Fragm. 4, v
2. Précision et brièveté, fragm. 4, v. 35 et suiv. ; phrase large et facile, fragm. 13, v. M et suiv. ; etc. — Le dialecte de Solon est un ionien littéraire tempéré de quelques formes attiques.
THËOGNIS 133
lence de la vie morale et de la vie pratique. Aucun ne pouvait personnifier plus justement que lui l'équilibre de Tàme, la mesure hellénique et attique, Tallianco du bien faire et du bien dire dans la sérénilé d'une nature douée à la fois de ^râce et de raison.
Théognîs de Mégare est tout différent K L'élégie grecque est vraiment une source inépuisable de contrastes. Tandis que la poésie de Selon est harmonieuse et sereine, celle de Théognis est âpre et passionnée. Tous deux ont vécu au milieu de discordes civiles prolongées ; mais Tun, par la hauteur bienveillante de sa pensée, s'élève au-dessus d'elles comme un arbitre ; l'autre se mêle à la lutte, y donne et y reçoit des blessures, ressent des haines vigoureuses, et, jusque dans sa modération, sem* ble moins un sage naturellement éloigné des excès qu'un violent qui se contient.
Los anciens nous apprennent fort peu de chose sur la vie de Théognis. Une date dans Suidas et dans Eusèbe, une allusion à sa patrie çà et là, c'est à peu près tout ce qu'ils nous en disent. Les vers de Théognis sont la principale source où nous devons puiser pour compléter et pour éclaircir ces informations. Mais ces vers nous sont arrivés dans un tel état qu'il est indispensable, avant de s'en servir comme d'un document histori(|ue ou littéraire, d'examiner rapidement les problèmes d'authenticité que soulève la constitution du recueil actuel.
Nous possédons, sous le nom de Théognis, un recueil de vers dont l'étendue varie selon les manuscrits. La plupart des manuscrits en contiennent un peu plus de douze
1. Sur Théognis, cf. C. Mûller, De scriptis Theognideis, léna, 1877 (progr.); Jîcrn hardi, Théognis guid de rébus divinis et ethicis senseril, Breslau, I87î) (progr.) ; et surtout Welcker, Prolégomènes de son édition. Cf. aussi lïiller, dans les Philos. Jahrb. de 1881, p. 456 et saiy.
cents. Un seul, le plus ancien et le meilleur, en contient près de quatorze cents. La différence provient de ce qu'on y trouve, après les douze cents vers des autres manus* crits, environ cent cinquante vers supplémentaires sur des sujets erotiques : ceux-ci sont donnés comme formant un second livre; le premier, beaucoup plus long, comprend tout le reste. Il suffit de jeter les yeux sur Tune ou l'autre des deux rédactions de ce recueil pour reconnaître tout de suite deux faits évidents. Le premier, c*est que nous n'avons plus les élégies mêmes de Théognis dans leur intégrité, mais seulement une suite de fragments, un amas de vers élégiaques, pour ainsi dire, mis sans ordre les uns à côté des autres. Le second, c est que tous les vers du recueil ne sont pas de Théognis.
Si Ton s'en rapportait uniquement à la notice très confuse de Suidas, on pourrait croire que Théognis n'avait écrit que des maximes détachées. Suidas parle en effet de c( Sentences élégiaques formant deux mille vers » et d'une « Gnomologie élégiaque » (ce qui est la même chose) adressée à Kyrnos. Il mentionne aussi « d'autres Exhortations morales ». On pourrait, d'après ces textes, s'imaginer Théognis comme une sorte de Pibrac grec, auteur de quatrains ou de distiques moraux plutôt que d'élégies proprement dites. Rien n'empêclierait alors de voir dans nos recueils actuels la reproduction fidèle d'une partie au moins de l'œuvre de Théognis. Mais il est facile de démontrer que la vérité est fort différente. Un texte attique, cité par Stobée ^ comme étant de Xénophon, nous apprend que les vers 183-190 du recueil actuel appartenaient à la c( première élégie » de Théognis, et il est facile de voir que les vers 19-2C appartenaient à un prologue. Nous savons en outre par Platon ^ que, dans le