‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 442 sur 467 · VII · texte numérisé non relu

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2. Cf. A. Hauvctto, Hérodote et les Ioniens, dans la Revue des Etudes grecques, 1888. p. 257-2%.

3. Voir, par exemple, rhistorietle sophistique rapportée par Dion Chrysostome {Disc. XXXVII, p. 103, Ileiske), qu'Hérodote, n'ayant pu obtenir des Corinthiens pour une lecture la somme qu'il voulait, raconta comme il l'a fait (VIII, 9i) leur rôle à Salamine.

S 3. Méthode et critique d'Hêhodotb.

Parmi les faits qu'il rapporie,Hérodoto aimo à distinguer eotro ceux qu'il a vus lui-même et ceux qu'il sait seulement par ouï-dire; à quoi il ajoute une mention spéciale pour ceux qu'il établit par raisonnement ou par conjec* ture^ Mais comme ceux-ci encore, en dernière analyse, reposent sur des faits du premier ou du second groupe, tout se ramène en somme à savoir comment Hérodote sait user soit du témoignage do ses sens, soit des informations qui lui sont fournies par autrui.

Les faits dont il doit la connaissance à son observation personnelle (o^t:) sont nombreux. C'est le cas pour mainte description de monuments, de pays, de coutumes ; non pas pour toutes, cependant, car il emprunte nécessairement beaucoup aux dires d'autrui. Quelle foi mérite-t-il quand il déclare parler de nsu"? Notons qu'il ne suffit pas toujours d*ètre sincère pour être exact : on a pu dire justement de tel voyageur- poêle, dans notre siècle même, qu'il avait le don de l'inexaclilude. Il y a des esprits naturellement inexacts. D'autres, très exacts par nature, échouent par la faute des circonstances : Thucydide, par exemple, indique fort mal la largeur des passes de Sphactérie; c'est qu'une bonne vue, même au service du meilleur esprit, ne suffit pas toujours pour apprécier une distance, si elle n'est aidée par remploi des instruments, redressée par la comparaison des expériences antérieures, avertie par l'usage ordinaire des cartes et des plans. Tous ces secours, si abondants aujourd'hui, n'empêchent pas les modernes de faire des erreurs; il faut s'attendre à trouver bien plus do fautes encore chez les anciens, dépourvus de ces pro-

1. Par exemple, II, 99. où il distingue expressément ces trois modes d'information : à'J/i;. àxor, (Ta r.xo-jov), vvcopir,.

cédés de conlrôle et d'éducation. Il est donc impossible qu'Hérodote ne se soit pas trompé souvent, surtout si Ton songe qu'il écrivait ses souvenirs une fois de retour, sur des notes à coup sûr insuffisantes, et sans moyens de vérification. Mais il a souvent bien vu, et rien do plus net, de plus frappant, de plus juste quant aux grandes lignes, que certaines de ses descriptions.

Voici quelques exemples d erreurs. Il dit avoir vu des peintures représentant le phénix, et il ajoute que, pour la taille et la figure, cet oiseau ressemble à un aigle ^ Or il n'en est rien : le phénix des peintures égyptiennes, dit M. Sayce, ressemble plutôt à un héron. Gela ne prouve pas qu'Hérodote ait menti, mais cela prouve qu'il a dû confondre l'imago du phénix avea quelque autre, peut être avec celle de cet aigle qui, dans les hiéroglyphes, représente le son A. Ailleurs, il a mal vu. Par exemple, dans sa description des roches sculptées de la passe de Karabel- (à trente kilomètres de Smyrne, en lonie), il met l'arc des guerriers dans leur main gauche et leur lance à droite, tandis que c'est le contraire qui est vrai. Il se trompe aussi dans l'évaluation de leur taille. M. Sayce ne manque pas de relever ces erreurs, mais, chose curieuse, il en commet lui-même une assez plaisante, car il dit que la taille des guerriers est double de celle qu'indique Hérodote, tandis qu'elle est réellement à peine plus grande ^ Ajoutons que les sculptures sont à plus de quarante mètres au-dessus du sentier, ce qui rend les erreurs excusables. On pourrait multiplier les exemples de cette sorte indéfiniment : il y en a une foule dans Hérodote. C'était inévitable, et ce

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