Athénée, XIV, p. 6Î0. D. et suiv
3. Cf. ileydemana, Die Phli/akaidaralellungen auf btmatlen Vaten, dans iûs Jahrb. des Arck/eoL Inslil., 1886, p. 260-313.
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FRAGMENT ORENPELL 173
fragments de ses œuvres, conservés par des glossographes, sont courts et iosignifianta. — Il eut des imitateurs ; bornons-nous à mentionner Skiras do Tarcnte, Blacsos de Capréo et Sopatros de Paphos, qui nous sont à peu près inconnus '.
Ce qui est plus important, c'est l'iniluence évidente que celte littérature a dû avoir sur certaines formeH dramatiques italiennes et romaines, comme Vateiiane et le mime : la Grande-Grèce et la Campanie étaient trop près de ritedie centrale pour que leur action n'ait pas été considérable; mais ce n'est pas ici le lieu do s'y arrêter.
La représentation simplement vraie de la vie familière, sans caricature outrée, trouve en mémo temps son expression dans le genre du mime, renouvelé de Sophron et de Xénocrate *.
C'est peut-être à ce genre qu'il faut rattacher un très curieux fragment retrouvé récemment, sur un papyrus, et qui a été publié pour la première fois par M. GrcnfelP. Il se compose d'une cinquantaine de lignes écrites sur deux colonnes. La seconde colonne est 1res mutilée. Les vingt-sept premières lignes au contraire (celtes de la première colonne), sont assez bien conservées, sauf quelques mots. Ce rtc sont pas des vers proprement dits, maison y rencontre des séries dcdochmiaques qui se suivent, et tout le morceau a l'air d'èlre rythmé : il était peut-être chanté. Il fait songer surtout à cette sorte de prose rythmiquedont Sophron avaitdonné l'exemple. Par
i. Cr. SDeemibl. I, p. 2ll-3i3.
a. Sur Sophron et Xénocrate, cf. t. III, p. 44S (iS6, !• éd.).
3. Greafell, An AUiartdrian erolie fragment and other greek papyri chieHn plolemaic, Oxford, 1B96. — Article de H. Weil, da.DS la Revut de» Éludet grtcqua, 1896, p. 169 (lexle et traduction).
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le fond, en efTet, il ressemble à un mime. C'est le monologue d'une amante délaissée : mais, à la différeacc d'un monologue purement lyrique, it comporte un peu d'action : on voit, par les derniers vers intelligibles, que l'amante est ajrivée peu à peu devant la maison de l'infidèle et qu'elle le supplie; elle va peut-être le ramener à elle. Il y a donc, dans ce simple monologue, tout un petit drame; ce. n'est pas un morceau simplement lyrique: c'est un véritable mime. Le nom de l'auteur est inconnu, ainsi que la date où il écrivait : la copie que nous avons sous les yeux a été faite probablement vers le milieu du second siècle'; le morceau peut être du troisième aussi bien que du second. Le mérite littéraire n'en esl pas méprisable. Sauf une trace ou deux de bel-esprit, ces plaintes entrecoupées, d'un mouvement rapide et lialetant, sont vraiment pathétiques. L'amour qu'elles expriment est purement physique, mais il est touchant par sa sincérité, par sa profondeur, par son humilité, car il a plus de douceur suppliante que de fureur. L'amante délaissée est jalouse de sa rivale, mais elle est surtout éprise de son amant : un peu de pitié la soulagerait ■ ; elle s'efforce do parler raison ^ . A coté de la Hédéo d'Apollonius et de la Magicienne de Théoeritcil y alà uneline esquisse, originaleet vivante. — Le dialecte est la xoivn, mélangée de quelques ionismes.
Les mimes «l'IIérodas, récemment retrouvés aussi, sont un monument littéraire beaucoup plus important. Jusqu'à ces derniers temps, Hérodas n'était plus guère qu'un nom : quelques fragments insignifiants ne pou-
i. Le reclo du papyrus porte un contrat de l'année 173 ; nos vers grecs sont écrits au verso (un peu plus tard évidemment), a. Vers It- 13.
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valent donner aucune idée de son mérite. En 1691, M. Kcnyon a public, d'après un papyrus du Musée Britannique, sept luimes de ce poète, quelques-uns en médiocre élat de conservation, mais plusieurs assez complets pour que la physionomie littéraire de l'auteur nous apparût avec clarté '.
La biographie d'Hérodas ne nous est pas connue. Son nom même prête au doute: on l'appetle Ilérodas ou Hcrondas '; le papyrus ne porte pas de nom d'auteur. Quelque forme qu'on préfère, le nom est dorien. Xénopbon mentionne dans les Helléniques un Ilérodas, de Syracuse '. Le poète fut peut-être Syracusain, comme Suphron el comme Tlicocrile; mais il semble avoir habile surtout à Cos, où se place la scène de plusieurs de ses mimes. Le temps oîi il vécut est détermine d'uue manière approximative par la manière dont Pline le cite à côté de Oalliniaquc, cl surtout par quelques allusions contenu es dan s ses vers: l'Egypte décrite dans le premier mime est celle de Plolémée Philadelphc; la mention
I. Kenyon, Clasiical U^U frotn papyri in Ihe BrilUh miaeu^'i, inclu' diaj Iht iteœly ttUcovered poemi of llerodai, Loudrea, IS91 (sepl mimes et un morwau d'un huitième), — Outre de nombreui articles triliquea d'ans les r«vues savanlcs (cf. l'introd. do Crusius. p. XIV-XVII). df nouvellBB éditions furent Mentilt publiées; les principales sont coites de Rullierford (L^ondres, 1891), Crusius (Bibl. Ttubner, I8a2) el Brichelcr (avec trad. Intine; Bonn. 1892), Dans celtii deruière. les rostitulions conjtrCliiralâs sont moins hardies que dans celle de Grusius. Édition a.vec commentaire de R. Meister, 1895. — Deux Irad. fran^aiseB ont été données en 1893 par MM. Dalmeyda (Haclietle; élà(;ante et tidéli-, avnc une bonne intrudnction), et Risleihucbur (Delaftrave ; iotroduclion éruditc). M, l'abbé Ra^on vient de publier (citez Poussielgue, 1S98) le texte el la trad. française des mimes HT el IV. A cansulter : 0. Crusius, l'nUrviKhuiigea :u dtn Mlmiamben d^s Heiyindat, Teubner, l^9J, et sa tradnvlion allemande d'Héroodas : Olschawsky, La langue el la miriqiu d'Ilérondm, Leyde et Bruxelles, 1S97. !. Atbénée. III, p. Su, B; Pline. Leltrei, IV, 33; Slobée, Floril..