‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 233 sur 514 · LE STOÏCISME · texte numérisé non relu

LE STOÏCISME

Dans ces divers écrits, s'accuse fortement la tendance pmf(Hide du néopythagorisine> celle qui en détermine le caractère essentiel. C'est une école de morale religieuse, très pure, mais inclinant au mysticisme; une école de recueillement, de tradition, de prière, de vie intérieure harmonieuse et paisible, en union avec Dieu ; digne par conséquent de tout respect, mais peu faite pour la popularité.

Tout autre était le stoïcisme. A.rmé pour la lutte, il eut l'honneur do constituer sous les mauvais règnes une certaine force de résistance et de rcprôseiUer la protestation lie la dignité humaine. Lorsqu'on se rappelle tant de pages éloquentes de Scnèque, tant de beaux vers de Perse et de Lucain, qu'il a inspirés; lorsqu'on le voit d'autre part à l'œuvre dans certains récils de Tacite, où il apparaît comme le soutien des plus nobles oppositions et des morts les plus courageuses, on est endroit de penser qu'il a dû se montrer non moins fier ni moins militant dans les écrits grecs du même temps. Or cette attente est déçue par les faits. Pour rencontrer un sto'icicn, de culture grecque, qui se soit distingué, comme écrivain et comme homme, par une personnalité tout à fait éminetito, il faut aller jusqu'à Epiclète, qui appartient déjà presque au siècle desAntonins. Ses prédécesseurs, les maitres ou les amis des grands Romains du temps de Néron, sont des hommes de second ordre, très recommaudables par leur caractère et même par un certain talent, mais qui no font guère que répéter et transmettre sans éclat l'enseignement traditionnel de l'école. Deux d'entre eux seulement retiendront quelques instants notre attention.

Himl. da 1> LItt. gtecqu*. — T. V. 27

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L'Africain L. Annaeus Cornutus ■ est bien coaou comme le maître du poète Perse, qui a su dire dans des vers célèbres la douceur de son intimité, sa bienfaisante influence et le charme de sa sagesse socratique ^. C'était un grammairien autant qu'un pliilosophc, et un Lalio d'éducation autant qu'un Grec. U avait composé en latin des Conimertlaires sur Virgile, en 10 livres ^, un écrit Sur la prononciation et /"orthographe *, peut-être mëine des Irugcdies ', et divers ouvragesde rhétorique, dont ud traité Des figures de pensée *. Le seul livre grec qui nous reste de lui est intitulé Abrégé des iradUions grecquet relatives à la théologie ('ET:iSfov.i; twv xaTfi -rry él).T,>«î;y ôeoî.oyiav î:opxôedo[iiv(i)y) '. C'est un résumé sans valeur littéraire, mais fort curieux, des interprélationsélymologiques et symboliques données par l'école stoïcienne à la mythidogio poétique et populaire. L'auteur expose brièvement à un enfant ce que d'autres avant lui avaient développé longuement *. Ces ouvrages antérieurs élant perdus, rien ne vaut aujourd'hui ce petit livre pour montrer ce qu'il y avait de puéril et d'arbitraire dans ces explications d'écoles, qui essayaient de concilier les vieux mythes avec la philosophie.

i. Suiilas, T. Kopvoùio;, S. Jérôme, Chron., an d'Abrab., WSK. Dion, LXII. ^9. AnoD. Vie de Ptrae. ~ J. von Martini, De L. minuta Cornutù. Lugd. Bat. I32Ô. Oito lahn, prôf. de bob édit. de Perse {1344).

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