et. Athénée, XI. p. iSS, E (i'.^n<n:i 'PoBibxùv M^tuv
t. La XIX' Id<rne du recueil de Théocrile est du même georei on l'attribue souvent à Moschos.
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DJOSCOIIIDE, ALCÈE, ANTIPATER DE SIDON 253
considèrent ce morceau comme n'étant pas de Moschos '. Le poètne ^'Europe raconte l'cnlëvemcnt do la jeune fîlle par Zous, métamorphosé en taureau. Le récit eet facile et agréable. L'arrivée du taureau dans la prairie, ses caresses à Europe, l'enjouement de celle-ci «juand elle s'asseoit sur son dos puissant, son étonnement (plus spirituel qu'effrayé) quand le ravisseur l'emporte au milieu des Rots de la mer, forment un tableau gracieux et pittoresque : le style est d'une simplicité aimable qui s'accorde bien avec l'emploi du dialecte ionien. .Vous avons ici sous les yeux l'un de ces modèles de jolie poésie alexandrino que Catulle aimait tant, et dont il devait s'inspirer dans son Épithatame de Thétis et de Pelée.
A côté de ces genres divers, nous trouvons enlin, dans cette période, le genre alexandrin par excellence, répigramnie, que tous les poètes ont traité à l'occasion, mais qui a fait plus spécialement l'occupation de quelques-uns et leur a donné la célébrité, comme autrefois & Âsclépiade de Samos et à Léonidas de Tarento. Ces poetae minores sont légion : nous en connaissons plus de quarante ^. L'art de tourner élégamment quelques distiques était devenu, à celte époque, familier à tous les hommes cultivés : historiens, savants, érudits, hommes d'état, hommes du monde s'e.n mêlent à l'occasion, et ne s'en tirent pas mal. Paire une épigramme est un jeu pour ces beaux-esprits. Les modèles sont si nombreux et si connus qu'il est facile de les imiter. Dans cette foute de poètes, artistes ou simples amateurs, le talent est monnaie courante. Ce qui est rare, c'est l'ori- ^nalité. Rieu ne ressemble à une épigramme de l'un
i. Cf. Saaemibl, T. p. m.
t. Cr. Susemibl.' II, p. 541-565. Cf. aussi Ouvra, Uéléagre de Ga- <Iitra, Paris, 1894. p. St.
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354 CHAPITRE IV.— LA POÉSIE ALEXANDRINE comme une épigramme de l'autre. Co sont toujours les mêmes thèmes, los mêmes formules, le même tour d'esprit. En dehors de ces ressemblances générales, il y & de certains sujets particuliers que chacun reprend à satiété; par exemple l'histoire du prêtre de Cybèle qui entre dans la grotte d'un lion et qui, surpris par le retour de l'animal, le fait fuir en jouant du tambour; — ou le désaveu de Cypris refusant des armes en offrande. Quelques pièces choisies et lues à part semblent jolies, ou même exquises; quand on en lit beaucoup, on est surtout frappé do leur monotonie, de la pauvreté des idées et des sentiments, de ce qu'il y a d'artilicicl et de convenu dans ces distiques ingénieux sur une offrande votive, sur une œuvre d'art, sur une mort prématurée, sur les flèches d'Éros et les regards de Cypris. Nous n'avons pas à suivre dansledétaJl toute cette production, trop abondante et trop peu variée. Il suffira d'en détacher cinq ou six noms qui, pour des motifs divers, ont quelques droits à une courte attention.
Il suflil de nommer, en passant, dans la seconde moitié du 111' siècle, Dioscorido, dont il nous reste une quarantaine d'cpigrammes, mais dont le mérite est tout entier dans une élégance assez banale '; — puis Alcée, de Messènc, contemporain du roi de Macédoine Philippe III (220-178), et dont nous avons une vingtaine de morceaux ^. Alcée de Messènc traile avec une élégance de bon goût les sujets ordinaires de l'épigrammc. Une de ses pièces, plus intéressante, raille Philippe sur sa défaite à Cynoscéphales (197). Le roi lui répondit par un distique où il essaya de mettre de la méchanceté '.
Antipater de Sidon est le premier en date de ces Grecs de Syrie qui portèrent dans la poésie l'habitude sophis-
I, Anlhoi. Jacobs, I, p. 2*4-2So. Cf. Suscmihl, I, p. 543. a. Aiithol. Jacobs, I, p. 237-243. Susemibl. II, p. 9it. 3. Anihat. Jacol.s, I. p. 213. (Plut. Flamin. 0).
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MËLËAGRE 305
tique de l'iraprovisalion '. Il vécut vers le milieu du second siècle : deux de ses âpigrammes font allusion à la ruine récente de Corinthe '. Noub avons de lui une centaine de pièces: c'est un des poètes les plus largement représentés dans VAnthologie. Son mérite n'est pourtant pas de premier ordre. C'est un imitateur de Léunidas de Tarente, de Callimaque, de tous les maîtres alexandrins. Il écrit avec une élégance un peu cliercliée, laborieuse d'apparence (malgré sa facilité d'improvisateur), sur des sujets qui n'ont rien de personnel.
Méléagre est beaucoup plus intéressant ', Il était né, vers le milieu du second siècle, d'un père grec, à Gadara, en Syrie, de sorte qu'il s'appelle lui-même quelque part UQ « Syrien *. » Gadara était la patrie du philosophe cyDÎquc Ménippe et paraît avoir été un centre littéraire assez vivant. Méléagre suivit d'abord lu doctrine de son compatriote, puis il se rendit à Tyr, où il mena une vie de plaisir; lui-même fait plusieurs fois allusion à cet oubli de la philosophie et de la sagesse. La plupart de ses poésies amoureuses appartiennent à cette période. Quand l'âge l'eut un peu calmé, il se retira à Cos, oi!i il s'occupa surtout, semblo-t-il, de philosophie et d'érudition, mais sans renoncer encore à l'amour. Il y mourut dans UD dgo avancé.
Comme poète, Méléagre se distingue de la plupart de ses contemporains par la place considérable qu'il donne