL · texte numérisé non relu

IlL

sincérité , malgré la défaveur qui s'attache alors aux amis d*Âthèocs dans la plus grande partie du monde grec K Nulle exagération d'ailleurs : il parle de Marathon et de Salamine simplement, bien que ce soient des victoires athéniennes. Il ne dissimule ni les rivalités, ni les hésitations qui faillirent compromettre le succès. On a finement relevé quelques traces de son peu de goût pour les Ioniens, dont il était pourtant, et dont il ne voulait pas être ; mais Tctude la plus attentive a relevé chez lui des tendances légères plutôt que des injustices caractérisées'. Il montre les Thébains, il est vrai, sous un jour odieux, et c'est de quoi Plutarque est surtout fâché; mais ce n'est pas la faute d'Hérodote si les Thébains se sont mal conduits. Tliucydide, sur ce point, est d'accord avec Hérodote, et Pindare lui-môme témoignerait en faveur de sa véracité. Les attaques dont l'ingénuité d'Hérodote a été l'objet s'expliquent si facilement soit par la passion même de ceux qui les ont énoncées, soit par le goût de certains écrivains grecs pour les inventions frivoles et dénigrantes, qu'elles n'ont aucune valeur ^ Au total, rien ne saurait prévaloir contre l'impression générale de candeur, de sincérité, de modération, qui se dégage de tout l'ouvrage d'Hérodote. Il faudrait des raisons positives bien fortes pour détruire cette impression. Or les raisons alléguées, à mesure qu'on y regarde de plus près, se dissipent et s'évanouissent.

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