‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 193 sur 514 · Cf. plus liaut. t. IV. p. 6SS · texte numérisé non relu

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DlDïME; TRYPHON; APOLLODORE 303

Vers le même temps, la philologie proprement dite a pour représentant principal Didyme, oé à Alexandrie, el surnommé XoXxtvTtpo;, « aux entrailles d'airain », à cause de sa prodig;ieuse activité littéraire t. U vécut, dit Suidas, au temps de Cicéronetd'Antoine, et jusque sous Auguste. Si l'importance littéraire dos écrivains se mesurait au nombre des ouvrages, Didymescrail peut-être le premier des écrivains grecs. C'est par milliers que l'on comptait ses écrits, commentaires des classiques, études grammaticales et lexicologiques, études sur les mythes et les antiquités. Beaucoup des observations de Didyme nous ont été conservées par les scholiaslcs. C'était à coup sur un prodigieux érudit. Mais, quand on a loué comme il convient son activité infatigable, il semble bieu qu'on soit quitte envers sa mémoire.

Nous on dirons à peu près autant de son contemporain (un peu plus jeune peut-être), Trjphon d'Alexandrie '-, qui s'était renfermé plus strictement dans l'étude des mots et de la grammaire, maïs qui, dans ce domaine particulier, avait conquis une maîtrise souvent célébrée. Nous possédons les titres et des fragments d'une trentaine de SCS ouvrages.

L'histoire proprement dite, dans la période qui suit îmmédialemenl Polybc, est remarquablement stérile

i. Saidas, AiBufio;. Cf. Snaeinihl, II, p. 19S-Ï10. — Fragmenta re enRillis par M. SctamidI, Didymi Chakealeri Fragmenta, Leipzig, 1831. V. aussi Arthur Ludwig, AriilarcAi Homerteitkrilik nach den Fragmenta d. Dîdi/moi, Leipzig. tBS4.

t. Snidaa, Tpùjiov. Cf. Susemihl, II, p. !10-2li. ~ Fraf^ments r (ueiHia pir Arthur von Velsen. Trypkohâ gramna'.ici Ateiandri fraqnun'a, Berlin, 1853.

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304 CHAPITRE VI. — LES GRECS A ROHE Jusqu'à Diodoro de Sicile et Nicolas de Damas, qui appartiennent au temps d'Auguste, on ne rencontre que des polygraphes, dos curieux qui touchent certains points d'histoire en passant, par occasion, ou qui explorent des provinces voisines, et par exemple la mythologie. Aucun d'entre eux ne fait à proprement parler Ggurc d'écrivain.

Apollodore d'Athènes, le premier en date, est un mythographo plus qu'un historien <. Élève à la fois des Stoïciens de Pcrgame et d'Alexandrie, il vécut surtout à Pergame, sous le règne d'Atlale H (à qui l'un de ses ouvrages fut dédié), c'est-à-dire vers le milieu du ii* siècle. On ne sait rien de sa vie. Parmi ses écrits, quelques-uns se rattachaient à la tradition d'Aristarque, par exemple des traités Sur Sophron, Sur Êpicharme, Sur les étymologies. D'autres, comme son ouvrage Sur les courtisanes alkéniennes, révèlent déjà chez lui le goût des faits et des anecdotes. It est probable que son commentaire en douze livres Sur le catalogue des vaisseaux, dans Ylliade, avait le même caractère. Mais ses deux écrits les plus célèhres se rapprochent davantage de l'histoire proprement dite. L'un était une Chronique rimée (Xpovtxà), où il fixait en vers mnémomiques la suite des faits depuis la guerre de Troie jusqu'à l'époque contemporaine; inutile de dire que la poésie n'avait en cela que peu à voir. L'autre était une Histoire des Dieux (flspt fleûv), en 24 livres '; immense et savant répertoire, oii toutes les traditions différentes mises en oeuvre par les poètes et les historiens, toutes les opinions même émises sur les dieux parles philosophes, se Irou-

1. Cr. SuKemlhl, I. II, p. 33-t4. — Fragmente dans C. Mflller, Fragm. Hisl. gr., I, p. 4Ï8-W9.

3. Un extrait de cet ouvrage, par Sopatros, est analysé par Fhotios dans sa Bibihlhique, ISI.

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UÈTBODORE; ALEXANDRE POLYHISTOB 305 valent recueillies, classées, interprélées allcgoriquement selon la doctrine stoïcienne '.

Mélrodore de Scepsis, né vers le milieu du second siècle, est un polygraphe*. Élève de son compatriote Démétrios, puis de Carnéadc, il se tourna^ dit Strabon, vers la politique et la rhétorique *. Mais la politique, à cette époque, ne se faisait plus qu'à la cour des princes. Mélrodore, en effet, fut longtemps l'ami de Mithridale Eupator, qu'il finit par desservir auprès de Tigrane, et qui se vengea en le faisant périr * (70 avant J.-C). Métrodore haïssait Rome '. C'est peut-être le trait le plus original de son caractère. Quant à la rhétorique, c'est probablement dans son Histoire de Tigrane qu'il en avait déployé les ornements*. Par cet ouvrage, d'ailleurs totalement perdu, il avait pris rang parmi les historiens. Mais il avait aussi traité d'autres sujets que l'histoire. On lui attribuait un écrit Sur tart de la lutte m?: îileiXTWvi;) et un ouvrage Surthabitude (irept oinm- 9e(3;), où il semble avoir surtout parlé des animaux,

I. Apoltodore avait sq un ilevancier dans un contemporain d'H^radote, Hérodoros d'Héradée, auteur d'ouvrages mythologiques sur Héraclès et sur les Argonautes (notice et fragments dans C. Haller. Fragm. Hiat. gr., II, p. Z7-*l). 11 eut de nombreui buccbbsears, et notamment l'autour inconnu de la Bibliothèque. qu'oD lui attribuait à lui-même et dont il sera question plus loin. Le teita en a été publié par C. MQUer, Fragm. Hiil.gr. I. p. 104-179, et dans Im Mylhographi graeci de R. Wagner (Bibl. Teubner), avec quelques fragments nouveaux. Mentionnons encore Deoysdo MitylÔne, surnommé Bras de cuir (EnnTOÏpaxIuv), et Palaphatos, qui vivaient an 1- siècle avant J.-C, auteurs de Tptoixi et de divers autres ouvrages sur les temps mythiques.

i. Fragments dans C. MUlter, Fragm. HUt. gr., III, p. 302-203.

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