‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 135 sur 514 · CALLIMAQUE · texte numérisé non relu

CALLIMAQUE

un poêle ofTicîet, une sorte d'ambassadeur très solcn- Del, qu'un roi poliliqucnicnt dévol envoie auprès des dieux pour èlre son interprète. Il a conscience de son rôle et s'applique à y faire honneur. S'il chante la puis sance des dieux, il le fait en termes nohios, et se ressouvient avec à-propos des formules ou des images consacrées par la tradition. Il s'efforce même de paraître ému. La rhétorique du lyrisme lui est familière. Il s'évertue à crier m llxiiv en l'honneur d'Apollon. La corbeille de Démêler le jette en des transporta sacrés. Il repousse bien loin les profanes : on dirait parfois un initié, un mystique. Il s'évertue à délirer. Il essaie aussi de se faire peuple, de simuler la naïveté : dans VHymneà PaUas. il .s'écrie : « >''allez pas au fleuve aujourd'hui, femmes qui puisez l'eau! Aujourd'hui, Argos boit l'eau des fontaines, non celle de la rivière ' ; » car la rivière est réservée au bain de Pallas. Mais comme on sent qu'au fond tout cela le laisse froid ! Ce qui le préoccupe, c'est de faire sa cour au prince, non aux dieux. Dans les légendes divines, il cherche des allusions à Plolémée. S'il cliante Délos, patrie d'Apollon, il pense à Cos, patrie de Philadelplie. S'il chante Zeus, c'est surtout pour arriver à dire que Zeus est le prolecteur des rois, et en particulier du plus grand de tous, Ptolémée, roi d'Egypte". S'il oublie Ptolémée, c'est pour revenir à sa vraie passion, la curiosité érudite et spirituelle qui s'amuse aux légendes rares, aux accumulations de faits mythologiques, historiques, géographiques, qu'il raconte ou qu'il interprète. V Hymne à Zeus, V Hymne à Délos sont, en certaines parties, de vraies débauches d'érudition : il y accumule les noms propres*, les allusions à des rites bizarres*. Ce qu'il aime le mieux dans les légendes divines, ce sont

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