‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 155 sur 514 · Manière d'écrire l'hist.. S · texte numérisé non relu

Manière d'écrire l'hist.. S

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conversation amoureuse) est inconnu. Bien que ce poème se rencontre dans le recueil des œuvres de Tliéocritc (XXVll), il n'est pas de Théocrile : car on y trouve un vers, le quatrième, qui n'est que ta reproduction littérale d'un vers de la 111' Idylle (v. 20j; Théocritc ne pouvait se copier ainsi lui-môme, tandis qu'un disciple pouvait lui emprunter un vers devenu rapidement proverbial parmi les lettrés *. Il y a d'ailleurs d'autres différences qui séparent cette œuvre de celles de Tliéocrite ^. L'une des plus remarquables, bien qu'on l'ait peu signalée, est que les deux perEonnag;es, d'un bout à l'autre de leur entretien, enferment leur pensée en un seul vers, comme dans une slichomythie tragique : cette sorte de gageure est soutenue jusqu'à la fin avec autant de rigueur que de verve brillante. Le poète inconnu à qui nous devons cette pièce était un écrivain de grand talent. Personne, en dehors de Théocrite, n'a eu au même degré, dans la poésie bucolique, le don du mouvement et de la vie. Les deux personnages, un berger et une bergère, sont d'une vérité pittoresque et spirituelle. Leurs sentiments, leurs attitudes, les diverses phases de l'entretien sont indiqués d'un trait aussi fm et aussi sur que dans les Syracusaines. C'est un véritable mime qui se joue sous nos yeux. Tout ce dialogue, parmi ses sinuosités agréables, court au dénouement, qui est d'un réalisme un peu libre, mais discrètement voilé par l'art du poète et relevé par l'idée de l'hymen. On sait qu'André Chénier a traduit VOaristys : sa poétique traduction conserve bien la grâce de l'original, mais n'en rend pas toute la précision mordante el toute la finesse .

Bien et Moschoa sont plus célèbres que bien connus. î. Cf. l-'ritzBche (dans Bon ôditiooï, p. ÎI3,

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250 CHAPITRE IV. — LA POÉSIE ALBXANDBINE L'ordre mémo où it faut les ranger est sujet à controverse. Selon les uns, Bion est un contemporain de Théocrite, un disciple immédiat du maitro '. Selon les autres, il a vécu après Moschos, qui fut lui-même, au dire de Suidas, disciple d'Aristarque, et qui vivait par conséquent à la fin du second siècle : do sorte que Bion aurait vécu vers le commencement du premier siècle, trente ou quarante ans seulement avant Virgile ^ Cette dernière opinion s'appuio sur des textes peu autorisés '. Elle a cootreelle la pièce intitulée Chant funèbre en l'honneur de Bion { 'EiciTcwpiOî Bùovo;), attribuée par les manuscrits à Moschos. Si cette attribution est exacte, il est clair que Moschos a survécu à Bion. Mais, fùt-elle fausse (ce qui n'est pas démontré *), il n'en reste pas moins certain qu'aux yeux du poète inconnu qui composa celte pièce, Bion était un contemporain des personnages qui figurent dans les Thalijsies, Philétas, Lycidas, Théocrite luimême '. Il est donc impossible d'admettre, avec Susemihl, que cet anonyme, contemporain lui-même de Sylla, chantait un poète mort depuis peu, et le plus sûr est de s'en tenir à l'opinion traditionnelle, qui placo Bion peu après Théocrite, cent cinquante ans avant Moschos. Cette question chronologique étant ainsi réglée, arrivons à dire le peu qu'on sait sur la vie et les œuvres de l'un et de l'autre.

1. C'est l-'opinion traditionnelle, recueillie en dernier lien par Christ, Griech. Liltr., p. 398.

t. Tliéorieda Bûcheler, Rhtin. Mus., XXX, p. 40; adoptée par Sn- Bemihl, I, p. 233.

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