‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 129 sur 514 · IJyile vm, 5^B · texte numérisé non relu

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théocrite; conclusion 207

rable. Dans le mouvement régulier el pressé des petits groupes (le mots, plus juxtaposés que liés, ou sent le frisson de la passion et en quelque sorte les battements du cœur. Nous avons cité plus haut la chanson de Bombyca: c'est un excnn)le entre beaucoup. Le thrène sur la mortde Dapbnis, dans la première idylle, les plaintes de la magicienne, dans la seconde, avec leurs refrains incessamment répétés, sont des échantillons plus amples, mais non plus expressifs, de ce rythme passionné. On peut dire que c'est le rythme fondamental de Théocrite. Même dans la brisure savamment naïve du dialogue, on entend encore vibrer la passion. Dans le récit, dans ta description^ le mouvement généra! est encore analogue. Qu'un relise, pour s'en convaincre, les Thalysies, où se rencontrent tous les tons et toutes les formes de l'idylle ; on verra sans peine que d'un bout à l'autre, sous les différences extérieures, ne cesse de vibrer la même imagination Facilement émue, le même lyrisme incoercible. Har là, Théocrite est vraiment unique : ni dans la poésie antérieure (sauf peut-être quelques pièces de Sappho), ni parmi ses contemporains et ses successeurs, ou ne trouve rien qui approche de ce don incomparable de sentir avec force l'émotion des choses et de la communiquer par le mouvement de la phrase '.

On voit quelle alliance de rares qualités fait fi Théocrite une place à part dans la littérature alexandrîne; il estréalistcet idéaliste, dramatique el lyrique, poète toujours par l'émotion, par le rythme, par le style. Son intluence fut proportionnée à son originalité. Tout un

I. Poar trouver no équiraleot Trantais, il faudrait arriver à Alfred de MnBsct, et se rappeler, par exemple, daos la Nuit de Mai, le début :

La priDtempa naît ce soir; les vents vont s'embraser, «t tout ce qui suit:

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a08 CHAPITBE IV. —Là POÉSIE ALEXA.NDB1NB

genre est sorti de lui, le genre bucolique, d'abord par d'autres alexandrins que nous retrouverons loutàl'heure, ensuite par Virgile et par tous lea imitateurs de Vit^ile, enfin par Andrô Cliénicr, qui se rattache directcnienl à Théocrite. Cette rare fortune de créer un genre, de faire entrer définitivement dans la littérature une forme de poésiejusque là instinctive et populaire, rapproche Théocrite des créateurs de l'âge classique. Il s'en rapproche aussi par son mérite propre, puisqu'il a su retrouver, dans un tige d'érudition et d'imitation, la sincérité du sentiment, la sobriété vigoureuse et harmonieuse de la forme.

Léonidas de Tarcntc- auteur d'épigrammes, est loin d'égaler Théocrite: il faut pourtant le ranger à coté de lui si l'on veut se rendre compte du mouvement général de l'art dans celte période: car il a tenté, lui aussi, de combiner un certain réalisme avec la pure poésie '. C'est un contemporain de Théocrite., un peu plus jeune peut être. Dans une de ses épigrammes, il célèbre Pyrrhus, roi d'Epire'. Le nom de Théocrite se rencontre deux fois dans ses vers ', mais sans qu'on puisse dire au juste si c'est du poète qu'il s'agit ou d'un homonyme. Il parait cependant l'avoir connu et goûté, car il s'est certainement inspiré plusieurs fois des idylles *. Sa vie semble avoir été errante et pauvre '. Il mourut loin de sa patrie, sans avoir acquis la richesse, mais confiant dans sa renommée future '. — Sa confiance n'était pas téméraire:

i. Anthologie de JacohB, l. I. p. ISÎ 181 ; DeUclu* poelarum Anthologia» graecae, de Maineke, p. H-Sî. Cf. Sainte-Beuve, Camtrin du lundi, t. XII.

S. Anthol. Pal.. IX, SS (Jacobs, t. I, p. IS9, âp. il).

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