‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 114 sur 514 · Cf. ànihot. de Jacobs, I, p. S0T-2a · texte numérisé non relu

Cf. ànihot. de Jacobs, I, p. S0T-2a

T. Il avait aussi, après Soladès. composé quelques poésies du genre grossier mis à la mode par celui-ci (Strebon, p, GtS).

8. Cf. Susemital, 11, p. S3t.5ÎS. Cf. Anlhol. de Jacobq, I, p. tUtS3.

ft. Théocrite, VIT, 40, et le scholiasle. — On suppose en général que son père s'appelait SiicXi; ; d'autres explications de ce pseudonyme ont élé proposées ; cf. Susemibl. — Méléagre, dans sa préface (t. 16), l'appelle aussi de ce nom (ZintXlIcw t'âvi|toi{ £v8ui

jM,Googlc

ASCLËPIADE DE SAM03 167

ceuvrea de différentes sortes, et notamment des poésies lyriques : deux mètres lyriques fréquemment employés par Horace, le grand et le petit asclépiade, lui doivent leur nom; ce n'est pas qu'il les eût inventés, car les poètes de Lesbos les avaient déjà connus ; maïs Asclépiade en avait probablement régularisé la facture <, et il les remit à la mode. L'allusion de Théocrile semble viser également en lui te poète lyrique. Ce côté de son talent nous est aujourd'hui tout à fait inconnu, mais, quelle que fût sa réputation de poète lyrique, c'est surtout comme auteur d'éplgrammes qu'il fut célèbre ', et cette gloire était certainement méritée. Les dix-huit épigrammes qui nous ont été conservées sous son nom dans l'Anthologie Palatine, même en faisant la part des fausses attributions (deux ou trois peut-être), nous le font assez bien connaître. Or plusieurs sont vraiment exquises, et le charme de ces petits poèmes, & leur apparition, dut sembler très nouveau, sinon par le fond, du moins par la forme. Trois ou quatre seulement de ces épigrammes sont des dédicaces d'offrandes (ivaO^- [utrs.) faites à une divinité. Quelques-unes sont des inscriptions (vraies ou fictives) destinées à des statues. La plupart sont de charmantes confidences où le poète nous dit ses souffrances amoureuses, la grâce de l'objet aimé, les mérites d'un poète lu et relu. La mythologie y tient peu de place. Les souvenirs littéraires et l'imitation proprement dite, mais ingénieuse et neuve, s'y rencontrent souvent. Ce qui en fait le grand mérite et la nouveauté, c'est la finesse spirituelle du tour, l'élégance vive de l'imago, le soin délicat du style, la netteté scrupuleuse du rythme et de la versification. Les

I. En rendant le spondée obligatoire au début du vers. 1. Le schojiaste de Théocrite, VU, 40, l'appelle : 'A.<nXr,»iiSnt ti* inrpspfUiToiniMf V.

jM,Googlc

t8 CHAPITRE IV. — LA POÉSIE ALEXANDRINE icicnsépigrammatistes, elSiinonide lui-même, avaient us d'abandon, plus de négligence parfois. L'art d'Asépiade est raffiné : entre ses mains habiles, une épi- 'ammc est comme un bronze précieux que l'artiste sëlc avec amour. Même l'auteurde la Lydé, cet Antiaque si cher aux Alexandrins, semblait lourd et /lou urlout dans ses épigrammcs) en comparaison de cet 't nouveau : c'est le sens des critiques que lui adresse illimaque '. Asclépiade fut un véritable initiateur à ït égard : une partie de l'élégance de Théocrile dérive .us doute de ses exemples. Il est difllcile de traduire rec fidélité de petits chefs-d'œuvre de cette sorte. DÎci pourtant une épigramme oîi des souvenirs d'Alcée de Théognis se combinent avec des impressions per- >nnelles de la manière la plus délicate et la plus charanle :

Bois, Asclépiade. Pourquoi ces larmes? quel malheur t'arvef Tu n'es pas le seul doot l'âpre Cypris ait fait sa proie ; n'es pas le seul qu'aient abattu les flèches du cruel Éros. >urquoi l'enfouir vivant dans la poussière ï Buvons le vin pur ! Bacchus : l'aurore commence  poindre. Si la lampe b'est einte, veux-tu attendre son réveil ï Buvons gaiement. Encore lelques jours, malheureux, et nous aurons la grande nuit pour lus reposer*.

Avec Asclépiade, citons encore son contemporain Siias de Rhodes, qui parait avoir eu du talent ^. Mais est surtout célèbre comme auteur de poèmes « figu s », c'cst-à-dirc de vers assemblés do manière à issiner par leurs contours un objet quelconque. Son uf, ses ailes, sa hache nous ont été conservés *. Quel-

I. Callimftque, fragnt. 746. Asclépiade pourtant loue fort la Lydé

nth, Jacobs, I, p. ISî). Cf. t. III, p. 666 (670, 2* éd.)

l. Anthol. Jacobs, I, p. 14S.

t. Cf. Suscmihl, I, p. 1T9-I8i. Anlhoi. de Jacobs, I, p. 13G-U3.

\. Anthol. de Jacobs, 1, p. 139 et suiv.

jM,Googlc

POSIDÏPPB, HÉDYLOS 16&

ques épigrainmea de lui ont de la vigueur et de l'élégance.

Posidippe fut surtout, comme Asclépiade, un poète d'épigrammes, et probablemeot un disciple de ce maître i. Il semble avoir coonu personnellement Zenon et Cléanthe *.

Il nous reste sous son nom une vingtaine d'épigrammes dont les sujets se partagent entre trois ou quatre thèmes traditionnels : épitaphes vraies ou fictives, inscriptions d'offrandes, épigrammes amoureuses, moqueuses, philosophiques. Le texte en est si altéré qu'il est difficile de se prononcer toujours, en pleine sécurité, sur le mérite du poète : il semble pourtant avoir eu moins d'originalité que d'application et de savoir. Il no manque pas d'esprit ', mais cet esprit est quelquefois contourné ou froid*. Comme Asclépiade, il célèbre Mîmnermc et Antimaque '. Ses plaintes amoureuses s'expriment dans le vocabulaire consacré, sans accent bien personnel. Sa philosophie, mélancolique et pessimiste, a plutôt l'air d'un jeu d'esprit que d'une conviction sérieuse •. Quelques formes de langage paraissent trahir une influence curieuse de la langue parlée ''. Au total, Posidippe n'est pas un poète fort remarquable.

11 faut en dire à peu près autant d'Hédylos, disciple

1. Cf. Susemihl, II, p. S3a-S3£, at Ouvré, op. eil, — Fragm. dans Anthol. Jacobs, t. II. p. tG-S2. — Méléagre le Domme dans sa pti- Iiea (T. 45-46) A cAU d'Asclépiade.

!. XI, 3 (Anlhol. Jacûbs, t. II. p. *9J.

Page 1