Eîxouav, VI. B
jM,Googlc
170 CHAPITBE IV. — LA POÉSIE ALEXANDBINE aussi peut-être d'Ascl6piade ', et dont it nous reste une douzaine d'épigrammes *.
Le raffincRient des beaux-esprits a souvent pour contre-partie dans la littérature, aux époques qui précèdent ou qui suivent les âges d'équilibre classique, un développement soudain du burlesque, de la parodie, de la grossièreté, ou tout au moins du réalisme. C'est ce qui se produit au début de la période alexandrins : des genres nouveaux apparaissent pour répondre à ce besoin. Nous avons déjà parlé des SUles de Timon et des poèmes de Ménippe ', qui sont, malgré leur inspiration plus ou moins pbitosophique, des produits de cette veine. Il y en a beaucoup d'autres, d'origines et de formes différentes : ce sont d'alwrd toutes les variétés de la satire personnelle, violente et obscène; puis celles de la parodie littéraire ; enfin les représentations enjouées de la vie familière.
La satire grossière et obscène a pour représentant principal Sotadès, né à Maronéc, en Crète, et qui vécut sous les premiers Ptolémées *. Ce genre de poésie avait son origine en lonie, où deux poètes, d'ailleurs inconnus, Simos et Lysis, avaient déjà donné l'exemple de certaines compositions lyriques, très licencieuses, qui lui servirent de modèle '. Sotadès garda le rythme de ses
1. Mélâagre te nomme à cdtâ de Posidippe dans le vers signala plui haut.
i. Dans Jacobs, 1. 1, p. S33-23G. Cf. Oatri, op. cit. 3. Cf. ch. II. p. 48.
*. Suidas. SatMiit ; Athénée, XIV, p. 620, F. y Slrabon, p. 6tS.
jM,Googlc
SOTàDÊS, RHINTON 171
prédécesseurs, le rythme ionique, étroitement lié à. d'anciennes danses ioDÏcnnes d'un caractère voluptueux. 11 garda aussi leur dialecte ionien et leur goût de l'obscénité <. Mais il se sépara d'eux sur deux points. D'abord il écrivit ses vers pour la simple lecture, ot non plus pour le chant * : la période alexandrine est un âge de déclin pour le lyrisme proprement dit. Ensuite, il y introduisit des attaques personnelles et méchantes qui paraissent avoir fait sa principale originalité : les roia de Macédoine et d'Egypte furent successivement l'objet de ses sarcasmes, aussi violents qu'intraduisibles V Ce genre d'esprit était dangereux : Philadelphe le fit saisir par un de ses amiraux, au moment où il fuyait Alexandrie, et jeter à la mer cousu dans un sac. — Sotadès eut la gloire, si c'en est une, de donner son nom à la forme de vers ionique dont il s'était servi habituellement. Nous ne possédons plus de lui que quelques titres d'ouvrages et quelques rares fragments * : les titres. Descente aux enfers, Priape, Bélestiehé (nom d'une maîtresse de Philadelphe), laissent deviner l'inspiration générale du poète, parodique, satirique et ordurière; les fragments donnent l'idée d'un écrivain qui ne manquait cependant pas de talent.
La parodie littéraire avait aussi des origines anciennes: \zBatrachomyomackie eu est un exemple illustre, et la comédie d'Aristophane enest remplie. Mais, au début de la période alesandrine, elle se constitue en un genre nouveau, sous une forme assez dilFérente de colIe.s qui
I. Le nom m^me qu'on donne à ces poètes, nwinlakltinK, exprime assez qu'ils se font las iolerpréles de la plus basse débauche.
i. Strabon, ibid.