‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 97 sur 467 · V. 117 et suiT · texte numérisé non relu

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connu par expérience : les révolutions l'ont ruiné» et il a senti la douleur d'être sans défense contre les maux. Ce qu'il reproche à la pauvreté, ce n'est pas seulement la somme de souffrances physiques qu'elle apporte : de cela, il ferait bon marché ; mais c'est qu'elle brise la fierté de rhomme et le rend esclave. Il a exprimé souvent cette idée avec une vigueur admirable :

Plus que tout le reste, ô Kyrnos, la pauvreté brise Tbonnôle homme; plus que la vieillesse chenue, plus que la fièvre. Pour lu fuir, ne crains pas, ô Kyrnos, de te précipiter dans la mer profonde ou dans des gouffres abrupts*. L'homme vaincu par la pauvreté ne peut plus rien dire ni rien faire; sa langue même est enchaînée Mieux vaut mourir, quand on est

pauvre, que de laisser ronger sa vie par l'horrible misère *.

Cette conception de la vie, chez cette &me passionnée, produit sans cesse la colère et la révolte. Il a soif de vengeance :

Quand un homme a souffert une grande injustice, il rapetisse ; quand il s'est vengé, il grandit de nouveau '.

Flatte ton ennemi en paroles, et quand il est sous ta main, frappe- le, sans chercher de prétexte -*.

Frappe du talon la plèbe imbécile, pique-la de la pointe de Taiguillon, mets-lui sur la tête un joug pesant : car tu ne trouveras nulle part, entre tous les hommes que regarde le soleil, un peuple aussi ami de la servitude *.

Que le vaste ciel d'airain, terreur des humbles mortels, me tombe sur la tète et m'écrase, si je ne viens en aide à ceux qui m'aiment et si je n'apporte à mes ennemis la terreur et la souffrance «.

i. Selon, en an cas pareil, avait fui la pauvreté en redevenant riche par le commerce.

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