De Mus., c. 8 et
9. Bergk admet {Poel. lyr, gr,, t. III, 4«éd., p. 203), sur la foi d*un passage d'Athénée très al tôré (XIII, 610, C) et corrigé conjecturalomont
Olympos, Terpandre, Clonas, sont donc, suivant la tradition, les ancêtres glorieux qui fondent la musique grecque et la poésie nomique. Bien que les autres genres de poésie lyrique apparaissent presque aussitôt après la date qu'on peut regarder comme celle où eux-mêmes durent cesser de chanter, le nome, qu'ils avaient orga* nisé, continue de vivre quelque temps encore on se conformant aux exemples laissés par les créateurs ^
On voit cependant, par le petit nombre des noms de poètes que nous avons pu citer, par la rareté des souvenirs précis, combien cette première période brillante du nome fut peu durable. Avec la Gn du vii^ siècle, les poètes nomiques disparaissent presque entièrement. Au temps de Simonide et de Pindare, les maîtres de la poésie lyrique font des péans, des hyporchèmes, des odes triomphales; ils ne composent plus de nomes. Ce genre subit pendant plus d'un siècle une sorte de disgrâce : il s'éclipse et s'obscurcit. Puis, brusquement, il revient à la lumière, mais transformé. Au v® siècle, avec Timothée, le nome se fait dramatique etchoral, comme le dithyrambe du reste; et, sous cette nouvelle forme, il parcourt encore une longue carrière. Nous n'avons pas à nous en occuper pour le moment. La seule espèce de nome dont
par Casaubon, que Sakadas avait aussi composé une 'IXtou icépaiç où se trouvait uno longue énumération des guerriers grecs enfermés dans le cheval de bois. Que pouvait être ce poème ? Il semble, d'après le passage d* Athénée, que c'était un récit lyrique à la façon de ceux de Stésichore. Mais le nom de Tauteur est trop incertain pour qu'il soit utile de pousser plus loin les conjectures.
1. On remarquera qu^il n*est jamais question du nome citharistique, c'est-à-dire pour cithare seule, sans voix. C'est que le jeu de la cithare isolé du chant n'eut jamais en Grèce une importance comparable à celle de la citharédie ou de l'aulétique. La nature de la cithare, si peu expressive, explique assez ce fait.
Tétudo appartienne à ce chapitre, c'est le nome primitif, monodique, celui de ïerpandre et de Glonas. Ce nome, nous Tavons vu, cesse d'avoir une histoire après Arion et Sakadas.
Mais déjà d'autres genres lyriques, en grand nombre, ont commencé de s'épanouir : Télégio, Tiambe, la chanson, puis le lyrisme choral d'apparat. Celui-ci, avec sa solennité presque religieuse (même dans les sujets profanes), est à certains égards plus voisin du nome que les trois autres. Mais il s'en distingue en réalité par des différences techniques si profondes que son apparition ou son développement à Sparte forme véritablement une seconde période distincte, un second âge de la musique, Seurépa xaràdTaTi;. La logique est donc d'accord avec la chronologie pour nous commander d'étudier d'abord l'élégie, l'iambe et la chanson.
LA POESIE ELEGIAQUE
U[DLIOaRA.PHIE
Manuscrits. De tous les poètes élégiaques, le seul dont nous ayons des manuscrits suivis et distincts est Théognis. Les autres ne nous sont arrivés que par fragments, et ces débris sont épars dans toute la littérature de Pantiquité. Les manuscrits de Théognis sont assez nombreux. Les principaux sont : un ms. de Venise, bibliothèque Saint-Marc, 522, désigné, depuis Bekker, par la lettre K; un ms. du Vatican, 915 (0); et surtout le meilleur de tous, le Mutinensis (A), aujourd'hui à Paris, Bibliothèque nationale, Supplément grec, n<> 388 (contenant huit ou dix ouvrages différents); on Pattribue au x" siècle.
Sur les manuscrits de Théognis, voir surtout Bergk, Rhein, Mus., nouv. série, III, p. 206 sqq. et 396sqq.Gf. Jordan, Om»stiones Theognidex, Kœnigsberg, 1885.
Editions. L'édition prmceps des élégiaques grecs fut publiée à Venise, par Aide Manuce, en 1495. A citer aussi, parmi les anciennes éditions, celle de Gamerarius, 1551.
L'ensemble des fragments élégiaques a été maintes fois publié, soit dans des collections générales, soit à part. Dans les Poelœ minores de Gaisford (Oxford, 1816-1820), ils occupent le tome III; dans les Poètes grecs de Boissonade (Paris, 1823- 1832), le tome III également. Les éditions des poètes lyriques mentionnés au chapitre précédent comprennent aussi les fragments des poètes élégiaques (t. II dans Bergk).
Hartung, Die Griechischen Elcgiker^ Leipzig, 1858-1859, a donné, en deux volumes, une édition des élégiaques accompagnée d'une traduction allemande et de notes : le premier vo-
lume comprend les poètes antérieurs à la mort d'Alexandre ; le texte présente beaucoup de corrections conjecturales.
Editions séparées de Solon et de Tbéognis : — Solonis car^ minum quœ supersunty édition avec notes de Nie. Bach, Bonn, 1825. — Theognidis Megarensis elegi, édition critique de Bekker, avec des notes Variorum, Leipzig, 1'® éd. 1815, 2® éd. 1827. — Theognidis Megarensis reliquix, édition de Welcker, Francfortsur-le-Mein, 1826 (prolégomènes étendus, essai pour disposer les vers du poète dans un nouvel ordre, notes critiques et explicatives). — Theognidis elegiœ, de Ziegler (2« édition, 1880); et Theognidis reliquiœ, de Sitzler, 1880; éditions critiques. Cf. l'article de Leutsch dans le Philologus, t. XXIX, p. 636-690.
Une traduction française des principaux élégiaques grecs anciens a été publiée (avec celle d'Hésiode) sous ce titre : Poètes moralistes de la Grèce , notices et traductions par MM. Guigniaut, Patin, Jules Girard et L. Humbert, Paris, 1882 (Garnier).— Les fragments deTyrtée ont été traduits par M. Leconte de Lisle dans son Hésiode^ Paris, 1869 (Lemerre).
I. Origines de la poésie élégiaque. Caractères généraux : mètre, exécution musicale, sujets traités, contribution des diverses races, dialecte et style. Evolution du genre. — II. Les poètes élégiaques : Callinos, Archiloque, Tyrtée, Mimnerme, Solon, Théognis, Phocylide; les poètes secondaires. — III. L'èpigramme.
La poésie élégiaque est, de tous les geores lyriques, celui qui, par le rythme et le nnètre, ressemble le plus à l'épopée*. Il semble qu elle en pouvait sortir directement.
1. Travaux modornos sur l'élotçio grecque en général (en dehors des histoires d'ensemble) ; — Franke, Callinus sive quœstiones de