ACADÉMIE
années. D'abord comme tulcur d'Adimanto (héritier de PlatOD), plus tard comme héritier lui-même, Speusippe eut la jouissance de la propriété où Platon avait eu l'habitude de réunir ses auditeurs, et qui était voisine du gymnase d'Académos '. Ce jardin de Platon resta le siège de l'école. Après Speusippe, il en devint la propriété. Les scolarques se succédèrent régulièrement, désignés sans doute chacun par leur prédécesseur '. Le Scolarque était peut-être le propriétaire fictif de l'Académie '. En tout cas, il était le maître du choeur. D'autres, d'ailleurs, à c<Hé de lut, enseignaient et pouvaient devenir célèbres. Durant le siècle qui suit la mort de Platon, quatre scolarquesse succèdent : Speusippe, de 317 à339;Xénocrate, de 339 à 314; Polémon, de 314 à 270; Cratès,de 270 à 260 environ. A cûlé d'eux, on trouve le nom illustre de Crantor. Cette période est celle dect l'ancienne Académie», la seule dont nous ayons à nous occuper pour le moment. Car la s moyenne » et la « nouvelle » Académie, celles d'Arcésilas et de Carnéade, sont animées d'un esprit tout autre, et ne peuvent être étudiées utilement qu'après le scepticisme de Pyrrhon, dont elles ont subi si fortement l'influence.
L'ancienne Académie, au contraire, se rattache assez facilement à Platon, sans trop de rigueur pourtant, car il n'y eut jamais là, comme dafis d'autres écoles philosophiques, aucune oKhodoxfe rigoureuse. La dialectique platonicienne est toujours chez ses disciples, comme chez lui-même et chez Socrate, un libre mouvement de l'esprit. On ne se croit pas enchaîné par la parole du maître. On corrige, on complète sa méthode et sa doctrine. On en abandonne certaines parties. On y ajoute