‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 207 sur 514 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

*. Iliid., 3.

5. C'est à Ammaeos qu'i^st dédié le Trailé dfs an proliablemeDt le plus ancL-n ourrugu de Di^ityH <iui

6. Arrangeaient dei msli, !0. Le jeune Bufus ùlM iMt. ibid-, c. 1.

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Dans ce cercle intelligent, on causait littérature; et Denys, avec son érudition, ses lectures variées, soo goût juste et ses ({ualités critiques, y était fort écoute. Beaucoup de ses écrits naquirent de ces conversations. Les uns sont des consultations littéraires, adressées i quelques amis absents; d'autres sont des explicalioDs, ï propos de tel ou tel point débattu et resté douteux; le plus petit nombre seulement consiste en de véritables traités, composés à loisir. Quels qu'ils soient, tousont cet intérêt, de nous représenter très fidèlement la vie intellectuelle de celte petite société érudite, pédante el batailleuse, qui, après tout, ne doit pas être coDsidérée comme un élément sans importance dans la graude société romaine du temps.

L'horizon des idées y était étroit, comme il l'est naturellement dans les écoles qui n'ont point d'ouverture sur la rue. Les grandes cboses du monde louchaient médiocrement ces petits professeurs grecs. Ils vivaient on dehors de la vie réelle, dans leurs livres ; el il leur manquait à tous cette largeur de vues, cette liberté d'esprit, cette faculté do juger de la valeur réelle des choses, qui ne se forment que par une ample expérience de l'humanité. Nulle philosophie en eux, ni spontanée, ni acquise. Un dogmatisme médiocrement inlclligent, el des passions de bibliothécaires. Vivant sur le passé, habitués à commenter des textes el à les critiquer devant des élèves, exclusifs dans leurs admirations, entêtés dans leurs jugements, ils se querellaient tous les jours sur des questions de goût, qu'ils interprétaient petitement. Une exagération provoquait une exagération contraire : les uns ne juraient que par Platon, les autres lui en voulaient furieusement de ce qu'il n'avait pas écrit comme Lysias; quelques-uns faisaient de Thucydide le modèle même de l'histoire, et d'autres au contraire se scandalisaient de sa subtilité puissante et même de son admî-

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DENïS D'HALIGARNASSE; SON MILIEU 359 rablc sens de la vérité '. Tous ces parlis-prîs se heurtaient, se chamaillaient, s'évertuaient à s'accabler mutuellement sous une grêle de citations, qu'on prenait à pleines mains dans les commentaires, accumulés depuis deux ou trois siècles par les grammairiens. Car l'érudition de ces lettrés querelleurs semble avoir été souvent une érudition d'emprunt. Grands lecteurs d'un petit nombre de livres, oft ils enfermaient leur idéal, il est bien probable qu'ils relisaient rarement ceux qu'ils décriaient.

Denys n'était pas une nature assez puissante ni assez personnelle pour réagir bien vivement contre l'influence de ce milieu. Ce qu'il faut dire en sa faveur, c'est qu'il y avait apporté une sincérité, une modération et une honnêteté naturelles, que le mauvais exemple ne réussit pas à pervertir complètement. Conservateur et profoodément classique, par tempérament et par éducation, c'était une peine pour lui que d'avoir à toucher aux réputations établies '. Le malheur était que, malgré cela, il ne réussissait pas à se détacher assez des préjugés ambiants pour étudier avec liberté les grands auteurs qui ne répondaient pas à son idéal. Frappé de ce qu'il croyait voir de défectueux en eux, il se sentait tenu en conscience de le dire, o car la première chose, écrivait-il, c'est de ne pas tromper volontairement et de ne pas souiller sa conscience ^ » Le critique à ses yeux avait en effet charge d'âmes ; c'était son rôle que de prévenir une imitation irréfléchie qui aurait altéré le goût *. Voilà comment il s'autorisait lui-même dans ses partis pris et se croyait obligé de les soutenir, sans ménagements et sans compromis.

1. Snr les tanariques de Thucydide, Toyez Denya, Sur le caractère de Thuei/dide, 2, 3t, 37.

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