‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 103 sur 514 · Saint Jérdme, préface de aoQ Bùloire «ecUtiattiqut · texte numérisé non relu

Saint Jérdme, préface de aoQ Bùloire «ecUtiattiqut

3. Sur iea successeurs d'Aristoxéne. et. Susemihl, II, p. 218-337. Le grand défaut de beaucoup d'entre eux est d'avoir étudié la nitrique en dehors de la lytkmique, c'est-à-dire la quantité apparente des syllabes au lieu de leur valeur vraie dans les poèmes destinés à être chantés. De U tant d'absurdités chez les métrl- «iens postérieurs, comme, par exemple, le nom de pentamètre donné k un vers qui, réellement, comptait six pieds ou mesures. Mais tout .cela n'a pins rien de comman av«c la littérature proprement dil«.

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U2 CHAPITRE IIL — RHÉTORIQUE, HISTOIRE, BTG-

il faut joindre la physique, sont représentées dans cette période par quelques très grands noms : le géomètre Euclide, l'astronome Aristarque de Samos, le géomètre et physicien Archimède, le géomètre ApoUonîos de Perga, les ingénieurs Héron d'Alexandrie et Philon de Byzance.

Euclide, qui vivait sous Ptolémée Soter à Alexandrie, est l'auteur des célèbres Éléments de géométrie, en 13 livres, où toute l'humanité civilisée n'a cesse depuis d'aller cherchri- les principes de cette science '. Il avait encore composé de nombreux ouvrages dont il nous reste une demi-douzaine *.

Aristarque de Samos, élève du péripatéticien Straton de Lampsaque, est le premier, semble-t-il, qui ait eu cette vue de génie que c'était la Terre qui tournait autour du Soleil, et non le Soleil autour de la Terre; idée qui De pouvait être encore à cette date qu'une hypothèse, et qui rencontra longtemps des incrédules même parmi les astronomes les plus illustres, comme Hipparque '.

Archimède, géomètre et arithméticien, fut surtout un prodigieux ingénieur et le véritable fondateur de la physique au sens moderne du mot '. Né à Syracuse vers 287, il vécut longtemps à Alexandrie et revint à Syracuse dans les dernières années de sa vie. On sait «on rôle dan» le siège que Syracuse eut à soutenir contre Marcellus en 212, et les circonstances de sa morl

1. La seulB Édition complète d'Euclide h été loDgtempa celle de Gregory (ave(^ trad. lat.), Oxford, ITDS. in-f. Helberg et Meogi viennent d'endonnerunn nouvelle (EacUdis opéra omtùa.l volumes, Leipzig, ISSS-ieSd.) <:r. Susemihl. t. 1, p. TU4 et suiv.

t. Nous avons sous son nom une E<aaT<*T'l &Pi>ovikt, qui oat apo cryphe. Cf. Susemihl, p. 717.

3, Snr Hipparijue, cf. ch. VI. II nous reste, bous le nom d'Aristarque de Samoa, un traité Sur la grandeur et le» dUtance* du Soleil et de la Lune. Cf. Susemihl, p. 719.

t. Cf. Susemihl. p. 723 el suiv. — Ed. de Torclli, Oxford, 17» de Hciberg, Leipzig, ISBO {Tuubner).

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LES MATHËUATICIENS 143

11 nous reste de lui quelques écrits, dont la plupart se rapportent à la géométrie : nous ne possédons plus qu'une traduction latine du célèbre traité Sur les corps flottants, où se trouvait énoncé et développé le principe qui porte son nom.

Apollonios, de Perga (en Pamptiylie), est un contemporain plus jeune d'Archimède. II avait composé de nombreux ouvrages de géométrie. 11 s'était occupé aussi d'astronomie ^

Héron d'Alexandrie, qui vivait dans la seconde moitié du III* siècle'j fut un babile géomètre, mais surtout un mécanicien : il nous reste notamment de lui de curieux traites sur les Machines de trait et sur les Automates^.

Philon de Byzancc, son contemporain, est également un ingénieur, qui s'est occupé surtout des applications militaires de son art (BeXoicouxxj noXtopxiiTixz) *.

Tous ces hommes ne doivent pas être mis sur la même ligne. Archimèdc est certainement le plus grand de tous. Il a eu à la fois la vision divinatrice et pénétrante qui trouve les nouveautés fécondes, et l'analyse rigoureuse qui les établit définitivement. Les autres, à côté de lui, oe sont que des hommes de beaucoup do talent, entre lesquels d'ailleurs il y aurait des degrés à établir, si c'en était ici la place. Euclide lui-même, malgré son universelle célébrité, n'est probablement pas aussi grand par ses inventions originales que par un certain art de choi-

I. cr. Susemihl, p. 7*9. Ed. de Heiberg, Leipzig, |S83 (Teuhner).

Z. W. Christ (tir. LU., p. 63t), adoptant l'opiDion de Th. H. Martin, le fait vivre b<taucoup plos tard, au début du i" siècle. V. à ce ïujet Susemibl, I, p. 737, d. ISi.

3. Il a'j a pas d'édition complète de Hârou d'Alexandrie. Sa Dioptriq-ueA été publiée par Vincent INolictt tt txtraiU, t. XIX); aea ouvrages géométriques et mètrologiquea par Hultacli: ses écrit a militaires par Thèvenot, dans ses Malhemalici vtUra. Ct. Suaemibl, p. 737 et suiv. Y. aussi Th. H. Martin. Rechercha lur ta oie el Ui eiaraget d'Héron d'AUxandrit, Paris. 18Si, et Prou, La Ihéâlrea d'automataai Gricelke,a.à.Aea\-aKr\pi.,Mém.pria.pardniera*aiianU,t.3i).

t. Cf. SasemfU. p- 74i et suiv.

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144 CHAPITRE III.— RHÉTORIQUE, HISTOIRE, ETC. sir dans les découvertes antérieures, de les classer et do les exposer. Par là, il est vrai, son art se rattache en quelque mesure à celui de l'écrivain. On a dit avec une finesse ingénieuse que la géométrie, telle que les Grecs nous l'ont faite, portait la marque de leur esprit au même degré que leur littérature'. S'il est incontestable qu'une certaine rigueur et subtilité dialectique, aussi bien dans la démonstration d'un théorème que dans un dialogue de Platon, est comme la signature de l'hellénisme, la géométrie traditionnelle est profondément hellénique. Or elle doit ce caractère à EucUde pour une forte part. C'est pour cela que les historiens de la littérature sont tenus de nommer dans leurs histoires Euclide d'abord, et, par une raison analogue, tant d'autres savants ou érudits qui ont également fait passer dans leurs travaux celte tournure propre de l'esprit grec, l'aptitude à enchaîner des idées avec souplesse et rigueur, par une série de raisonnements bien liés.

En médecine, l'œuvre des Alexandrins n'a pas été moins considérable. Dès la fin du iv« siècle et le commencement du m", deux très grands médecins, Hérophtle de Chalcédoine et Érasistrate d'Iulîs, ont fait faire à l'anatomie d'immcnsesprogrès.Non contents de disséquer des cadavres, ils opéraient des vivisections, sur des animaux le plus souvent, parfois même sur des criminels, mis à leur disposition par les rois d'Egypte ou de Syrie '. Hérophile avait écrit une Analomie et do nombreux traités sur des points do détail '. Érasistrate est le

1. Q. Milbaud, La giomitrie grteque eoTuidirit commt muvre per^ tomtetle du génie grec, dans la Revue deilÈt. g., 1S9S. p. 371-423. Cf. Tannery, La géomitrie grecque (I3S7), p. Ii!-li3, avec une très iii> téressante citalion da Proclus sur ce sujet.

2. cr. Câlsâ, Prâf. du t. I, p. t (éd. Daremberg); Tertnilien, De Anima, 10 (passages cités par Snsemihl, I, p. 771, n. 3).

S. Il avait même touché à la philologie par des études lur les

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