‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 94 sur 467 · Welcker, p. xvi · texte numérisé non relu

Welcker, p. xvi

5. Il y a dans le recueil de Théognis une autre allusion historique, V. 891-894. Il s'agit là, selon la plupart do^ éditeurs, do la célèbre guerre de Lélanto entre Ghalcis et Erétrie, qu'on place vers la fin du VI i« siècle. Si l'allusion est exacte, il est certain que ces vers ne sont pas de Théognis. Mais le sens du passage est douteux. — Suidas dit en outre que Th«''ognis avait composé une élégie el; toÙ; atù- Olvtaç Twv Supaxoo-îwv Iv t^ icoXiopxta. De quel siège est-il question î

Il était de Mégare,et lui-même, dans ses vers, avait pris soin de le marquer K Un pussag;c de Platon a fait croire qu'il s'agissait là de Mégare en Sicile ^ Suidas la compris ainsi. Mais la phrase de Platon, prise à la lettre, dit simplement que Théognis y jouissait du droit de cité. C'est l'autre Mégare, colle de la Grèce propre, qui fut certainement sa vraie patrie ^ On en aurait la preuve dans son propre témoignage si Ton pouvait démontrer rigoureusement que les vers 783-788 du recueil de Théognis sont bien de lui et non d'un autre ; car le poète y parle de la Sicile comme d'un pays où il a voyagé, mais qui n'est pas le sien.

L'histoire de Mégare au vi® siècle est mal connue dans ses détails, mais le caractère général en a été marqué très nettement par Aristote et par Plutarque *. Elle peut se résumer d'un mot : c'est une lutte sans cesse renaissante entre l'aristocratie et la plèbe; lutte tantôt sourde, tantôt violente, où les deux partis sont tour à tour victorieux, avec de courtes trêves parfois quand l'un des deux est écrasé ou qu'un tyran s'élève, mais avec des réveils acharnés qui aboutissent à des exils et à des confiscations. Cet état de choses semble avoir duré deux siècles. Théognis a vécu au milieu de ces agitations. Il appartenait au parti des nobles, de ceux qui s'appelaient euxmêmes les V bons », les « honnêtes gens », ol àyaOoi, par

Le plus probable est qu'il faut lire iv ry) tûv ^upaxovawv icoXiopxéa, et que le Théognis ici mentionné est Icr poète tragique athénien qui vivait à la fin du v* siècle : ce Théognis avait pcut-ôtro fait une élégie sur les Athéniens morts dans la guerre de Sicilo, et Suidas, selon son habitude, aura brouillé deux biographies distinctes. Cf. Flacb» p. 412. !. V. 22-23.

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