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PERIODE DE L'EMPIRE

Mauricb CROISET

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318 CHAPITRE l"". — VÉRIODB DE L'EMPIRE les périodes précédentes. Des époques assez brillaotes y apparaissent entre des époques de médiocrité générale. Le second siècle et le quatrième produisent dans divers genres dos séries d'œuvres remarquables; lo troisième, tout désolé qu'il est par l'anarchie, peut se glorifier d'Origène, do Dion Cassius, de Plotin et de Porphyre, Mais le premier siècle est pauvre, le cinquième et les .suivants sont de plus en plus stériles. Comment s'orienter au milieu de ces alternatives ? Quelle est la formule de cette évolution obscure et compliquée?

Pourtant, les événements do l'histoire intellecLuelle et morale, si difTiciles à débrouiller qu'ils puissent paraître quelquefois, ne flottent pas au hasard. Ils se rattachent à dos causes générales qui produisent des mouvements toujours explicables et toujours soumis à une certaine régularité. Et ils n'entrent même dans la science, ils ne deviennent vraiment matière de connaissance intelligente, qu'à la condition d'être mis en rapport avec ccM causes et avec 'ces mouvements. Voilà pourquoi nous ne pouvons nous dispenser ici, avant d'en venir au détail, d'essayer de montrer à grands traits comment s'enchaînent entre elles les époques que nous allons avoir à parcourir.

On vient de voir, dans la fin de la période alexandrine, le génie grec s'appauvrir de jour en jour. Certes, les différents États helléniques issus de la monarchie d'Alexandre n'avaient jamais offert à la vie de l'esprit des conditions comparables à celles qu'avait réalisées la Grèce indépendante du v" et du iV siècle. Néanmoins, plusieurs d'entre eux avaient constitué dans les pays de l'Orient des foyers d'hellénisme très actifs.

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Leurs capitales étaient autant de centres importants, où les hommes de talent avaient chance de trouver des ressources de travail, un puhlic, des récompenses el de la considération. A mesure que ces États perdirent leur autonomie et se transformèrent en provinces romaines, ces centres déclinèrent. Les gouverneurs romains du dernier siècle do la République ne pouvaient se substituer aux rois grecs disparus, dans leur rôle littéraire et artistique. Beaucoup d'entre eux n'étaient rien moins que des lettrés, et, le fussent-ils, ils n'étaient là qu'on passant, occupés à établir l'autorité romaine, à conduire les armées, à négocier, à s'enrichir, mais nullement à propager l'Iiellénisme. Le royaume grec d'Egypte fut le dernier, parmi les États de quelque étendue, qui perdit son indépendance ; et c'est pourquoi la réduction de ce royaume en province romaine (30 av. J.-C), événement qui coïncide presque avec l'élablissement de l'Empire, peut, si l'on veut, être considérée comme marquant la fin d'une période et le commencement d'une autre; en réalité, les faits caractéristiques de cette ère nouvelle étaient déjà en pleine manifestation vingt ans plus tôt, vers l'an 50 avant noire ère.

Le plus important de ces faits, c'est l'alfaiblissement de la vie régionale, qui a pour conséquence l'émigration des Grecs vers la ville de Rome. C'est là que nous allons rencontrer les principaux écrivains dont nous aurons à parler, sous César, sous Auguste et ses successeurs, et il en sera ainsi jusque vers la fin du premier siècle après notre ère. Ce mouvement, commencé dès le temps de Polybc, atteint sous le règne d'Auguste son maximum d'intensité. Nous aurons donc affaire, dans cette première époque, à une littérature dépaysée et, pour ainsi dire, déracinée, vivant d'une manière artificielle sur un sol qui n'était pas le sien. Une telle littérature ne pouvait avoir ni beaucoup de sève ni beaucoup d'éclat.

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820 CHAPITRE I". — PÉRIODE DK L'EMPIBE C'est celle des Diodore, des Donys d'Halicarnaaso, des Strabon. Elle se nourrît dans les bibliothèques, elle fleurit dans de petits cercles lettrés, elle vise surtout soit à la conservation, soit à la vulgarisation des connaissances acquises et des idées traditionnelles. Nulle haute ambition do propagande et un très faible souei de l'art d'écrire; toujours la manière banale, impersoDnelle, dos derniers temps de la période précédente.

Cependant, on commence du moins à réagir contre l'incorrection, le mauvais goût, l'abus du langage technique. De plus, on cherche à faire apprécier du vainqueur le passé de la Grèce, à propager parmi les Romains euxmêmes la connaissance de ses idées, sa science de l'histoire, sa philosophie, à faire admirer ses grands écrivains. Et par là so prépare une renaissance, qui ne sera sans doute ni très complète, ni très durable, mais qui aura néanmoins son éclat. Ce premier âge est donc surtout un âge do transition : il so relie étroitement, par ses habitudes d'esprit, ses méthodes, sa manière même d'écrire, à colui qui l'a précédé immédiatement ; mais, d'autre part, il élabore les éléments, littéraires et moraux, qui vont rendre à l'hellénisme une certaine force de vie, à savoir une philosophie religieuse et le goût de l'art oratoire.

Dès le temps des Flavions, dans le dernier tiers du i" siècle, les signes de cette renaissance se manifestent. Us se produisent en même temps que se relève la nationalité hellénique. Sans doute, l'état politique de celleci n'est pas changé. Mais les conditions de l'existence deviennent meilleures en Grèce et en Asie. Les provinces, protégées par les orapereura, se voient moins du-

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remenl traitées; les fortuaes se sont refaites, et, avec elles, certaines graades situatioDs sociales; les villes prospèrent, la vie municipale prend plus d'activité. Si l'on va toujours à Rome, du moins on ne s'y établit plus guère à demeure. Les ambitions littéraires et même politiques trouvent à se satisfaire dans la province natale. Alors, un mouvement remarquable se produit dans les esprits. La philosophie, qui, sous les premiers empereurs, vivait dans les petits cercles de Rome, reprend de l'autorité. Avec Épictète, Dion et Plutarque, elle se met progressivement à jouer un tout autre rôle. Elle ose aspirer de nouveau à se faire écouler dans le monde ; et, en elTet, sa voix est entendue au loin, partout où l'on parle grec; on recueille ses enseignements^ on les sollicite même ; ils se répandent à travers les provinces, dans toute lasoeiélé cultivée. Kt celte pbilosopbie a, au fond, do plus hautes visées que celle de la période alcxandrine. Elle s'est sensiblement dégagée des vaines disputes; elle tend à l'essentiel, elle veut élever et fortifier les âmes, et, dans la morale ou au delà, elle cherche Dieu.

A côté de la philosophie renaît l'éloquence. Elle non plus ne veut plus s'enfermer dans l'école : elle donne des séances publiques, elle brille dans l'improvisation et dans les sujets ilctifs, elle traite même les questions morales et les affaires publiques ; et, sous toutes ces formes, elle provoque l'enthousiasme, elle redevient une puissance dans la société. Cette sophistique, quels que soient ses défauts, a au plus haut degré le sentiment de l'art et elle le communique à toutes les parties de la litlératuro qui l'avaient perdu. C'est ainsi qu'au second siècle, 60U3 les Antonins, les Grecs se remettent à écrire en vue de plaire. D'ailleurs, celte activité littéraire réveille le goût et l'admiration du passé. Elle ramène donc avec elle tout UQ cortège d'idées, de souvenirs, d'impressions ;

HUt. de la Litt. giscqo». — T. V. 21

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323 CHAPITRE I". — PÉRIODE DB L'EMPIRE et, par suite, elle redonne à la pensée plus de vigueur et plu3 de souplesse, elle rond aux natures d'élite ces qualités de délicatesse, de finesse, d'élégance qui leurper mettent de manifester ce qu'elles ont de personnel. Si la littérature grecque compte alors trop de rhéteurs fastidieux, elle a aussi des pamphlétaires de valeur, comme Lucien, des historiens sérieux, tels qu'Arrien el Ap pien, des moralistes tels que Marc-Auréle.

Bien plus confiant en lui-même qu'au siècle précédent, le génie hellénique ne se contente plus de commenter ni de vulgariser, il ose prétendre de nouveau à une certaine originalité créatrice. L'instruction morale, lelle que la comprend Dion de Pruse, la hiographic anecdotiquo entre les mains de Plutarque, le dial<^ue, moitié comique, moitié sérieux, de Lucien, même la méditation solitaire chez Marc-Aurèle sont, en un sens et à des degrés divers, des genres nouveaux, tout au moins des genres naissants.

Le défaut irrémédiable de presque tous ces genres, malgré leur réel mérite, c'est qu'au lieu de surgir des sources populaires cl de s'y alimenter, — comme autrefois l'épopée, le lyrisme, l'art dramatique, l'éloquence, — ils naissent tous de l'imitation littéraire. Floraison de serre chaude, qui ne peut vivre que par artîlîce, dans un milieu tout spécial. La grande masse des populations grecques ou hellénisées ne les comprend pas ou ue s'y intéresse pas. Et, àvraidire, cette masse ne semble pas avoir eu alors une culture grecque suffisante pour qu'elle fût capable de besoins littéraires ou artistiques. Elle était trop mélangée, trop hétérogène. Ilom' mes de toute origine et de toute race. Égyptiens, Sy riens, Cappadociens, Phrygiens, menés par des fonctionnaires romains, que pouvaient-ils mettre en commun sinon des sensations ou des instincts très simples ? Fêtes publiques, jeux, spectacles et pantomimes, voilà ce qui

pouvait les émouvoir, non lea idées. D'ailleurs, indifféreots aux choses publiques, habitués à vivre eu troupeau humain, quel grand courant de pensée ou de sentiment aurait pu se développer parmi eux? Les lettrés vivaient au dessus de cette foule et en dehors d'elle, formant comme uo monde distinct, qui n'avait pas d'action sur Ks multitudes inférieures, et qui ne cherchait pas à en avoir. Polis, élégants, instruits, faisant do l'art savant et ingénieux, ils n'étaient bien compris que des gens polis eux-mèrnes, c'est-à-dire d'une clâsso restreinte.

Cela les condamnait forcément, après une courte période de succès, à la stérilité. Car cette classe supérieure, toujours la même, indéliniment soumise à la même éducation, à peu près étrangère à tout ce qui venait d'en bas, ne renouvelait guère ses idées; or l'imitation qui ne change jamais de modèles est destinée à s'épuiser prompteinent. Ce sort fatal fut celui de l'éloquence profane dès la ûodu second siècle. Après la période brillante que clôt Lucien, elle décline à vue d'œil. Au m' siècle, elle est surtout représentée par des sophistes sans idées, qui imitent des imitateurs et qui se travaillent à orner des choses insigniûantos ; c'est le fait des Élien, des Philoslrate, des Athénée. Dion Cassius fait exception au milieu d'eux par un certain sérieux, qui manque d'ailleurs d'élévation et de force.

La philosophie seule, en ce temps. Ht un eiïort intér^sant pour sortir du milieu étroit où s'enfermait la littérature proprement dite. Dion, au début du second siècle, avait essayé déjà, comme nous le verrons, une sorte de prédication populaire. Mais une pareille entreprise ne pouvait avoir qu'une apparence éphémère de succès. Avec tout son esprit, celui qui la tentait ne possédait aucun moyen efficace de toucher les multitudes; car il ne pouvait s'entendre avec elles que sur quelques points d'une morale assez banale. Au fond, les croyances, les

3ai ClIAriTRE I". — PÉRIODE DE L'EMPIRE

habiludes d'espritde l'orateur étaient entièrement différenies de celles de son public. Cela n'eut donc ni eiïetni durée. Et la philosophie, se repliant sur elle-même, se mit à faire du syncrétisme savant, de la morale très haute, mais qui demandait trop à l'efTort personnel de l'individu. Elle essaya de renouveler l'idée de Dieu, de la..rpndre plus pure et plus vivante. Elle y travailla pendant tout le second siècle; elle put croire, au troisième, qu'elle y avait réussi. Le néoplatonisme, enfanté parlagrando àme dcPlotin et consolidé par lascicncede Porphyre, fut une œuvre admirable en son genre- puisqu'il réussit à condenser dans une doctrine systématique, aussi rationnelle qu'elle pouvait l'être alors, tout ce qui restait encore de force vive dans l'hellénisme. Mais ce fui une œuvro do savants, d'ascètes, do sulilaires, qui ne pénétra jamais profondément dans le peuple, parce qu'elle supposait une culture dont il était dépourvu .

Gc qui toucha la multitude, le voici. Dès lo milieu du second siècle, le christianisme, sortant de son obscurité primitive, avait fait son apparition dans le monde grec; il s'y était révélé, presque aussitôt, comme doué d'une force d'expansion merveilleuse. C'est que le christianisme répondait justement aux besoins profonds de ces masses que la haute culture hellcDique n'atteignait pas. Celles-ci hésitaient au milieu de croyances confuses, changeantes, les unes vieillies et qu'on sentait affaiblies par les interprétations des esprits cultivés, les autres trop locales, sans autorité morale, sans dogmes précis. Le christianisme, au contraire, était à la fois jeune et ancien: jeune par ses apôtres, par son évangile; ancien par la tradition biblique à laquelle il se rattachait. Il était simple, concret, parlant au cœur et k l'imagination. Il apportait des récils touchants et merveilleux, des mîrajcles, des prophéties qu'il montrait réalisées, el, avec

cela, des afQrmations définies, des prumosscs précifles, des proscriptions fermes. Enfin, il avait pour lui la ioi de ses premiers adhérents, leurs vertus, et l'IiéroïBne de ses martyrs.

Dès qu'il eut vaincu les premières diflîcultés, il gran* dit rapidement à cdté do l'hellénisme; et il le dessécha dans ses racines, en attirant à lui, pour ainsi parler, toute la sève de la terre. Les premiers apologistes, au second siècle, sont en général de faibles écrivains etde médiocres penseurs. Mais ils manifestent une force qui D'à besoin ni de style ni de dialectique, celle de la croyance et de Tamour. C'est par la foi, et non par le raisonnement, que le christianisme a détruit l'hcdiénisme. Le raisonnement au contraire, môme chez las docteurs chrétiens, tendait plutôt à le sauver, en l'incorporant, plus ou moins modifié, à la croyance nouvdle. Cela est bien sensible chez les théologiens du tu* siède, chez Clément et chez Origène. L'un et l'autre se raUachent à Platon pour la métaphysique, au stoïcisBe pour la morale. Ils tendent donc à fondre l'hellénisme dans te christianisme, et ils préparent ainsi l'union éphémère qui va se réaliser après eux.

Tout stérilisé qu'il fût déjà, l'hellénisme semble reprendre quelque vie au iv" siècle. Après les guerres civiles et l'anarchie de la seconde moitié du ni* siècle, l'empire, réorganisé par Dioclétien, retrouve quelque prospérité. Les écoles, en parLiculierj se relèvent pour un peu de temps, et c'est par elles que la tradition grecqae profane se perpétue. Ses principaux représentants au iv' siècle sont des^maîtres <le rhétorique, tels qu'Himôrioset libaoios; des philosophes enseignants, comme Jambli-

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8S6 CHA.PITBE I". — PËBIODE DE L'EMPIRE que et Tbémistios ; des historiens rhéteurs et beaux-«sprits, tels qu'Ëuaape. Julien lui-même, quoique empereur; est un homme d'école. En fait, tout ce qu'ils produisent est peu de chose, et la vraie littérature grecque, au IV* siècle, est la littérature chrétienne.

Certes, celle-ci est alors profoodémcnt pénétrée d'hellénisme. L'érudition historique d'un Eusèbe, l'éloqueDce d'Athaoase, de Basile, de Grégoire de Nazianze, de Chrysostorae, leur dialectique même, et une partie de leur théologie, tout cela vient io la tradition grecque. Et ce qui semblait mort entre les mains des Grecs païens, qui n'avaient plus rien à dire, redevient vivant chez ces hommes qui sont en communion intime avec les multitudes. Il semble donc que l'hellénisme, défioitivemeat épuisé dans sa veine primitive, se renouvelle alors sous forme chrétienne. On voit renaître les genres anciens, mais christianisés, l'éloquence surtout, tantôt militante, tantôt familièro et didactique, la philosophie, l'histoire, la littérature épistolaire. A ces genres, le christianisme fournit la plupart des idées et des sentiments ; quant à l'hellénisme, s'il leur donne, lui aussi, des idées, il leur apporte surtout son art et ses méthodes. Au premier abord, l'alliance ainsi contractée semble féconde. Et pourtant les résultats qu'elle donne sont incomplets et de peu de durée. En y réfléchissant mieux, on en comprend la raison. C'est que cette alliance a été plus accidentelle que nécessaire, ou, pour mieux dire, c'est qu'elle était peu conforme à la nature des choses.

Le christianisme avait grandi en dehors de l'hellénisme, ou plutôtonopposilion avec lui; et, aussi, en dehors de toute préoccupation d'art et de beauté sensible. Jusqu'à la fin du m' siècle, le goût de la forme littéraire lui est totalement étranger. Ses apologistes, ses docteurs, ses premiers historiens se servent de la tangue avec indifférence, sans se soucier le moins du monde de

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la faire concourir, par des qualités originales, à l'effet 4]u'il8 veulent produire. Les emprunts qu'ils font à la tradition grecque sont des emprunts de pensée, pour nourrir leurs discussions, pour développer leurs doctrines. Mais ils sont aussi affranchis qu'on peut l'être de ce désir de satisfaire le goât, de charmer ou de frapper l'imagination, sans lequel il ne peut y avoir de création littéraire à proprement parler.

Si cola change au iv* siècle, c'est qu'alors l'Église est bien plus mêlée au monde. Elle atteint les hautes classes de la société, les classes lettrées et savantes; elle recrute ses évèques parmi les élèves des écoles, qui se sont formés dans leur jeunesse à l'art de la parole. Ceux-ci font profiter l'enseignement religieux de tout ce qu'ils ont appris auprès de leurs maîtres païens. Ce sont les disciples d'Himérios et de Lïbanios qui montent dans les chaires épiscopalesdeCcsarée, d'Antioche et de Constaotinople. Us y portent l'art qu'ils se sont assimilé, un art tout hellénique. Sensihles au bienfait qu'ils en ont reçu, ils recommandent à leur tour cette éducation aux jeunes gens. Seulement, tout en la recommandant, ils la détruisent à leur insu. Ils veulent réduire l'enseignement profane au très modeste rôlede préparation première ; et ils ne voient pas qu'ainsi humilié et découronné, condamné à servir des fins qui ne sont pas tes siennes, il ne peut que dégénérer en une sorte de mécanisme. Étudier l'éloquence, si l'éloquence elle-même a peu de prix, chercher des modèles chez des auteurs dont on considère non seulement les idées comme erronées, mais la méthode même comme mauvaise, est-ce une tentative qui puisse réussir?

L'éducation hellénique ne pouvait être féconde qu'à la condition de croire à la puissance de la raison, à la valeur de la beauté sensible, à la légitimité des hautes ambitions, & l'importance des meilleurs intérêts terres-

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