‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 111 sur 514 · PHILÉTAS · texte numérisé non relu

PHILÉTAS

VapparilioD du pur esprit alexandrin dans les œuvres iePhUétas et de son groupe; 2" ensuite, la veine réaliste qui se montre dans les mimes d'Hcrodas, dans les vers de Sotadès et de Timon de Phlionte, dans les œuvres de Ménippe et de Rhinton ; 3' la fusion exquise de CCS deux tendances dans les idylles de Théocrite, dans quelques épigrammes de Lôoiiidas do Tarenle ; 4" le triomphe de la littérature académique dans les poèmes variés do Callimaque, dans l'épopée didactique d'Aratos, dans l'épopco hérolique d'Apullonios de Rhodes; a" l'excès du bel esprit poussé Jusqu'à la bizarrerie chez un Lycophron ' ; 6° enfin, chez les poètes plus récents, chez les « épigones » de ces initiateurs, la continuation des tentatives diverses inaugurées par les maîtres des deux premières générations.

Phitétas, fils de Télèphe, naquit & Cos, vers 310. 11 èlait gramnnairien en même temps que poète. Sa réputation le fit choisir par Ptolémée Sotor (vers 295) comme précepteur de son fils '. Philétas se rendit en

4. Je mentionne simplement ici, saae y insister davantage, une ■□tre rorme de bizarrerie qui n'a plus riea de commun avec la litlératara, l'invention de ces poèmes i figurés ■ (i(r^ii|U(Ti<rp,iva) qui reproduisent, par la disposition de leurs vers d'inégale longueur, te dessin d'un ceur, d'une syrini, ou d'une amphore. Ce sont là des gageures plus que des œuvres d'art. L'œuf de Simmias, la sgtinx de Théocrile sont des échantillons de ce genre. On voit que même des gens d'esprit, à cette date, pouvaient trouver quelque amusement A ce jeu. Mais il ne faudrait pas le prendre plus au sérieux qu'il ne convient.

î. Suidas. T. 4iXtitS;. Cr. Couat, Poéiie altxandrint, p. fi9 et auiv. ; Snsemibl. 7, p. 174 et suiv. — Fra^m. dans N. Bach, PhUelae Coi. Berfutiartacli» Coloph. alque PhanoclU reliq.. Halle, 1S39. Cf. aussi jHthol. jRCobs, t. I. p. ii\ et suiv.

Hiat. de '• ^'"- gfeeçn». — T. T. 11

jM,Googlc

cette qualité k Alexandrie, puis revint sans doute àCos, où il semble qu'il ait passé les dernières années de sa vie, entouré d'un groupe de jeunes poètes amis, qui lui formaient comme une école : llermésianax, Théocritc, Aratos furent de ce groupe, auquel il faut peut-être joindre aussi Asclopiade de Samos, nommé pourtant par Tliéocritc à côté do Phitétas plutôt comme un contemporain déjà illustre que comme un disciple '. On ne sait quand il mourut *.

La gloire de Philétas fut grande '. Il avait composé, outre quelques écrits érudits en prose*, des élégies amoureuses où il chantait Bittis, un recueil de poésies légères (irxiifvia) qui comprenait surtout sans doute des épigrammes, un autre recueil qu'il avait intitulé, du nom de son père, Télèpke, et deux poèmes plus étendus qui sont cités sous des noms distincts, l'un, en vers élégiaqucs, intitulé Déméter, et l'autre, en hexamètres, intitulé Hermès. C'est à peine s'il nous reste de toute son œuvre une cinquantaine de vers. Nous ne pouvons, sur de si faibles débris, ni juger son talent avec sécurité, ni même déterminer avec une précision suffisante la nature exacte de ses œuvres. Qu'était ce au juste que sa Déméter^ Qu'étail-co même que cet Hermès, dont nous savons seulement qu'il y avait raconté certaines aventures romanesques d'Ulysse, et, par

1. Thùocritc, VII. iO. SuseniihI. après d'autres, croit que cette sociélû lie poètes formait uoe sorte de confrérie bucolique où cliacun portait ud nom de lier^er. Ce n'est pas impossible, mais il me parait vraiment excessif de prétendre trouver tout cela dans la VII- Idylle.

3. Philôtas était de complexion faible {Plutarque, An leni gerenda lil resp-, c. 15, p. 791, E). Il mourut épuisé de travail [épigr, citée par Athénée, p. 40t, E).

3. Ses compatriotes lui élevèrent une statua aussitôt après sa mort, suivant Ilermésianax (Athénée. XIII, p. 59S. F).

*. Un Echoliasto {Apollon. Rh., IV. 06») cite ses 'Atosts, OU

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exemple.. l'amour du héros pour Polymélé, fille du roi Éolos ' ? Quelques-uns de ses vers nous laissent entre voir une sensibilité discrète et délicate : lui-mémo, ou l'un de ses personnages, demandait, à son amante, sans doute, quand il ne serait plus, « de le pleurer du fond du cœur avec mesure, de lui adresser quelques douces paroles, et de garder un souvenir à l'ami disparu *. » Cela est vraiment exquis. Un autre personnage disait avec une douce et sage philosophie :

Je ne te pleure pas, ô le plus cher de mes hôtes : tu as connu les Joies de la vie en grand nombre, bien que les dieux t'aient donné aossi ta part des niaus '.

Le poèlc qui a trouvé ces choses a pu mériter d'être célébré par Ttiéocrite comme un maître, et d'être invoqué par Properce comme un dos demi-dieux do la poésie élégiaque *. Mais ce ne sont là que des lueurs vite évanouies. Le seul fait qui nous apparaisse encore avec clarté, c'est l'importance de son rùlc, attesté par ces témoignages et par la réunion même de quelques poètes distingués ou illustres autour de sa personne. Et ce rôle considérable de Philétas, on se l'explique sans peiné par la nature de son talent : il est vraiment le premier des alexandrins. C'est un grammairien et un' savant en même temps qu'un poète; il est curieux des vieilles fables; il donne des modèles dcfinitifs de l'élégie amoureuse et mythologique, de l'épigrammc finement ciselée, probablement aussi de l'épopée k demifamilière et romanesque ^ La Lydé, d'Antimaque de

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