LÉONIDAS DE TARENTE
les Muses en effet, comme il le dit lui-même, l'avaient aimé. !^ou3 possédons sous son nom cent épigranimes qui appartiennent à tous les genres alors pratiqués : épitapbes, inscriptions d'offrandes, inscriptions de statues, portraits de poètes ou d'artistes, poèmes de réflexion philosophique ou morale. Beaucoup de ces pièces sont composées pour de petites gens, dos pécheurs, des (lieuses, qui offrent à quelque divinité les instruments de leur travail ou qui sont morfs à la peine. De là une part do réalisme très considérable : les termes technique» et précis, les mots de métier abondent dans son oeuvre. Mais un peu d'émotion s'y ajoute, et le poète véritable apparaît. Sa langue et sa vcrsificatiuii, sans être d'une pureté classique, sont généralement élégantes. 11 a su dire avec charme la douceur d'une existenca, pauvre et laborieuse ', la grâce du printemps •- la fraîcheur d'une fontaine ', et, une fuis même, on s'inspirant de Simonide, le peu qu'est la vie de l'homme, ce point fugitif de la durée entre deux infinis:
Un temps immense, à homme, s'est écoulé avant que tu vinsses au jour; un temps immense s'écoulera après que tu seras descendu chez Adès. Qu'est-oe que l'instant de ta vie? tJn point, ou moins encore. Et cette vie est dure ; car ce ino- ÎDent même, loin d'être agréable, est plus pénible que la mort odieuse. Dérobe-toi donc & la vie et fuis vers le port, comme j'ai fait, moi Phidon lils de CritoB, —je veux dire vers l' Adèa <■
Mentionnons encore l'ami de Théocrite, le médecin NIcias do Milet, dont il nous reste quelques épîgramines,
). Épigr, 55, 78, 81.
S. Épigr. 57.