‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 444 sur 467 · Les Siçôépat oafftXixal dont parle Ctésias · texte numérisé non relu

Les Siçôépat oafftXixal dont parle Ctésias

2. Hérodote, II, 439 (... ol (lèv, (S>; elxb;, xaT* i|iTCOp^v« o\ tk orpocTeu-

en loDgs récits. — De même pour les informations géographiques : en dehors de ce qu*Hérodote avait vu par lui-mémC; en dehors aussi des écrits d'Hécatée ou de quelques autres, c'était surtout aux voyageurs, aux guides de caravanes, aux marins revenus de quelque navigation, aux marchands, à la population vagabonde des grands ports de la Grèce ou de la Phénicie, que l'historien pouvait demander des renseignements.

On voit la variété de ces sources d'information, et en même temps leur caractère commun : elles ont presque toutes, à des degrés divers, quelque chose de populaire, d'incomplet, de hasardeux. Ce qui doit sortir de là, c'est une masse de dires non vériGés, de faits indifféremment puérils 0*1 considérables, do choses tour à tour minutieusement exactes ou naïvement merveilleuses, de souvenirs précis et de légendes. Hérodote a patiemment recueilli toutes sortes de matériaux. L'abondance des informations, chez lui, est extrême : quand on y réfléchit, on est émerveillé de la quantité de faits et de noms propres qui se pressent dans les neuf livres de son histoire, à une date surtout où les écrits historiques sont rares et où chaque détail réprésente une somme considérable de recherches. Mais il reste à se demander quelles qualités générales d'esprit et quels procédés techniques il a mis en œuvre dans le triage si difficile de cette matière confuse et d'inégale valeur.

On peut dire qu'il a deviné très heureusement les règles qu'un bon sens naturel aiguisé pouvait suggérer à un Grec du v® siècle, imaginatif et croyant : ce qui lui manque surtout, c'est, d'un côté, la connaissance de certaines sciences spéciales qui n'étaient pas encore constituées de son temps, et, d'autre part, cet élément supérieur de la critique qui consiste moins dans l'application de certaines règles particulières que dans une sorte de philosophie générale et dans la culture scientifique de l'esprit.

II est avisé, prudent, fin ; il n'est ni savant de métier ni philosophe. Voilà, en deux mots, l'étendue et la limite de Tcsprit critique chez Hérodote.

Par exemple, de même qu'il met de la différence entre ce qu'il a vu lui-même et ce qu'on lui a rapporté, de même il distingue fort bien entre un bruit vague et l'affirmation d'un témoin oculaire *. S'il rapporte un fait nouveau ou surprenant, il elle des autorités : c'est Archias, ou Dikseos, ou Thersandros qui l'ont raconté les premiers de vivo voix, soit à lui-même, soit à d'autres, et il dit par quels intermédiaires le récit a passé ^. 11 sait douter, et ne se porte pas garant de tout ce qu'il rap* porte :

Je dois dire ce qu'on raconte, mais non pas tout croire sans réserves; que celte déclaration s'applique à tout mon ouvrage 3.

Et sans cesse il lui arrive de rapporter des traditions à l'égard desquelles il dégage sa responsabilité. Il met ainsi d'accord, de la manière la plus heureuse, et sa conscience d*hislorien et la satisfaction de notre curiosité : car ces récits qu'il ne veut pas donner pour vrais sont pour la plupart aussi délicieux que peu conformes à la réalité, et c'eût été grand dommage s'il avait dédaigné de les recueillir. Très souvent aussi, entre deux ou trois formes divergentes d'un même récit, sa critique hésite: il ne sait laquelle choisir; il refuse alors de se prononcer ; il fait le lecteur juge du débat et lui soumet toutes les pièces avec impartialité. En tout cela, on ne peut que louer la prudence et le bon sens de l'histo-

i. III, il5;IV, 16.

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