‹ Histoire de la littérature grecque (volume 4)Chapitre 234 sur 514 · Perse, Sai..V. Sl-4i · texte numérisé non relu

Perse, Sai..V. Sl-4i

3. Gell., II, 6, 1. Charisma. I. p. 1Î7, SOet 1Ï5, 16 (Keil). t. Caasiodorc, p. 3281 (Putsch).

5. Anon., Vie de Perse. Voir Tauffel, Geieh. d. i-ëin. Lit., 294, d. t.

G. Suidas,!, c. ; f^P'"!" "<>>>>'à ...piiTopixà. Gell., IX. 10,. 5. — Les commentaires sur Perse et sur Juvénal qui portent son nom datent seulement du moyen âge (Teudel, ouv. cité, SUT, n. 6 et 3ii. n. 7).

T. Publié par Osann, Goettinf^en, 1S44, d'après une copie de VLlloison. Édition critique de C I.ang, Comuli Theologiae grmcje cornpendium, Lipsise, ISSl (Bibl. Tcubner), où l'on trouvera l'indication des mas. ei une préface qui établit l'authenticilé de l'ouvrage.

S. Ch. XXXV. fin.

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CORNUTUS ET UUSONIUS 419

Moins maltraité par le temps, C. Miisonius Rufus tient encore sa place entre les moralistes de ce siècle '. Chevalier romain, d'une famille étrusque originaire de Bolsëne, il fit profession de philosophie, et se rendît célèbre par son enseignement sous Néron. Sa renommée el l'i nJlucncc qu'il prenait sur la jeunesse le firent exiler eaSo. Il fut relégué en Grèce, d'oCi il revint à la mort de Néron; il embrassa la cause de Vespasion, qui lui parut celle de l'honnêteté. Dès le début de son règne, il accusa et fit condamner le délateur Celer. Quand Yespïsien à son tour, chassa do Rome les philosophes, en 71, Musonius fut excepté de cette rigueur par une faveur spéciale. Le second Pline put encore le voir el l'aimer ; mais il senibic être mort avant le règne de Domitien. Sa maison était comme le sanctuaire du stoïcisme à Rome sous Xéron et Vcspasien. On y voyait venir, entre autres disciples, le jeune Épictètc, qui y fut initié ïla philosophie '. Les conversations privées qui s'y tenaient et quelques conférences publiques en grec que donna .Musonius ^ furent plus tard publiées en substance par un certain Pollion, évidemment son disciple, sous le titre de Souvenirs de iîusonius (Mo'icuviou iica-j-vn^viù- ^rz); recueil dont un assez grand nombre de morceaux nous ont été conservés dans les extraits de Stobce'.

D'après les témoignages les plus autorisés, notam-

I. Suidas, V. Mojffiivioî; Tacite. .4-inaiei, XIV, 59 ; XV, 11 ; Hiï- (oirei, m. 81; IV, 10 al *D ; PMloatrate, A'^ron ; Vitd'ApolL. VII, 16; Pline, EpUl.. III, 1 1 ; Dion, LXII, il. 3 ; LXVI, 13, 1.

;. ÈpictétB, Ka-.r^lUns, I. 7, Si; 9, S9; 111, 6, 10 ; 16, 1 ; Î3, S9.

î. Piusieura passages d'.^ulu-Gelle prouvent que Musonius enseignait en grec (IX. 3. 8 ; XVI, 1, 1). Le mot cité en latio (XVIII. -, I : Rjmittcre nnimum quasi amittcre eit) est probaljlcment une IradanioQ du grec : 'Oiiaiov tô àviivai 4<uxr,v tû ij-.hm-

t. .Viuoflii reliqulœ etapopktkegmalu, de Poerikamp, Ilaricin, 1822. Snidag, riwXiuv.

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ment ceux d'Épictète et d'Aulu-Gelle, l'enseignement de MusoniuB était remarquable par sa sincérité vigoureuse et son caractère pratique '. Sans dédaigner aucune partie de la doctrine traditionnelle, il s'attachait surtout i la morale. Ses leçons étaient de vives peintures, franches et familières, où chacun ec reconnaissait. Volontairement étranger à toute rhétorique, il se proposait d'éveiller laeonscienco de ses auditeurs, d'y faire oaitre le reproche secret qui seul rend efficace la parole du maître, et il y réussissait par une précision pénétrante.

Cette impression tics Contemporains, nous ne l'éprouvons pas complètement en lisant les fragments qui soat venus jusqu'à nous. La faute en est sans doute au rédacteur, qui n'a pas su garder tout ce qui faisait la force et le charme de la parole du maître. Les qualités propres de celui-ci apparaissent davantage dans les mots cités isolément par Plutarque, Aulu-Gelle, Slobéo.Mais les fragments étendus nous donnent du moins l'idée nette de l'esprit de son enseignement moraL Ce sont des instructions familières qui touchent à toutes les choses quotidiennes, à la nourriture, à l'habitation, aux vêlements, au mariage, aux droits des parents, aux peines de la vie, à la vieillesse ^ Les idées viennent de Platon, d'Aristote, de Chrysippo; ce sont celles que nous reocontruns vers le même temps chez Sénèque et chez les

I. Gell., V, 1: paroles de Musonius contre les sopbistea, notamment : Quisquis ille est qui audit, ... inter ipaam pbiloEophi orationem et periiorrascat necease est et pudeat tacitu9 <? t paniteat et gaudcat et aditiirelur..., etc. Epiet., Eniret., III, !3, !9 ; djtu: riiT^T ued' cxaotov t,|i ûv xaï'^tMvsv oïiaflai Eti tIï koti aÛTÎv Eict{«E>.T,iicv' dûtmc T,I[;£TO TÛV fxvatiÉvbiv. oÛtu -xpo à;(lil|i(}v iiiSit Ta txivTOU -tKtà.

3. StobéQ, Florilrg. 1, Si, nipl miicr.f ; XXIX, 73. «pi itnJ.aitK, sur la nécessité de s'exercer quotidiennement à la vertu ; XVin, 38, Ktf,\ ^fiifr,i '. XXIX, 7S, 'Oti icivou ta^xffa-n,tttv ; XL, 9, Gii oi xaxnv i\ ifvtT,, entretien avec un exilé sur l'exil ; LXVII, 80, Bi l|j,xi> Ciov Tiîi fD.oooçEÏv fâiio; l LXIX, 23, tI th xif aXalov ];â|iou ', CXVII. S,

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MUSONIOS RUFOS 421

pythagoriciens. Si Musoaius se distingue par quoique chose entre les raiîtrea du stoïcismi, c'e^t surtout par un remarquable bon sens pratique, qui n'exclut pas l'élévation des sentiments; il prend la société toile qu'elle est, il ne sacrifie pas la famille à un ascàlisms chimârîque ', il donne à la femmi sa véritable place au foyer et il élève très haut l'association conjugale^. On comprend mieux, en le lisant, quello inHuence salutaire exerçait alors la philosophie grecque dans le monde romain. Ses vrais propagateurs étaient des hommes d'une vie exemplaire, qui ne cherchaient pas à faire de brillants discours, mais qui javcrtissaient h propos, signalaient le mal à éviter, montraient familièrement le devoir quotidien, et rappelaient en toute occasion l'idéal prochain qui devait ennoblir la vie '. La vénération affectueuse qne témoigne Pline le jeune pour la mémoire de Musonius et pour son gendre, le philosophe Artémîdore, en dit très long sur le bien que ces sages modestes fai* raient autour d'eux.

Les autres écoles, platonicienne et péripatéticienne, pourraient être passées ici sous silence, si l'on ne tenait compte que dos maîtres obscurs qui représentèrent alors dans la société romaine les traditions do t'\cadémie et du Lycée, plus ou moins fondues ensemble *. Mais à côté

<- Voyez le morcaau El î[iRiS:ov tù fi).aiafilv x'^-'i (Stobjj, Flofii, hXVli, 20), où il soatient que la philosophe doit ae marier.

t. Uoreaaa intitula Ti t'r> sifi'ilkxiov yx^o-j <Stob., FloriL LXIX, i 3j.

1' C'est UD des priacipeB de Musoaius que philosoplier, c'est tout simplement bien viTre : 0 j ïip îi) p;lo»opit/ îrt?iv ti çaivitai

(Slobée, Plord.. LXVII, », flo).

i n faut cependanl aecorier an moine une brave mention au pistoaicien ThrasyUe, contemporain de Tibère, qni groupa les

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422 CIIAPlTItE II. — D'AUGUSTE A DOMITIEN de cet enseignement sans nouveauté, une tentative originale, curieuse et féconde doit attirer noire attention: c'est celle du juif alexandrin Philon, qui peut étro conàdéré comme le prédécesseur du néoplatonisme.

La communauté juive d'Alexandrie, nombreuse., active, intelligente, et depuis longtemps hellénisée, n'avait pas pu rester étrangère à la philosophie grecque, qui régnait partout et sans laquelle il n'y avait pas alors de culture classique i. Il a été question plus haut du péripatéticien juif Aristobulo, qui, au second siècle, prétendait retrouver dans les doctrines du Lycée une émanation de la sagesse de Moïse et des prophètes. Les documents nous manquent pour suivre lo développement, ou tout au moins la transmission, de ces idées dans les écoles juives d'Alexandrie jusqu'au commencement de notre ère; mais nous no pouvons pas douter qu'elles ne s'y soient perpétuées, puisque nous les retrouvons chei Philon, qui les traite comme des vérités admises. C'était donc, k n'en pas douter, une opinion déjà ancienne et commune chez les juifs hellénisants d'Alexandrie au temps d'Auguste, que la sagesse grecque ne difTérait pas essentiellement de la sagesse hébraïque, c'est-à-dire, suivant eux, de la révélation contenue dans les livres saints, qu'elle en était même certainement issue, et qu'elle pouvait en être considérée comme une sorte de commentaire, grâce auquel les données de la révélation étaient mises à la portée de l'intelligence bu* maine. Toute l'œuvre de Phiton procède de là.

Né, vers l'an 20 avant notre ère, d'une famille sa-

écrils de Platon ea Ulralogiei. Nommons aussi Ammoniosd'Aleiandrle, qui vécut et professa à Atliènes sous les règnes de Néron et de Vespasien : il y fut le maître do Plularque, qui l'a Bouvenl mis en acéne dans ses dialogues.

1, L'ouvrage le plus riche d'informations sur l'état du judaïsme en ce temps est celui de SdiQrcr, Oeichichte det jùdiichen Volka in Zeilaller Jtsu Chritli, 2 vol., mo.

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