‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 88 sur 467 · Ménon, p. 95, E · texte numérisé non relu

Ménon, p. 95, E

texte primitif, les vers 33 et 945 de notre recueil se suivaient à peu d'intervalle. Nous n*avons donc plus sous les yeux la disposition primitive des vers du poète. Théognis avait composé, très certainement, des élégies analogues pour la forme à celles de Solonctdes autres poètes élégiaques, des élégies destinées à être chantées avec un accompagnement de flûte K Mais on en fit de bonne heure des extraits; on en tira des chrestomathies, suivant un usage qui nous est attesté par Platon lui-même pour la période attiquc-. On lisait ces chrestomathies dans les écoles et les enfants les apprenaient par cœur\ L'abrégé, comme il était naturel, effaça le souvenir de Touvrage original. 11 est fort probable que cette disparition se produisit d'assez bonne heure. Quoi qu'il en soit, nous n'avons plus aujourd'hui qu'un recueil de « morceaux choisis » où tout est brouillé et confondu. L'ordre adopté n'est même pas un ordre didactique. On découvre bien parfois un lien logique entre plusieurs morceaux consécutifs, mais le fil se brise presque aussitôt, comme si notre recueil avait été formé par Tamalgame de plusieurs recueils antérieurs dont il aurait emprunté les morceaux un peu au hasard.

11 est aussi arrivé que des vers étrangers à Théognis s'y sont glissés. C'était inévitable. La destination scolaire et prati(jue de l'ouvrage appelait les rapprochements, les comparaisons. Le nom de Théognis devint comme le titre d'une anthologie gnomique et élégiaque. Quelquesuns de ces vers étrangers à Théognis sont encore aujourd'lïui faciles h reconnaître; mais d'autres certaine-

1. Voir à ce sujet le morceau adressé à Kyrnos, v. 237-254, morceau qui lui-même appartient clairement à une véritable élégie.

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